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Il faut bien établir des priorités. Le futur, on verra ça demain.

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Vu d’Europe, le changement climatique est une menace abstraite. C’est quelque chose qui va arriver. Ici, ça arrive. En périphérie du monde, les Kiribati se trouvent aux avant-postes des enjeux environnementaux. Ce pays sous-développé est en avance sur le reste de la planète. Comme lors du passage à l’an 2001, quand, du fait de sa position géographique, il fut le premier à accueillir le nouveau millénaire.

A titre personnel, choisir ce sujet est, j’en suis persuadé, un mauvais choix stratégique. Difficile de trouver moins branché que les Kiribati. Qui s’intéressera à cet endroit encore plus éloigné que le bout du monde, dont le nom déclenche rarement autre chose qu’un « où ça ? » dans les conversations ? Soyons honnêtes, le changement climatique n’est pas une thématique sexy. Il vient de temps en temps remplir une case dans les journaux télévisés, celle de la prophétie anxiogène. La menace écologique globale stimule notre propension à l’indignation – salauds de pollueurs – et tenaille notre mauvaise conscience d’hyper-consommateurs – tiens, moi aussi je pollue -. Elle active la culpabilité, posture en vogue dans un Occident travaillé à la fois par la honte de son passé colonial et par le masochisme hérité de sa culture chrétienne. On s’autoflagelle cinq minutes en songeant à la planète que nous laisserons à nos enfants, puis on va faire des courses. Tout bien pesé, je crois qu’on s’en fout. Autour des machines à café, on parle toujours de la météo, jamais du climat. C’est normal, les loyers sont intenables et nous n’aurons pas de retraite, alors il faut bien établir des priorités. Le futur, on verra ça demain.

Je dois toutefois me plier à l’évidence : je suis ici. Outre mon obstination à parcourir des contrées improbables, je dois avouer une certaine fascination pour le processus en cours, celle qui pousse le passant vers l’accident et le reporter vers les cadavres.

Comment vit-on en attendant une fin du monde programmée ? Comment aborde-t-on un désastre qui a le triste privilège d’être inédit ?

D’ordinaire, la catastrophe est instantanée. Un séisme ou un tsunami dévastent des contrées et brisent des destins en quelques secondes.

La catastrophe peut être cyclique telles la sécheresse, l’épidémie ou la famine.

Les Kiribati expérimentent la catastrophe au ralenti.

Julien Blanc-Gras

Paradis
(avant liquidation)
Pages 19 à 21
Au diable Vauvert
Paradis (avant liquidation)

Comme chaque mois d’août, en collaboration avec citation-livre.com, nous publions des extraits des meilleurs livres relatifs aux sujets que nous traitons dans notre blog.

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