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Le « classement vert » des plus grandes entreprises européennes

Une ONG britannique, Environmental Investment Organisation, vient de publier un classement des 300 plus grandes sociétés européennes, en fonction de leur bilan carbone, toutes activités confondues.  Ce n’est pas son coup d’essai, mais son précédent classement ne portait que sur des entreprises du Royaume-Uni, l’actuel comprend toute l’Europe. Si le secteur services (services financiers, d’assurances, de télécommunications, ou de communication) se trouve parmi les mieux classés (car leurs métiers n’engendrent pas d’activités polluantes comme l’industrie lourde ou le secteur des transports), l’ensemble du classement révèle cependant quelques surprises.

Classement vert des entreprises

Le fonctionnement du classement

L’ONG ne s’est pas limitée à un simple ratio entre le volume d’affaires et les émissions de dioxyde de carbone : elle y a ajouté un critère de fiabilité des données publiées par les sociétés. Ainsi une entreprise affichant un faible niveau d’émissions, peut se trouver reléguer à une place plus lointaine en raison du peu de transparence sociale et environnementale de son bilan. Et dans ce domaine, les entreprises françaises ne sont apparemment pas réputées pour leur transparence : certaines ont fourni des bilans carbone incomplets, ou des renseignements peu fiables. Cela leur a valu de perdre des places dans le classement final : ainsi la Société Générale, une banque pourtant, se trouve dans les profondeurs du classement en raison de données incomplètes et parfois invérifiables.

Sam Gill, le président de l’ONG EIO, s’explique ainsi sur l’objectif de l’association :

Notre objectif c’est d’inciter les entreprises à se montrer totalement transparentes sur le sujet. C’est-à-dire à employer des méthodologies claires et compréhensibles par tout le monde sur le montant de leurs émissions. C’est une information qui intéresse les investisseurs et leur pression est de nature à pousser ces entreprises dans la bonne voie. A terme, nous souhaitons contribuer à la mise en place d’un mécanisme de marché qui fasse un lien direct entre la valeur boursière d’une entreprise à ses émissions de CO2.

Où se situent les entreprises françaises ?

Une seule se faufile parmi les 10 meilleures places : Axa, qui se classe 4ème derrière  Aviva (Royaume-Uni), Aegon NV (Pays-Bas), et Banco Popular Español. Mais on en trouve 4 parmi les 10 suivantes : le Crédit Agricole (12ème), L’Oréal (16ème), LVMH (19ème) et Alstom (20ème). Plus surprenant par contre, Total se classe à la 96ème place, malgré ses activités pétrolières, et GDF-Suez (115èma) devance d’une courte tête EDF (118ème) et Air Liquide (119ème)

Sam Gill s’explique ainsi sur le classement de ces entreprises, dont les relativement bonnes places (relatives) ont amené à l’association des accusations de greenwashing :

Pour commencer, je rappelle que nous sommes une organisation sans but lucratif, sans aucun lien avec ces entreprises. Mais elles ont bien compris qu’aujourd’hui leur seule chance d’obtenir un bon classement c’est de se montrer transparentes dans leur communication sur leurs émissions, quel que soit le volume de ces émissions, puisqu’elles sont systématiquement mieux notées que celles qui ne publient rien. Mais dès lors que toutes les entreprises publieront leurs données, les plus gros émetteurs vont évidemment se retrouver dans le bas du classement.

Apparemment, c’est donc bien la transparence qui paie. Comme le prouve les déclarations de Sam Gill à propos de l’index ainsi composé, que l’ONG prévoit de lancer prochainement :

Il regroupera les plus grosses capitalisations européennes, mais leur poids dans l’index sera recalculé en fonction de la note qu’elles auront obtenue dans notre classement. Pour celui-ci, nous prenons les plus grosses capitalisations de chaque secteur d’activité et recherchons toute l’information publique disponible sur leurs émissions de gaz à effet de serre et les documents de vérification par des tiers s’ils existent. Ensuite, indépendamment de leur taille et de leur intensité carbone (le rapport entre leurs émissions et leur chiffre d’affaires), les entreprises sont réparties en quatre catégories : celles dont les informations sont complètes, publiques et vérifiées par un tiers ; celles qui ne les ont pas fait vérifier ; celles qui sont incomplètes ou dont la méthode de calcul n’est pas claire ; enfin, celles qui ne publient rien du tout.

Sources : La Tribune (articles des 25, 26 et 27 avril)

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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