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Gaspillage : plus de 600 millions d’euros de produits neufs détruits chaque année

logo agence du don en natureAprès avoir plusieurs fois évoqué le gaspillage alimentaire dans ces pages, nous nous intéressons cette fois à une étude sur le gaspillage non-alimentaire des produits en France. Elle peut interpeler : publiée par l’Agence du Don en Nature (ADN) en partenariat avec l’ADEME, elle montre que si 140 millions d’euros de produits sont donnés chaque année, 6 fois plus (630 millions d’euros) sont détruits.

Cette étude a été réalisé à l’occasion de la Semaine du Don en Nature (2ème édition, du 7 au 11 avril) : l’Agence du Don en Nature, qui collecte des produits neufs non-alimentaires invendus auprès des industriels et les redistribue à des associations luttant contre l’exclusion, a cherché à mieux évalué la gestion et la revalorisation des invendus de 12 secteurs d’activité (vêtements, hygiène, jouets, vaisselle, produits culturels, électroménager, etc.). Elle a pour cela interrogé 390 personnes, dont 32 % de fabricants et de grossistes et 60 % de distributeurs spécialisés (dont 8 % représentent les principales enseignes de la grande distribution et des spécialistes du déstockage).

« Le fait le plus marquant de cette étude est qu’elle démontre que le don de produit est un levier pour valoriser les stocks dormants, et qu’il est aussi avantageux, voire plus, que d’autres canaux. L’Agence du Don en Nature espère ainsi faire connaître sa chaîne du don sécurisé, et mobiliser de nouvelles entreprises. Le potentiel est là, les chiffres de l’étude en témoignent ! » souligne Stéphanie Goujon, déléguée générale d’ADN.

Les résultats sont inquiétants : les entreprises détruisent 6 fois plus qu’elles ne donnent, or cette destruction génère 5 à 20 fois plus de gaz à effet de serre que la réutilisation. Parmi ce qui est détruit, les livres et multimédia en représentent la plus grosse part (287 millions d’euros). Si l’on y ajoute les produits d’hygiène et de beauté (185 millions d’euros), cela amène à plus des trois quarts de la destruction. Il existe trois grandes raisons de destruction, différenciées selon les secteurs :

  • les produits défectueux, périmés et non-conformes à la réglementation (vêtements, chaussures, jeux, hygiène courante, électroménager, linge de maison et décoration), mais parmi ces produits classés comme défectueux, certains ne présentent que des défauts d’aspect et pourraient être reconditionnés ;
  • des produits réutilisables en l’état, mais pouvant perturber le marché (abîmer l’image de marque), une destruction qui reste forte dans les secteurs du luxe (hygiène-beauté et vêtements de luxe) ;
  • des produits recyclables de secteurs ayant une forte tradition de recyclage (livres, papiers, vaisselle-verrerie).

Les gestionnaires d’invendus expliquent ainsi ces faits : « Nous détruisons uniquement des produits destinés au marché des professionnels (produits d’entretien) et qui ne peuvent pas être reconditionnés pour le grand public, car cela coûterait trop cher » ;  « On ne détruit que ce qui est abîmé et qui ne fonctionne plus. »

La part du don reste donc faible et très en dessous du potentiel qui est estimé à 10 fois plus que ce qui est donné actuellement. Or l’impact environnemental de ces produits apparaît important. En cas de destruction, l’invendu est envoyé dans une usine de traitement des déchets, puis mis en décharge (enfouissement) ou incinéré, avec ou sans valorisation énergétique. En cas de recyclage, l’invendu est confié à une usine de recyclage et valorisé dans un second produit, qui sera à son tour distribué pour satisfaire un besoin. La réutilisation utilise, quant à elle, quatre canaux : le soldeur, le grossiste de déstockage, les ventes privées (via internet) et le don via des plateformes spécifiques du type ADN.

L’étude propose différents leviers d’augmentation du don : le nombre de donateurs qui peut être multiplié par trois (entre une et 3 entreprises sur 5 donnent), l’utilisation pleine de l’avantage fiscal (0,5 % du chiffre d’affaires en valeur), la prise en compte des autres avantages du don (faible impact en termes de chiffre d’affaires et fort impact en termes d’image et de contributions sociale), la prise en compte du don comme véritable canal de valorisation des invendus (qui limite la dégradation des marges et développe l’image de marque).

Source : Agence du Don en Nature

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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