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Le grand gaspillage de l’eau en France

Pour une fois, ce ne sont pas les consommateurs qui sont mis en cause pour un grand gaspillage de l’eau en France, mais les collectivités territoriales et leur service de gestion de l’eau. Dans le cadre de son opération Transparence commune sur l’eau, 60 Millions de Consommateurs, en partenariat avec France Libertés, publie un palmarès des fuites dans les grandes villes françaises, établi à partir des données 2011 de la base statistique de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques), des rapports annuels sur la qualité du service de l’eau et d’informations fournies par les collectivités.

Et les chiffres donnés à cette occasion ont largement de quoi inquiéter. Les 65 millions de Français de France métropolitaine et des DOM sont approvisionnés en eau potable par 850 000 km de canalisations (hors branchements), qui malheureusement souffrent fuite d'eaude nombreux dysfonctionnements : les fuites représentent 1,3 milliard de mètres cubes d’eau (déjà traitée par les usines). Cela représente 20 % des volumes, perdus mais payés par les consommateurs, même s’ils ne les voient pas apparaître sur leur facture.

L’objectif national, tel que défini dans la loi Grenelle II de 2010, prévoit de limiter les taux de fuites à 15 % de l’eau produite. Or deux préfectures sur trois ne l’atteignent pas, et un quart des préfectures dépassent même – et parfois largement – les 25 % de taux de fuites. Il en va ainsi par exemple à Digne-les-Bains (54 %), Bar-le-Duc (48 %), Saint-Denis-de-la-Réunion (46 %), Fort-de-France (41 %), etc. Seules 33 préfectures affichent un taux variant entre 4 % et 15 %, dont Le Mans et Rennes (4 %), Blois (5 %), Moulins et Orléans (7 %).

Un décret de janvier 2012 obligeait d’autre part les services de l’eau à dresser un descriptif très détaillé de leur réseau avant le 31 décembre 2013. Nombre d’entre eux sont en retard, or cette méconnaissance de l’état des canalisations n’arrange pas les choses. « À la veille des élections municipales et de la journée mondiale de l’eau, France Libertés et 60 millions de consommateurs s’inquiètent de l’état du réseau et de l’incapacité qu’ont de nombreuses collectivités à anticiper les travaux à venir. L’enjeu financier de la rénovation du réseau est colossal : il faudrait engager entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an pour réaliser les travaux nécessaires partout en France, soit plus du double du rythme actuel. Et plus les élus attendent, plus la situation s’aggrave et plus grand est le risque de devoir agir dans l’urgence, endetter la collectivité et augmenter fortement la facture des usagers » souligne 60 Millions de Consommateurs. Il ne faut pas non plus oublier l’aspect sanitaire de ce problème, car la qualité de l’eau potable est menacée par le vieillissement des réseaux : anciens branchements en plomb ou canalisations plus récentes en PVC, « susceptibles de relarguer des composés plastiques dans l’eau du robinet. »

Des solutions existent pourtant, telle la mutualisation des moyens en Vendée, qui permet d’optimiser la gestion du réseau sans surcoût pour le consommateur. L’association de consommateurs et France Libertés plaident enfin pour une remise à plat complète de la politique de l’eau, seule capable d’éviter une situation qui pourrait devenir dramatique sur la pérennité du service public de l’eau.

Source : 60 Millions de Consommateurs

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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