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Japon : des usines à légumes pour produire des salades

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Depuis un certain temps déjà, une partie des salades vendues au Japon n’ont jamais rencontré la terre. Produites en usines à légumes, elles n’ont jamais vu la lumière du soleil non plus. Pionnier (avec le Danemark) depuis des décennies dans ce système de culture, le pays développe ce modèle, et compte à terme produire ainsi pallier une agriculture rare et peu rentable.

Les usines à légumes au Japon

Une agriculture vieillissante et rare

Le problème des cultures alimentaires est bien réel dans le pays : peu de terres y sont cultivables (12,6 % du territoire contre plus de 50 % en France) et les catastrophes naturelles (ou moins si l’on pense à Fukushima) ne l’épargnent pas. Un grande partie de ces surfaces cultivables est de plus réservée à la culture du riz, aliment de base. Si l’on ajoute à cela, la moyenne d’âge des agriculteurs, 67 ans, on comprend qu’il faille chercher d’autres solutions.

Car il faut quand même produire les légumes nécessaires à l’alimentation d’une population égale à deux fois celle de la France pour une superficie presque deux fois moindre, sur une petite surface de terres agricoles. Certains industriels y ont pensé. Ainsi, Shinji Inada, le responsable de l’entreprise Spread, à l’origine firme de logistique des primeurs et la première à avoir réussi à rentabiliser le système des usines à légumes, mais ce n’est pas la seule entreprise de ce genre installée sur le territoire japonais. Elle produit de cette façon chaque jour quelque 50 000 salades, quelle que soit la saison. « Avec la pénurie de main-d’œuvre, la faible rentabilité du secteur agricole et la baisse de la production, je sentais la nécessité d’un nouveau système de production », dit-il.

Produire sans terre ni soleil

Pour cela, un banal bâtiment, installé dans une zone industrielle (entre Kyoto et Osaka pour le plus récent) permet de cultiver quelque 11 millions de pieds de laitues par an, de manière en grande partie automatisé, et avec au total 25 employés. Tout se joue derrière une vitre, dans une salle aseptisée, pleine de très grandes, longues et larges étagères. Des automates y transbahutent des salades d’un espace à l’autre, à longueur de journée. Au fur et à mesure qu’elles grossissent, elles rejoignent des emplacements dont les conditions de luminosité, de température, d’hygrométrie, sont adaptées au stade de leur croissance. Ce, sans pesticide ni terre, mais avec de l’eau enrichie de nutriments.

Pour la luminosité, il s’agit de lumière artificielle exclusivement. Mais ce n’est pas la pertinence écologique de tels systèmes qui a motivé cette nouvelle forme de culture. « C’est vrai que nous utilisons plus d’énergie comparé à une culture au soleil, mais nous avons en revanche une productivité plus importante à superficie égale », justifie-t-il. Mais, les saisons ne comptent pas : en ferme verticale, on produit huit fois par an la même espèce de salade. Quant à la quantité d’eau, à 98% réutilisée en circuit fermé, elle est minime par rapport au volume utilisé en culture traditionnelle. « Avec toutes ces astuces, j’estime que nous contribuons à une agriculture durable pour notre société », tranche le patron.

Des usines à légumes appelées à se multiplier

Si les salades sont ce qu’il y a de plus faciles à produire dans des conditions artificielles, les industriels ne comptent pas s’arrêter là. Ils estiment qu’à terme d’autres produits comme les fraises ou les tomates, pourront aussi faire l’objet d’une culture en usines à légumes.

Et qu’en pensent les consommateurs ? « Au début, les salades avaient du mal à se vendre, mais cela a été relativement aisé de se créer une bonne image de marque pour attirer le client, car nous pouvons produire une même qualité au même prix tout au long de l’année », explique le patron de l’entreprise.

Il explique ainsi le secret de la rentabilité : « Nous avons peu de perte » et les produits, que l’on trouve facilement dans des supermarchés de Kyoto mais aussi de Tokyo, se conservent longtemps ». Et il prévoit, ainsi que d’autres industriels, l’ouverture d’autres usines à légumes, afin de produire au plus près des consommateurs.

Source : AFP

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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