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La précarité énergétique préoccupe l’Europe

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pauvreté énergétiqueLe Journal Officiel de l’Europe du 7 juin publie un avis du Comité des Régions sur la pauvreté énergétique qui frappe déjà une grande partie de la population européenne. Il insiste sur « la nécessité de prendre des mesures efficaces à court, à moyen et à long termes pour endiguer et atténuer ce phénomène, qui a une incidence directe sur la santé publique et la qualité de vie des personnes. »

Mais il faut d’abord que l’Union Européenne (UE) s’entende sur une définition commune de la « pauvreté énergétique » (dans tout le document le terme « pauvreté » est préféré à celui de « précarité », plus généralement employé en France. Une définition qui doit tenir compte des différents systèmes énergétiques, des niveaux de revenus et des structures sociales qui existent dans les Etats membres. Il propose une définition quantitative par exemple (plafond de la part des revenus consacrés par un ménage à ses dépenses d’énergie. Cette notion de pauvreté énergétique a tendance à se trouver réduite au problème plus restreint du chauffage. Il s’agit, selon le Comité d’un concept plus large englobant les communications, la mobilité, l’hygiène indispensables à la vie sociale, qui nécessitent aussi de l’énergie.  L’impossibilité de se chauffer correctement vient en plus. Il estime « dès lors que la pauvreté énergétique constitue un indicateur de privation matérielle qu’il est possible de mesurer, dans le cadre d’enquêtes sur le revenu, l’inclusion sociale et les conditions de vie en demandant par exemple aux personnes sondées si elles sont en mesure de chauffer correctement leur logement lorsqu’il s’avère nécessaire de le faire (Eurostat, 2012) et d’assurer leurs besoins de déplacements. »

Il revient sur l’ampleur de cette pauvreté en précisant que l’écart entre la hausse des prix de l’énergie  et l’augmentation des revenus se creusent. Entre 2005 et 2011, les prix de l’électricité pour les ménages et l’industrie ont grimpé en moyenne de 29 % dans l’UE. La pauvreté énergétique touche entre 50 millions et 125 millions de personnes, les nouveaux états membres et le sud de l’Europe étant les plus menacés par sa progression, mais elle se propage aussi dans les autres pays. Une notion de « clients vulnérables » est apparue dans les directives européennes : il reste aux états à la définir.

Pour l’endiguer différentes mesures s’avèrent nécessaires. La nécessité d’une aide de l’UE aux économies régionales les plus vulnérables est nécessaire : il faut investir dans les réseaux de distribution, les infrastructures, les interconnexions, le développement des réseaux intelligents pour garantir un approvisionnement sûr et maintenir les prix le plus bas possible. Le comité propose d’encourager d’ailleurs le développement des énergies renouvelables en réservant les aides publiques aux projets qui réduisent le recours aux énergies fossiles et nucléaires. « Il faut relever de front les défis sociaux et de politique climatique, au lieu de s’obstiner à subventionner les énergies fossiles » souligne-t-il en faisant remarquer que les coûts sociaux et environnementaux (directs et induits) des combustibles fossiles et de l’énergie nucléaire surpassent de loin tous les autres coûts énergétiques. Il n’y a pas lieu, selon lui, d’opposer soutien aux énergies renouvelables et lutte contre la précarité énergétique, ces deux types de mesures étant complémentaires. Le comité incite de plus l’UE à une approche consommateur plus claire dans la mise en œuvre de la politique énergétique : ils ne devraient pas « être contraints de compenser les manques à gagner que subissent les industries énergivores. »

Mais les collectivités locales et régionales doivent participer : elles ont notamment une mission de conseil impartial auprès des habitants pour améliorer l’efficacité énergétique des logements : les meilleures mesures doivent idéalement se mettre en œuvre au niveau local. Des campagnes d’information et de sensibilisation, bénéficiant du soutien des institutions européennes s’avèrent aussi nécessaires. Des mesures pour éviter de couper les consommateurs vulnérables de l’approvisionnement énergétique doivent être prises, il propose la mise en œuvre d’un programme d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, allant de pair avec le soutien de production d’énergie destinée à la consommation propre : énergie solaire par exemple pour le chauffage de l’eau sanitaire ou la production de son propre courant électrique. Le Comité recommande ainsi de « mettre en œuvre rapidement des programmes de conseil en énergie et d’appui aux mesures d’efficacité énergétique peu onéreuses mais opérantes (adaptation des comportements, utilisation d’appareils performants sur le plan énergétique, calfeutrage des fenêtres et des portes) et de prévoir un accompagnement spécifique à destination des ménages en situation de pauvreté énergétique. »

Source : Journal Officiel de l’union Européenne

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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