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L’autoproduction d’électricité et ses enjeux

L’Union Française d’Electricité (UFE) fait le point, dans son Observatoire de l’Industrie Electrique, sur l’autoproduction d’électricité, afin d’en faire appréhender les multiples enjeux pour le système électrique, ainsi que les défis techniques et financiers qu’elle entraîne.

L’UFE définit ainsi l’autoproducteur : « Un autoproducteur est une entité (personne physique ou morale) raccordée au réseau public qui produit en aval de son point de livraison une partie de l’énergie qu’elle consomme. » Cette forme particulière de production électrique émerge avec le développement des énergies renouvelables, photovoltaïque et éolien en particulier. Mais cette définition amène à deux constats : d’une part, un autoproducteur a toujours besoin d’un accès au réseau, et bénéficie de l’ensemble des services fournis par le réseau (il ne s’agit pas de créer des sites autonomes énergétiquement) ; d’autre part, des échanges d’énergie entre différentes entités juridiques, y compris derrière le même point de livraison, ne sont pas de l’autoproduction (il ne s’agit pas de produire pour compenser la consommation de son voisin). De plus, autoproduction et maîtrise de la consommation sont deux problématiques différentes : ce n’est pas parce qu’une entité produit une partie de sa consommation qu’elle devient sobre en énergie pour autant.

Encore relativement marginale en France, l’autoproduction se présente toutefois différemment dans d’autres pays européens et dans le monde, notamment dans les pays bénéficiant d’un fort ensoleillement. Ainsi, certains pays atteignent la « parité réseau » pour le photovoltaïque : c’est à dire que le coût de production en est inférieur au prix de vente TTC payé par le client final (secteur résidentiel d’Italie par exemple).

Mais le développement croissant de l’autoproduction présente trois enjeux pour le système électrique. Le premier est l’amélioration de l’insertion  de la production décentralisée sur le réseau, et comporte deux paramètres essentiels : la puissance maximale soutirée par la consommation et la puissance injectée sur les réseaux de distribution, qui requiert des investissements supplémentaires. Le second enjeu est l’assurance d’une juste participation des autoproducteurs au financement des services rendus par le réseau (stabilité et continuité de l’alimentation électrique) et une rémunération des services qu’ils rendent au réseau. Le troisième concerne la réponse aux besoins croissants de prévisibilité : les acteurs doivent pouvoir estimer à l’avance pour chaque instant la contribution des différents moyens de production et augmenter ou diminuer en temps réel la contribution de ces moyens. Le développement des moyens de production décentralisée représente donc un défi pour l’exploitation du système électrique.

Source : UFE