Les IRO sont au cœur de la CSRD, cette directive qui impose un nouveau rapport de durabilité aux entreprises. Les IRO sont aussi un outil stratégique pour faire de la RSE le cœur de votre stratégie d’entreprise, et ainsi gagner en résilience dans le contexte économique, climatique et réglementaire actuel.
Ce que vous allez découvrir :
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Que veut dire IRO ?
Dans le cadre de la directive CSRD, l’abréviation IRO signifie “Impacts, Risques et Opportunités”.
En effet, les entreprises soumises à cette directive européenne doivent identifier, prioriser et gérer :
- Les impacts qu’elles ont sur l’environnement et la population
- Les risques auxquels elles sont ou vont être confrontées (risques climatiques, financiers, etc.)
- Les opportunités de développement qui s’offrent à elle dans le contexte actuel et futur (nouvelles attentes des consommateurs, nouvelles technologies…)
Qui est concerné par les IRO et la CSRD ?
Les entreprises qui doivent se mettre en conformité avec la réglementation européenne sont notamment les entreprises françaises déjà soumises à la déclaration de performance extra-financière (DPEF), puis dès 2026 les entreprises de plus de 250 collaborateurs (dépassant certains seuils de bilan ou de CA) et enfin, les PME cotées en 2027.
Pour en savoir plus sur la CSRD et les entreprises concernées, vous pouvez jeter un œil à notre article complet.
Ça, c’est pour la partie émergée de l’iceberg…
Ce qu’il faut savoir c’est que de nombreuses entreprises non soumises à la CSRD vont être tout de même impactées. En effet, les grandes sociétés donneuses d’ordre, soumises à la réglementation, attendent aussi un reporting de durabilité de leurs partenaires.
Pourquoi ? Parce que ces grandes entreprises doivent démontrer les actions RSE qu’elles mettent en place sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, incluant ainsi leurs fournisseurs et prestataires. Ainsi, même si votre entreprise n’est pas concernée par cette directive, vous avez tout intérêt à identifier et gérer les IRO pour être aligné avec les attentes de vos clients et prospects.
Bon à savoir
Le rapport de durabilité imposé par la CSRD est intégré au rapport de gestion, ce qui témoigne de l’importance accordée à la partie extra-financière d’un point de vue juridique.
Aussi, ce rapport est ambitieux (12 normes thématiques) et standardisé : fini les rapports fait maison qui différaient d’une société à une autre !
Enfin, le niveau d’exigence attendu est pour l’instant “modéré” puis sera “raisonnable” en 2028. Autrement dit, on se rapproche des mêmes niveaux d’exigence que le rapport financier.
Zoom sur les IRO
I pour Impacts
L’entreprise doit identifier et gérer ses impacts sociaux et environnementaux. Par impacts, on entend :
- Impacts positifs et négatifs
- Réels et potentiels
- A court, moyen et long terme
Si l’impact est négatif et réel, l’entreprise doit évaluer la gravité de l’impact : son ampleur, son étendue ainsi que son caractère irrémédiable.
Voici un exemple avec une entreprise industrielle ayant des impacts négatifs sur l’environnement :
👉 Ampleur : la pollution atteint-elle une ville proche ? Une zone protégée ? A-t-elle un impact sur la santé ?
👉 Etendue : quel volume de gaz ou d’eau polluée ?
👉 Caractère irrémédiable : perte en matière de biodiversité ? Développement de maladies chroniques ?
Si l’impact négatif est potentiel, il faudra en plus évaluer sa probabilité.
Enfin, pour les impacts positifs, l’entreprise doit évaluer seulement leur ampleur, leur étendue ; et quand l’impact est potentiel, sa probabilité également.
Dans tous les cas, c’est une évaluation à court, moyen et long terme qui est attendue.
R et O pour Risques et Opportunités
Au-delà des impacts, la société doit identifier, prioriser et gérer les risques et les opportunités qui auront des impacts sur son développement, ses résultats financiers, ses flux de trésorerie, ainsi que sur son accès au financement.
Tout comme pour les impacts, l’organisation doit évaluer la gravité des risques, l’ampleur et l’étendue des opportunités ainsi que leur probabilité, à court, moyen et long terme.
Maintenant, prenons un exemple pour illustrer la notion de risques et d’opportunités.
Imaginez une entreprise qui vend des pneus.
Dans le cadre de la taxonomie verte et de la CSRD, cette entreprise se dit qu’il y a un risque fort de ne plus obtenir à moyen et long terme de financement du fait de son activité. Mais loin d’y voir la fin de son business, elle y voit une opportunité de changer son modèle d’affaires en développant des services : ajustement du gonflage (qui a une incidence sur la consommation de carburant des chauffeurs), conseils en conduite, rechapage des pneus pour maximiser leur durée de vie…
En bref, cette société passe d’une économie linéaire à une économie de la fonctionnalité, où le service est au cœur de son modèle d’affaires. Cette entreprise porte un nom : Michelin !
CSRD : gagner en puissance sur son marché
Intégrer les IRO à sa stratégie permet de convertir les défis liés à la durabilité en avantages concurrentiels.
En gérant les risques de manière efficace, en optimisant l’utilisation des ressources et en saisissant les opportunités, elle peut accroître sa résilience, générer de la valeur sur un marché en constante évolution, améliorer sa réputation et attirer des investissements responsables.
En d’autres termes, elle se positionne comme un leader en durabilité et devient plus attractive pour les investisseurs responsables, les candidats, les collaborateurs, etc.
Comment intégrer les IRO à sa stratégie d’entreprise ?
Les 3 étapes à suivre
La première étape consiste à identifier, évaluer et prioriser les IRO.
Pour cela, vous pouvez vous référer aux 12 normes de la CSRD (ce sont les ESRS thématiques sur les volets sociaux, environnementaux et de gouvernance). Même si vous n’êtes pas soumis à la CSRD, vous référer à ces normes vous permettra d’aligner votre réflexion au plus proche des exigences réglementaires et des attentes du marché.
Etant donné qu’il y a de nombreux ESRS à traiter, vous allez devoir prioriser vos IRO. Pour cela, vous pouvez réaliser une analyse de double matérialité (exercice obligatoire dans le cadre de la CSRD).
Zoom sur l’analyse de double matérialité
C’est un exercice qui consiste à identifier les enjeux RSE prioritaires pour une entreprise et ses parties prenantes.
L’objectif est de déterminer à la fois les impacts sociaux et environnementaux sur la performance économique de l’entreprise (ce qu’on appelle la matérialité financière), ainsi que les impacts de l’entreprise sur son environnement social et naturel (la matérialité d’impact).
Par exemple, une entreprise industrielle située en zone côtière peut être vulnérable aux submersions marines. Ce sont des risques climatiques ayant un impact financier ; c’est donc de l’ordre de la matérialité financière. Par ailleurs, cette entreprise déverse des polluants dans la mer. Elle a donc un impact négatif sur son environnement (de l’ordre de la matérialité d’impact).
💡 Ces notions sont encore floues pour vous ? Jetez un œil à cet article sur la double matérialité.
La deuxième étape consiste à intégrer vos IRO prioritaires dans la stratégie globale.
Cela implique d’aligner les objectifs de durabilité avec les objectifs commerciaux, tout en adoptant des politiques et des pratiques qui encouragent une gestion responsable des ressources et des risques. Par exemple, des actions visant à diminuer l’empreinte carbone ou à améliorer le bien-être et la santé mentale des employés peuvent être incorporées dans les plans stratégiques de l’entreprise.
La troisième et dernière étape est celle du suivi et du reporting des IRO.
Cela vous permettra bien entendu d’évaluer vos progrès mais également de communiquer avec rigueur sur vos actions ESG (Environnement, Social, Gouvernance), que ça soit auprès des investisseurs, de vos prospects ou encore de vos candidats. A noter qu’il vous sera sûrement nécessaire de mettre en place un système d’information robuste pour gérer vos performances ESG.
Deux principes clés
N’oubliez pas d’impliquer vos parties prenantes ! Pour cela, vous pouvez mobiliser déjà vos équipes en interne pour la réalisation d’une matrice de double matérialité (voir zoom plus haut), via des ateliers thématiques par exemple. Ensuite, prenez le temps d’interroger, de faire challenger votre analyse par vos parties prenantes externes. L’enjeu ici est de favoriser la collaboration car une stratégie RSE nécessite d’avoir une vision systémique. Plus que jamais, vous allez devoir désiloter votre entreprise.
Le second principe clé est le suivant : allez-y de manière progressive et évolutive. Commencez en vous appuyant sur l’existant, par exemple le devoir de vigilance ou encore la gestion des risques. Ensuite, acceptez que votre premier exercice soit imparfait ! Au fil du temps, vos analyses seront plus fines. A noter que les ESRS sont avant tout un outil de pilotage pour guider les entreprises vers des modèles d’affaires durables.
Dernier conseil : vous avez le droit de vous faire accompagner. L’équipe de Eco CO2, société de conseil en RSE, peut vous aider à bâtir une stratégie de durabilité, et à faire ce qu’il y a de plus de difficile dans tout projet de transformation : mettre en mouvement vos parties prenantes, sur le long terme.



