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L’avion vert n’est pas pour demain, selon une étude

Chiffrer l’empreinte carbone de l’aviation n’est pas chose aisée. Il existe de nombreuses études sur ce sujet, et leurs résultats sont très différents selon ce qui est pris en compte. Les comparer n’est donc pas si facile non plus. Ainsi, pour l’Union des Aéroports Français par exemple, elle se situe entre 2 à 3 %. Citepa, centre technique de référence, l’inclut dans un groupe contenant aussi les transports ferroviaires et maritimes, pour obtenir le chiffre de 7 % pour ces trois modes de transport ensemble. Celle du bureau d’études BL Evolution, intitulée « Climat : pouvons-nous (encore) prendre l’avion ? », l’estime, quant à elle, à plus.

Pouvons-nous encore prendre l'avion

L’avion, un mode de transport finalement peu démocratisé

Selon le rapport de ce bureau d’études, alors qu’une grande majorité des Français prennent peu ou pas l’avion, l’aviation représente 7,3 % de notre empreinte carbone réelle. Il explore les différents facteurs caractérisant l’impact climatique de l’aviation et propose des pistes de réduction de ces émissions. Il envisage pour cela plusieurs scénarios d’évolution à l’horizon 2030 et 2050, ainsi que des alternatives possibles aux trajets nationaux et européens.

Le rapport cherche à répondre à différentes questions comme : quelles mesures doit suivre l’aviation civile pour respecter l’Accord de Paris et aligner la France sur une trajectoire neutre en carbone ? Quelle serait la part de l’aviation dans le réchauffement climatique d’ici 10, 20, 30 ans ? Comment réinterroger notre rapport à l’aviation si nous souhaitons prendre au sérieux les engagements climatiques internationaux ? L’avion vert est-il pour demain ?

Si le transport aérien fait bien partie de nos vies, il n’y occupe toutefois qu’une place occasionnelle. Tout du moins pour la majorité d’entre nous. Selon les statistiques en effet, 2 Français sur 3 prennent l’avion moins d’une fois par an. Le nombre de passagers augmente cependant d’année en année : 2,7 % en moyenne sur les vingt dernières années. Cette tendance s’est d’ailleurs accélérée au fil du temps, puisqu’entre 2016 et 2018, la croissance s’est située à plus de 10 % en 2 ans.

7,3 % de l’empreinte carbone des Français, selon l’étude

Parmi les principales conclusions du rapport, notons d’abord que malgré le peu de démocratisation de ce mode de transport, la véritable part du secteur de l’aviation dans nos émissions de gaz à effet de serre se monte réellement à 7,3 %. En effet, selon BL Evolution, une comptabilité carbone du secteur ne prend en compte aujourd’hui que les émissions de CO2 des vols internes (4,8 Mt CO2), soit environ 21% des émissions… Et seulement 10,5% des gaz à effet de serre.

De plus, toujours selon l’étude, on a pour habitude de mesurer les réductions d’émissions des avions en raisonnant par kg de CO2 par passager. Ceci a pour effet de réduire artificiellement les émissions à mesure que le nombre de personnes dans l’avion augmente (CO2 total / nombre de passagers). Il s’agirait donc d’un secteur fortement émetteur.

Pour respecter les Accords de Paris : réduire drastiquement le nombre de passagers

Selon ce rapport, l’avion vert n’est pas pour demain, ni même pour dans 10 ans ! Aucune technologie ne permet d’espérer un avion écologique à des échéances satisfaisantes, et ce même en considérant des avancées technologiques considérables. Dans ces conditions, à moins de réduire drastiquement le nombre de passagers (réduction de moitié en 20 ans et de 83% du trafic en 30 ans), il semble impossible de tenir une trajectoire compatible avec les Accords de Paris.

De plus, il y a près de 15 extensions d’aéroports en cours ou en projet en France visant à augmenter encore le trafic aérien. Des extensions peu justifiées, selon BL Evolution, au regard des scénarios développés… Certaines sont d’ailleurs remises en cause par les suites de la crise sanitaire due à la Covid-19.

Dans ce secteur cependant, de nombreux aéroports en France se lancent dans une politique d’économies d’énergie. Eco CO2 est par ailleurs partenaire de l’UAF (Union des Aéroports Français) dans le programme EASEE (Engagement des Aéroports pour la Sobriété Energétique et l’Environnement). Il vise à accompagner les aéroports vers une meilleure performance énergétique et environnementale, pour l’obtention de l’accréditation ACA (Airport Carbon Accreditation).

Source : BL Evolution

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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