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La cinquième des « limites planétaires » franchie

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Selon les études des scientifiques du Stockholm Resilience Center (SRC), le monde a franchi la cinquième des neuf limites planétaires identifiées. Celle-ci porte sur « l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère », autrement dit la pollution chimique et plastique, et représente une menace de la stabilité des écosystèmes mondiaux dont l’humanité dépend.

limites planétaires

Limites planétaires ? De quoi parlons-nous ?

28 scientifiques internationaux, réunis par le Stockholm Resilience Center, ont créé en 2009 la notion scientifique de « limites planétaires ». Il s’agit des limites dans lesquelles l’humanité peut continuer à se développer, sans remettre en question la résilience de l’écosystème de la Terre. Cette notion a ensuite été reprise par l’ONU et la Commission Européenne. « Le concept de « limite planétaire« , c’est l’idée que si la planète franchit un certain seuil en termes de pollution, nous allons avoir un changement d’état de l’écosystème planétaire », explique Natacha Gondran, professeure en évaluation environnementale à l’école des Mines de Saint-Etienne (Loire).

9 limites planétaires

Les limites planétaires ou encore « frontières planétaires » ainsi définies sont au nombre de neuf : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, les changements d’utilisation des sols, l’acidification des océans, l’utilisation mondiale de l’eau, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère et l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère.

Dont 4 franchies précédemment

Quatre de ces frontières planétaires ont d’ores et déjà été franchies. Tout d’abord, le changement climatique, c’est-à-dire l’augmentation de la concentration en gaz à effet de serre, avec un seuil fixé entre 1,6 et 2,8 tonnes de CO2 émises par personne et par an (en 2018, 4,478 tonnes en moyenne, selon la Banque Mondiale). L’érosion de la biodiversité, taux d’extinction d’espèces animales et végétales, fait aussi partie de ces limites franchies. De même que la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, autrement dit la hausse des rejets dans l’eau de ces deux éléments, avec pour conséquence les phénomènes de marées vertes par exemple. La quatrième limite franchie au niveau mondial concerne le changement d’utilisation des sols, c’est la surface du territoire transformée de forêts en exploitations agricoles.

L’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère, 5ème limite planétaire franchie

On peut aussi appeler l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère « pollution chimique » et « pollution plastique ». « Il s’agit d’éléments introduits par l’Homme, qui n’existent pas à l’état naturel », résume Natacha Gondran. Le plastique est ainsi constitué de polymère, l’élément principal, mais aussi de quantité de d’additifs, des produits chimiques donc.

Quelques chiffres, réunis par le média Bon pote, donnent une idée de cette pollution. On dénombre environ 350 000 différents types de produits chimiques manufacturés sur le marché, chiffre qui pourrait tripler d’ici 2050. La production a connu une augmentation de 79 % entre 2000 et 2015. Un petit dernier pour comprendre l’ampleur des dégâts : la masse totale de plastiques sur la planète représente désormais plus de deux fois la masse de tous les mammifères vivants. Et 80 % des plastiques produits se retrouvent dans l’environnement…

Comme nous l’avons déjà vu dans ces pages, le plastique se retrouve partout dans le monde. Il entraîne des risques environnementaux extrêmement graves du fait de sa durée de vie (qui peut se compter en centaines d’années) et de sa fragmentation en microparticules (microplastiques) que l’on retrouve dans les organismes vivants. « Certains de ces polluants se retrouvent dans le monde entier, de l’Arctique à l’Antarctique, et peuvent être extrêmement persistants. Nous disposons de preuves accablantes de leur impact négatif sur les systèmes terrestres, notamment la biodiversité et les cycles biogéochimiques », déclare Bethanie Carney Almroth, l’une des auteurs de l’étude.

Des conséquences en chaîne

L’un des problèmes, pour le franchissement de cette cinquième des 9 limites planétaires est que l’on n’en voit que la partie émergée – c’est le cas de le dire, notamment pour le plastique. En effet, selon l’Ifremer, 95 % des déchets plastiques flottant à la surface de l’eau finissent dans les fonds marins, où il n’est plus possible de les ramasser. En se dégradant, le plastique se transforme en microparticules, puis en nanoparticules (moins d’un millième de millimètre), invisibles à l’œil nu.

Dans l’estuaire de la Seine, la première étude sur la pollution par les microplastiques, relayée par France 3 Normandie, a relevé jusqu’à 45 particules par mètre cube d’eau, et de 300 à 3000 microplastiques par kilo de sédiments en 2021. Les chercheurs ont également trouvé, en moyenne, une fibre de microplastique par gramme de chair de moule, explique France Info.

Si l’on connaît en général bien la pollution plastique de l’eau, celle des sols est souvent moins relayée. Et pourtant cette dégradation y existe aussi. Et ce microplastique se retrouve également dans les organismes vivants. S’y ajoute la pollution chimique, en raison de l’emploi de nombreux produits phytosanitaires.

De l’eau comme des sols dépend notre survie : in fine ces éléments peu naturels sont donc ingérés par les hommes (des microplastiques ont même été découverts dans du placenta humain). Les conséquences en sont encore mal connues, mais la perturbation du fonctionnement de nos cellules en est potentiellement une. « Si on franchit une « limite planétaire« , on ne peut plus revenir en arrière. C’est trop tard. Nous allons avoir des phénomènes d’emballement, d’accélération. Cela veut dire qu’il faut s’adapter », explique Natacha Gondran. Il ne reste plus que 4 limites planétaires à franchir : en très peu de temps à l’échelle de la planète, nous en avons déjà dépassé plus de la moitié…

Sources : France Info, Bon Pote

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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