Blog d’Eco CO2

Vous donner les clés pour comprendre et agir pour la transition énergétique

L’aéropectine, l’isolant de demain ?

L’ADEME décerne chaque année le Prix des Techniques Innovantes pour l’Environnement pour récompenser des travaux susceptibles de déboucher sur des applications ou des développements industriels à court ou moyen terme. Le Centre de Mise en Forme des Matériaux (Cemef) des Mines ParisTech a été récompensé pour le projet d’aérosol biosourcé nouvelle génération, l’aéropectine, dans la catégorie Matériaux.
aeropectine
L’aéropectine représente une nouvelle génération de super-isolants thermiques. Le Cemef travaille depuis longtemps sur la dissolution, la mise en forme et l’étude des propriétés des polymères biosourcés, et en particulier des polysaccharides (cellulose, amidon). Le bioaérogel mis au point se compose justement de cellulose (aérocellulose) et de pectine (aéropectine), que l’on trouve dans les végétaux et notamment dans les déchets alimentaires : « La pectine est un polymère provenant notamment des zestes d’oranges et de citrons. C’est un agent gélifiant, couramment utilisé dans l’industrie agro-alimentaire » précise Tatiana Budtova, qui dirige l’équipe du Cemef récompensée.

Ce premier bio-aérogel super-isolant thermique a pour avantage, outre son origine biosourcée, d’être à la fois solide et très léger. Il est de plus aussi performant sur le plan énergétique que sur celui de son écobilan. Ses propriétés mécaniques sont bien meilleures que celles des aérogels de silice : « ils ne se frittent pas, et en compression uniaxiale, le module d’Young varie entre 5 et 30 MPa (suivant la concentration de pectine dans la solution initiale) avec la zone plastique jusqu’à 70% de déformation. La fin de la compression est caractérisée par une forte densification de l’Aéropectine mais sans casse de l’échantillon » précise le Cemef.

Pas encore totalement au point, il représente toutefois pour l’avenir un isolant beaucoup plus fin et performant : « Sa production n’est pas plus compliquée que celle de l’aérogel de silice. (…) Elle est encore chère, car il y a une phase de séchage où le solvant est extrait en condition supercritique, mais nous travaillons sur le procédé pour l’améliorer » déclare Tatiana Budtova qui précise travailler aussi « sur son hydrophobisation« .
Sources : Cemef, Batiactu

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

Abonnez-nous au blog !

Les derniers articles

Articles similaires

Abonnez-nous au blog !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.