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La méthode ACV insuffisante pour comparer l’agriculture biologique et l’agriculture conventionnelle

Les études d’évaluation comparée des effets environnementaux de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle sont souvent faussées par l’utilisation de la seule méthode d’analyse du cycle de vie (ACV). Trois chercheurs européens expliquent comment cette analyse peut conduire à des résultats erronés, car elle ne tient compte ni de la biodiversité ni de la dégradation des sols.

La méthode ACV ne suffit pas pour comparer l'agriculture biologique et conventieonnelle

Un analyse critique des études ACV sur l’agriculture

Encore récemment, une étude publiée dans Nature Communications, et elle n’est pas la seule, aboutissait à la conclusion que l’agriculture biologique est pire vis-à-vis du climat que l’agriculture conventionnelle. Elle se fonde comme beaucoup sur l’analyse du cycle de vie et conclut que l’agriculture biologique a plus d’impacts environnementaux en raison de ses rendements plus faibles et de son utilisation de plus de terres pour compenser.

Les trois chercheurs (un Français, de l’Inrae, un Danois et un Suédois) publient une analyse critique des études d’ACV, qui passent à côté d’avantages majeurs de l’agriculture biologique. D’une part, elles ne prennent pas, ou rarement, en compte la biodiversité. Celle-ci a pourtant un rôle crucial pour la santé et la résilience des écosystèmes.

La biodiversité et la dégradation des sols à prendre en compte

La biodiversité est en déclin, et l’agriculture conventionnelle s’en révèle l’une des causes principales (insectes, oiseaux…). Les champs conduits en agriculture biologique supportent des niveaux de biodiversité 30 % plus élevés que ceux en agriculture conventionnelle. De plus, les pesticides employés par cette dernière se retrouvent dans l’eau, le sol, les aliments. Ils sont nocifs à la fois pour la santé humaine, les écosystèmes terrestres et aquatiques et la biodiversité. En revanche, l’agriculture biologique interdit l’utilisation des pesticides de synthèse.

L’autre problème provient de la dégradation des terres et de la réduction de la qualité des sols, conséquences d’une gestion non-durable des agrosystèmes. Cet aspect est encore une fois rarement considéré dans les études d’ACV. Elles négligent aussi les avantages de l’agriculture biologique, comme les rotations qui mobilisent une plus grande diversité de cultures et ‘utilisation d’engrais organiques.

Impacts par kilogramme de produit ou par hectare de terre ?

Enfin l’ACV étudie généralement les impacts environnementaux par kilogramme de produit. Cela favorise les systèmes intensifs conventionnels. Ils peuvent avoir des impacts environnementaux plus faibles par kilogramme de produit, tout en ayant des impacts plus importants par hectare de terre.

« La méthodologie et les pratiques actuelles d’ACV ne sont tout simplement pas suffisantes pour évaluer les systèmes agroécologiques tels que l’agriculture biologique. Il faut donc améliorer l’ACV et l’intégrer à d’autres méthodes d’évaluation environnementale pour obtenir une image plus équilibrée et éclairer aux mieux les décisions politiques », conclut cette étude, parue dans la revue Nature Sustainability.

Source : Inrae

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