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Le verdissement surprenant de la planète

Une étude montre que la végétation de la planète a regagné de l’espace et se fait plus dense depuis une vingtaine d’années. Ce verdissement surprenant provient en grande partie des territoires les plus peuplés, Chine et Inde, et est en rapport direct avec les activités humaines.Verdissement de la Terre

Des données de la NASA

Cette étude utilise les donnes et photos des satellites de la NASA. Celles-ci ont été recueillies pendant deux décennies par les instruments à spectroradiadiomètre d’imagerie à résolution moyenne (MODIS) sur les satellites Terra et Aqua.  MODIS présente l’avantage d’offrir une couverture intensive dans l’espace et dans le temps. Les capteurs ont capturé jusqu’à quatre fois presque tous les lieux de la planète, chaque jour, au cours des 20 dernières années.

Cette étude met en évidence le verdissement de la Terre au cours des deux dernières décennies. Elle a gagné 5,4 millions de km² de verdure entre 2000 et 2017. Certes, l’Union Européenne, la Russie, le Canada et l’Australie y ont participé. Mais ce sont surtout la Chine et l’Inde, les pays les plus peuplés du monde, qui assurent une bonne partie de ce reverdissement.

« C’est une découverte surprenante, compte tenu de la dégradation des sols due à la surexploitation dans les pays très peuplés« , a déclaré Chi Chen, doctorant à l’université de Boston, auteur principal de létude, parue dans la revue Nature Sustainability, le 11 février.

Un verdissement dans les pays les plus peuplés

Les chercheurs ont d’abord détecté ce phénomène de verdissement, sans savoir si les activités humaines en étaient la cause principale. Ils ont ensuite suivi la superficie totale couverte de végétation de la planète et son évolution. L’équipe a alors constaté que la superficie de feuilles vertes avait augmenté de 5 % depuis le début du XXIème siècle, soit une superficie équivalente à celle de toutes les forêts tropicales amazoniennes.

« Ces données à long terme nous permettent de creuser plus profondément« , a déclaré Rama Nemani, chercheur au centre de recherche Ames de la NASA et co-auteur de l’étude. « Lorsque le verdissement de la Terre a été observé pour la première fois, nous pensions que cela était dû à un climat plus chaud et plus humide et à la fertilisation résultant de l’addition de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Maintenant, avec les données MODIS, nous voyons que les humains contribuent également. »

La surface foliaire de la végétation augmente en effet en raison de facteurs directs (gestion de l’utilisation des terres par l’homme) et indirects (tels que les changements climatiques, la fertilisation au CO2, les dépôts d’azote et la régénération à la suite de perturbations naturelles). Parmi ceux-ci, les effets du changement climatique et de la fertilisation en CO2 semblent être les principaux facteurs.

La Chine et l’Inde en tête

« La Chine et l’Inde représentent un tiers de l’écologisation, mais ne représentent que 9% de la superficie terrestre de la planète recouverte de végétation« , commente Chi Chen. « C’est une découverte surprenante, compte tenu de la notion générale de dégradation des sols dans les pays peuplés due à la surexploitation. »

La Chine à elle seule représente 25% de l’augmentation nette globale de la superficie foliaire avec seulement 6,6% de la superficie végétalisée mondiale. En Chine, l’écologisation provient des forêts (42%) et des terres cultivées (32%), mais en Inde, elle provient principalement de terres cultivées (82%) avec une contribution mineure des forêts (4,4%).

La Chine est par ailleurs en train d’élaborer des programmes ambitieux de conservation et d’extension des forêts dans le but d’atténuer la dégradation des sols, la pollution de l’air et le changement climatique. La production alimentaire en Chine et en Inde a augmenté de plus de 35% depuis 2000. Cela est dû principalement à une augmentation des superficies récoltées. Celle-ci résulte de cultures diversifiées, facilitées par l’utilisation d’engrais et l’irrigation des eaux de surface et/ou souterraines.

Le facteur humain, un facteur clé

Les résultats de l’étude indiquent que le facteur direct est un facteur clé du reverdissement de la Terre. Il représente plus du tiers, et probablement davantage, de l’augmentation nette observée de la surface de feuilles vertes. Ces résultats mettent en évidence la nécessité d’une représentation réaliste des pratiques d’utilisation des sols par l’homme dans les modèles de système terrestre.

« Une fois que les gens réalisent qu’il y a un problème, ils ont tendance à le régler« , conclut Rama Nemani . »Dans les années 1970 et 1980 en Inde et en Chine, la situation concernant la perte de végétation n’était pas bonne. Dans les années 90, les gens l’ont compris et aujourd’hui, les choses se sont améliorées. Les humains sont incroyablement résistants. C’est ce que nous voyons dans les données satellitaires. »

Sources : France Diplomatie, Nature Sustainability

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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