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Le Manta, premier quadrimaran géant collecteur de déchets plastiques

Le navigateur Yvan Bourgnon vient de dévoiler la maquette du Manta, le futur quadrimaran géant collecteur de déchets plastiques dans les océans. Imaginé par l’association The Sea Cleaners qu’il préside, ce bateau se présente comme la seule solution opérationnelle innovante pour nettoyer les océans de toutes les tonnes de déchets pastiques qui les polluent et affectent la faune.

Le Manta

Le Manta, un projet de l’association The Sea Cleaners

The Sea CleanersLe Manta est le premier navire hauturier capable de collecter une grande quantité de macro-déchets plastiques qui flottent sur les océans. Il a été imaginé par l’association The Sea Cleaners, fondée en septembre 2016, qui vise à lutter contre la pollution océanique, grâce à la construction de ce navire à la pointe de l’innovation.

Il lui a fallu un an et demi d’études de faisabilité et de recherche de financements pour présenter la maquette finale du navire : « Dans l’attente que les solutions préventives de captation et de traitement terrestres s’avèrent plus efficaces, nous avons fait le choix de collecter en grande quantité et au plus près des sources de pollution, les macro-déchets plastiques déversés dans les océans avant qu’ils ne se dégradent ou qu’ils disparaissent au fond de l’océan, polluant durablement tout l’écosystème marin qui absorbe les toxiques dégagés. »

Un concentré de technologies innovantes

Dans sa version finale, le Manta mesurera 70 mètres de long, pour 49 m de large et 61 m de haut. Il concentre dans sa conception les technologies les plus innovantes en matière d’énergie propre.

Autonome, il bénéficiera d’une manœuvrabilité optimale qui lui permettra d’intervenir dans les zones les plus fortement polluées, en haute mer aussi bien que le long des côtes, ou encore dans les estuaires des 10 grands fleuves d’où proviendraient 90 % de la pollution plastique déversée dans les océans.

Propulsé par des voiles et 4moteurs électriques, fonctionnant grâce à des technologies de production d’énergie renouvelable embarquées et un système de stockage optimisé, il sera équipé de 3 collecteurs situés entre les coques du navire, qui auront la capacité de rapporter rapidement les déchets à bord, vers l’unité de tri manuel.

Des déchets valorisables

Acheminés dans le Manta par un système de tapis roulants, les matières plastiques valorisables seront séparées des autres débris et compactées en balles de 1 mètre cube. La Manta pourra ainsi stocker 250 tonnes dans  ses coques, qui seront acheminées à terre pour être recyclées.

Pour les gros débris flottants (filets, containers perdus par les navires…), ce sont deux grues puissantes qui les sortiront de l’eau. Ils pourront ensuite être stockés afin d’être éliminés à terre dans les filières dédiées.

Tout a été prévu pour ne pas mettre en danger la faune marine : le navire sera équipé d’un système d’émissions sonores afin d’éloigner les cétacés et autres poissons de sa route et éviter leur capture accidentelle.

Un financement à boucler

Le Manta, programmeL’association prévoit de le mettre en construction en 2020, pour effectuer ses premières missions dès 2022. Il n’est cependant pas encore totalement financé, et elle demande donc de l’aide. « Notre vision pour la préservation des océans est globale, à long terme et d’envergure planétaire. Elle intègre des perspectives économiques, sociétales, humaines, pédagogiques et scientifiques dans une dynamique solidaire. Nous offrons vous offrons l’opportunité de participer, techniquement ou financièrement, à un projet environnemental d’avenir, un enjeu vital pour les générations futures. »

Par ailleurs, Yvan Bourgnon a déclaré au magazine Course au large : « Le bateau n’est pas encore totalement financé, seulement à 25% mais cela va permettre de fabriquer un mini collecteur de 7 m de haut en fin d’année. Ce sera un catamaran avec un tapis roulant au milieu qui servira de mise au point à celui du Manta. En présentant cette maquette, on veut tenir informé nos 7000 contributeurs qui nous ont suivi sur la phase de crowdfunding et les nombreux mécènes qui nous accompagnent. On avance, il y a eu énormément de travail de fait. Au début on a lancé l’idée. Elle est maintenant validée avec cette maquette. L’enjeu pour nous était de mesurer combien on pouvait collecter mais aussi de le faire avec une empreinte carbone à zéro. (…)  On a maintenant une bonne idée du bateau en dissociant la propulsion quand on convoie et celle quand on collecte. Avec les tapis roulant dans l’eau, à 3nds on sait qu’on consomme 20 fois moins d’énergie que si on était à 10 nœuds. Les éoliennes marchent très bien en produisant 400 KW. Notre capacité de collecte, c’est 600 m3 en stockage mais notre objectif c’est 1600 m3 de ramassage par campagne. On va installer des pyrolyses à bord, des incinérateurs qui transforment le plastique en gasoil dont on va se resservir. (…) Sur le bateau on aura 12 membres d’équipage et 2 équipes de 6 pour trier les déchets. On fera des campagnes entre 15 jours et 1 mois. (…) Notre budget c’est 1 M€ de fonctionnement par an et 25 M€ la construction du bateau. Le bateau sera 20% du temps à terre, le reste en exploitation, soit 12 000 m3 collectés par an. »

Sources : The Sea Cleaners, Course au large

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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