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Labels alimentaires : une révision s’impose

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Les labels alimentaires font foison, et on a parfois un peu de mal à s’y retrouver. Mais tous représentent-ils des garanties pour les consommateurs en termes d’origine des produits, de préservation de l’environnement ou des terroirs ? Pas si sûr, selon les analyses de Greenpeace France, le WWF France et le BASIC, et de l’UFC Que Choisir. Elles montrent de grands écarts entre les promesses et la réalité.

Labels, certifications, marques privées, démarches de progrès, se sont multipliés. En résulte une surabondance d’informations pour les consommateurs qui ne parviennent plus forcément à se repérer dans cette profusion d’initiatives.

labels alimentaires

AOP et Label Rouge : les analyses de l’UFC Que choisir

L’UFC Que choisir a ainsi analysé les cahiers des charges de 8 Appellations d’origine protégée (AOP) fromagères et de 4 filières viandes sous Label Rouge. Les résultats révèlent en réalité qu’une proportion significative des produits étudiés ne devraient pas bénéficier des labellisations officielles. Pour trois cahiers des charges (Saint-Nectaire, Cantal, Munster) sur 8, l’association relève des manques : ils autorisent le lait pasteurisé et l’ensilage et manquent d’exigences formelles sur les races de vaches. Résultat : les productions d’entrée de gamme se révèlent très peu différentes des productions industrielles sans AOP.

Pour le Label Rouge, il est mérité selon l’analyse pour les filières bœuf et volailles. Mais pas pour le porc. Et notamment pour les productions qui se contenteraient des exigences minimalistes définies pour le porc Label Rouge. Des critères importants pour la qualité supérieure tels que la race et l’accès des animaux à l’extérieur sont insuffisamment pris en compte dans les cahiers de charges étudiés.

Le système de certification reste en fait trop influencé par les professionnels. Il s’agit là d’un dysfonctionnement majeur du système français de certification. En effet l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), établissement public censé garantir la conformité des signes officiels de la qualité et de l’origine, ne peut contraindre les professionnels à faire évoluer les cahiers des charges de leurs produits. De plus, la quasi-totalité des contrôles pour vérifier la conformité des produits est déléguée à des organismes de contrôle très liés aux professionnels de la filière.

11 démarches françaises de durabilité

L’analyse de Greenpeace et WWF porte un panel de 11 démarches françaises de durabilité alimentaire : Agriculture Biologique, Bio Équitable en France, Demeter, Nature & Progrès, Agri Confiance, Zéro Résidu de Pesticides, Haute Valeur Environnementale, Bleu-Blanc-Coeur (filière bovine et filière porc-volaille), Appellation d’Origine Protégée (filière Comté et Cantal), Label Rouge (filière volaille de chair et filière porcine), C’est qui le Patron ?! (filière lait liquide et filière jus de pomme).

L’analyse permet de définir trois styles de démarche. Les démarches partageant le socle de l’agriculture biologique (Agriculture Biologique, Bio Equitable en France, Demeter et Nature & Progrès) : les bénéfices environnementaux et socio-économiques en sont les plus forts et homogènes. Ce sont les seules qui tirent leur épingle du jeu.

Les démarches partageant le socle de la certification environnementale (Agri Confiance, Zéro résidu de pesticides, Haute Valeur Environnementale), elles ont les effets positifs les plus faibles et les moins avérés. Pour la démarche HVE notamment, si on note un impact positif modéré pour la qualité des sols, on relève en revanche des bénéfices faibles et peu avérés sur les critères de santé humaine et environnementaux (ressources en eau, biodiversité, qualité de l’air, climat …).

Enfin les démarches définies filière par filière, en lien étroit avec les acteurs de ces dernières (Bleu-Blanc-Cœur, AOP/AOC, Label Rouge et C’est qui le Patron ?!) : elles ont des potentiels d’impact très hétérogènes et variables. Exception faite pour les filières Bleu-Blanc-Cœur dont les résultats sont plus homogènes, mais avec des effets positifs modérés. Il est alors difficile pour le consommateur de faire un choix raisonné.

Les recommandations des organismes

Les résultats de cette étude amènent les différents organismes à formuler un certain nombre de recommandations à destination des décideurs publics :

  • Conditionner le soutien public aux impacts des démarches et non à leurs intentions affichées ;
  • Suspendre le soutien public à la certification HVE tant que le cahier des charges n’a pas été révisé et renforcer le soutien à l’AB ;
  • Réviser les démarches identifiées comme “durables” dans la loi EGalim ;
  • Compléter le travail de l’affichage environnemental mené par le ministère de la Transition écologique.
  • Réviser la gouvernance des signes officiels (études d’impacts publiques, exigence des contrôles, etc.) en élargissant la représentation de la société civile dans l’élaboration et la gestion des labels.

Sources : Greenpeace, Etude de démarche de durabilité dans le domaine alimentaire

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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