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Le GIEC publie son Rapport spécial

Les gouvernements des pays rassemblés à Incheon (Corée du Sud) le 8 octobre ont approuvé le Résumé à l’intention des décideurs, relatif au Rapport spécial du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur les conséquences d’un réchauffement planétaire à 1,5°C.  Ce dernier a donc été publié.

Rapport spécial du GIEC

Un Rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire à 1,5°C…

Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, il faudrait selon le GIEC, modifier rapidement et de manière inédite tous les aspects  de la société. « Outre les avantages évidents pour les populations et les écosystèmes naturels, le fait de limiter le réchauffement à 1,5 °C et non à 2 °C permettrait également de faire en sorte que la société soit plus durable et plus équitable. »

Le titre complet de ce Rapport spécial est en fait Réchauffement planétaire de 1,5 °C, Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels et les profils connexes d’évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dans le contexte du renforcement de la parade mondiale au changement climatique, du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Il représente un élément scientifique clé qui sera au cœur de la prochaine COP (en décembre à Katowice, Pologne), lors de laquelle les gouvernements feront le point sur l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

« Fort de plus de 6 000 citations de références scientifiques et grâce à la contribution dynamique de milliers d’experts, ainsi que d’évaluateurs d’institutions publiques du monde entier, ce rapport remarquable témoigne de la portée du GIEC et de son importance pour l’action des pouvoirs publics » a déclaré Hoesung Lee, président du GIEC.

Le rapport met en exergue un certain nombre de conséquences des changements climatiques, qu’il serait possible d’éviter si le réchauffement est limité à 1,5° et non à 2° ou plus. Par exemple, d’ici à 2100, la montée inéluctable du niveau de la mer pourrait être inférieure de 10 cm au niveau qui risquerait d’être enregistré avec un réchauffement planétaire à 2° ou plus.

De plus, la probabilité que l’Océan Arctique soit libre de glaces serait d’une fois par siècle avec un réchauffement à 1,5°, mais d’au moins une fois tous les 10 ans à 2°. Avec 1,5° encore, 70 à 90 % des récifs coralliens disparaitraient, alors que la quasi-totalité serait anéantie (un chiffre supérieur à 99 %) avec un réchauffement à 2°. « Toute augmentation supplémentaire de la température, aussi minime soit-elle, a son importance, d’autant plus qu’un réchauffement de 1,5 ºC ou plus augmentera le risque associé à des changements pérennes ou irréversibles, tels que la disparition de certains écosystèmes » a ajouté Hans-Otto Pörtner, coprésident du Groupe de travail II du GIEC (axé sur les incidences, l’adaptation et la vulnérabilité). « En outre, le fait de limiter le réchauffement planétaire donnerait la possibilité aux populations et aux écosystèmes de s’adapter et de rester en-dessous des seuils de risque pertinents. »

et sur les solutions à mettre en œuvre

Le Rapport spécial va au-delà des conséquences et étudie les solutions qui peuvent être mises en œuvre pour limiter ce réchauffement planétaire à 1,5°, les modalités de leur mise en œuvre et leurs conséquences éventuelles. « Si l’on regarde le bon côté des choses, certains des types de mesures qui seraient nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 °C sont déjà mis en œuvre dans le monde, mais il faudrait néanmoins accélérer le rythme » a précisé Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Groupe de travail I (chargé des éléments scientifiques du changement climatique).

Ainsi cette limitation nécessiterait des transitions « rapides et de grande envergure » dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’énergie, de l’industrie, du bâtiment, du transport et de l’urbanisme. Les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone (CO2) d’origine anthropique devraient être réduites d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030, et il faudrait atteindre un « bilan nul » des émissions aux alentours de 2050, ce qui signifie que les émissions restantes devraient être compensées en éliminant du CO2  de l’atmosphère.

Sinon, nous deviendrions dépendants de ces techniques d’élimination du CO2 pour revenir en-dessous de 1,5° en 2100. Mais leur efficacité reste encore à prouver. Enfin, cette limitation du réchauffement planétaire à 1,5° minimiserait les effets, lourd de conséquences, sur les écosystèmes, la santé et le bien-être des populations.

Ce rapport est le premier d’une série de rapports spéciaux qui seront élaborés par la GIEC dans le cadre de son sixième cycle d’évaluation. Il en publiera l’année prochaine deux autres : le Rapport  spécial sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique, ainsi que Changement climatique et terres émergées, qui portera sur les incidences des changements climatiques sur l’utilisation des terres.

Source : GIEC

 

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