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L’avion du futur sera-t-il compatible avec le rail ?

Clip AirL’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL ) n’en est certes encore qu’à la maquette, mais le projet Clip-Air qu’elle développe pourrait un jour révolutionner la configuration des aéroports. Clip-Air se compose en effet d’une aile volante, sous laquelle on accroche des capsules, accueillant passagers ou fret, et qui pourraient, une fois détachées, emmener ceux-ci au cœur des villes par le rail.

Il s’agit donc d’un appareil modulaire, sous l’aile volante duquel une, deux ou trois capsules peuvent s’accrocher, selon les besoins. Mais ces capsules autonomes, de la taille d’un wagon de chemin de fer (environ 30 mètres pour 30 tonnes) seraient effectivement compatibles avec le rail : imaginons de monter dans le train à Vichy et de rallier Montréal (ou une autre destination si vous préférez) sans changer… On arrive là à l’idée maitresse du projet : apporter la flexibilité du rail au transport aérien. L’EPFL prépare en effet l’avion de demain plus flexible, plus proche des besoins, plus rationnel et, bien entendu, moins énergivore.

Clip-Air comprend donc d’une part la structure porteuse avec l’aile, le cockpit, le carburant, le train d’atterrissage et d’autre part la charge transportée. « Nous devons encore faire sauter plusieurs verrous mais nous sommes persuadés que cela vaut la peine de s’intéresser à un tel concept, en rupture avec les avions actuels et qui peut avoir un impact sociétal énorme » reconnaît Claudio Leonardi, chef du projet. Mais les études théoriques montrent effectivement le potentiel de cet avion en terme de capacité de transport et y ajoute des économies de maintenance, de stockage et de gestion.

Le projet répond bien entendu aux préoccupations environnementales et obéit aux objectifs européens, pour l’aviation de réduire de 50 % les émissions de CO2 d’ici à 2020. Avec un carburant classique, Clip-Air peut transporter autant de passagers que trois A320 avec deux fois moins de moteurs : « en d’autres termes, voler avec trois modules sous la même aile sur 4000km consomme, au stade actuel du projet, moins de carburant que trois avions de même capacité volant indépendamment, à vitesse et altitude égales » souligne l’EPFL. Mais Clip-Air ambitionne de plus de voler avec d’autres types de carburants moins polluants : il explore ainsi les pistes de l’hydrogène liquide, des biocarburants…

Pour l’heure, la maquette présentée sur le stand de Normandie Aerospace  au Salon du Bourget, du 17 au 19 juin 2013, ne mesure que 1,20 mètre de long, mais le projet mobilise aujourd’hui des chercheurs issus de trois laboratoires de l’EPFL et Claudio Leonardi précise que « le développement du concept passe par la réalisation de simulations aérodynamiques et par un démonstrateur sous la forme d’un modèle réduit volant d’environ 6 mètres doté de mini-réacteurs. Il permettrait, à ce stade, de continuer à explorer le vol et de démontrer la faisabilité du projet. »

Source : EPFL