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Nucléaire au Japon : il ne faut jamais dire plus jamais

centrale nucleaire au JaponAlors que la majorité de la population japonaise reste hostile au nucléaire, elle a porté au pouvoir, lors des dernières élections, un parti favorable à l’atome. Et le nouveau gouvernement, dirigé par le premier ministre, Shinzo Abe, tourne résolument la page de Fukushima et envisage, outre la remise en service des réacteurs qui recevront le feu vert des autorités de sécurité, la construction de nouveaux réacteurs.

Sur les 50 réacteurs que compte le Japon, 48 sont encore à l’arrêt en raison des mesures de sécurité exigées pour leur redémarrage. Mais déjà la grande majorité des maires des communes où ils se situent se déclare favorable à leur remise en service, sans se préoccuper outre mesure de possibilité de faille sismique active dans leur région : seuls 18 % des maires concernés s’y opposent. Ces réacteurs, construits souvent dans des régions pauvres de l’archipel, où les emplois sont rares, apportent aux municipalités des avantages financiers évidents.

Les industriels japonais, qui ont besoin d’une énergie abondante et peu coûteuse, pour leur part demandent déjà depuis plusieurs mois des mesures de remise en activité des réacteurs nucléaires, car les énergies fossiles coûtent actuellement très cher au pays, et qu’il en est redevenu en grande partie dépendant. Ils rappellent que l’indépendance énergétique partielle du Japon passe par le nucléaire.

Ils rejoignent en cela le nouveau premier ministre qui juge, quant à lui, que le Japon ne peut se passer du nucléaire et tente de rassurer ses compatriotes en soulignant, lors d’une déclaration faite à un chaîne de télévision le 30 décembre, après une visite de la centrale de Fukushima, que seule la centrale de Fukushima Daiichi avait été endommagée lors du tsunami, les autres ayant bien résisté. Il a donc annoncé vouloir revenir sur les décisions de sortie du nucléaire prises par le gouvernement précédent (voir notre article du 22/09/2012), et a précisé que « les nouveaux réacteurs seront différents de ceux de Fukushima qui ont entraîné la crise (…) Nous les construirons en expliquant au public à quel point ils sont différents, de façon à gagner sa compréhension. »

Pendant la campagne électorale, il n’avait toutefois été question que du redémarrage des réacteurs qui présenteraient toutes les conditions de sécurité nécessaires. Et alors que M. Abe déclare encore que « le public semble s’inquiéter de la capacité du Japon à produire suffisamment d’électricité » , des voix critiques s’élèvent déjà pour rappeler que son parti, au pouvoir jusqu’en 2009, avait fermé les yeux sur des failles dans la sécurité de certaines centrales nucléaires, notamment sur la nature éventuellement sismique des zones où elles étaient installées.

Sources : Enerzine, RFI, Le Nouvel observateur

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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