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Les annonces de sorties du nucléaire se succèdent en Europe

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Peu à peu les états qui avaient pris des mesures provisoires pour le nucléaire à la suite de la catastrophe de Fukushima annoncent leur décision et s’engagent dans une sortie programmée de cette filière. Ainsi, en quelques jours, la Suisse, puis l’Allemagne, ont pris des positions radicales, qui satisfont leurs opinions publiques, mais beaucoup moins leurs industriels.

Danger nucléaire (centrale en Suisse)

Dans un article du 22 mai, nous évoquions les milieux économiques suisses qui mettaient en garde le gouvernement fédéral contre une décision de sortie trop rapide. Ils n’ont apparemment pas été entendus. En effet, la décision du Conseil Fédéral est tombée le 25 mai : le pays s’engage dans une sortie du nucléaire à  moyen terme :

Les centrales nucléaires actuelles seront mises à l’arrêt à la fin de leur durée d’exploitation et ne seront pas remplacées.

Actuellement environ 40 % de l’électricité produite par le pays est d’origine nucléaire, contre 56 % d’origine hydraulique, le reste provenant de centrales thermiques conventionnelles. Selon le gouvernement, pour assurer la sécurité d’approvisionnement du pays, il va falloir jouer sur plusieurs leviers : les économies d’énergie (et une efficacité énergétique accrue), le développement de la force hydraulique et des énergies renouvelables et au besoin le recours à la production à base de combustibles fossiles (dont le développement de la production à partir du gaz en cogénération et en cycle combiné gaz)  et à l’importation. Le tout en maintenant les objectifs de politique climatique et de réductions des gaz à effet de serre.

Le Conseil Fédéral estime que les centrales nucléaires ont une durée d’exploitation de 50 ans : les arrêts s’étaleront donc de 2019 à 2034. L’Association des entreprises suisses (AES) a aussitôt exprimé son inquiétude devant cette décision qui, selon elle, compromet à long terme la sécurité d’approvisionnement, en rendant le pays plus dépendant.

L’Allemagne a quant à elle programmé sa sortie du nucléaire d’ici 2022 : la décision a été annoncée le 30 mai. Actuellement, la filière représente 22 % de la production électrique allemande contre 43 % pour le charbon et 18 % pour les énergies renouvelables. Là aussi, le gouvernement compte sur des économies d’énergie (10 % à l’horizon 2020), le développement des énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien, hydraulique). Mais cela risque d’être insuffisant et il faudra compter dans un premier temps sur l’importation d’électricité, française en particulier, donc aux trois quarts… d’origine nucléaire justement.

Sur les 17 réacteurs existants dans le pays, 7 (les plus anciens) ont déjà été arrêtés et ne redémarreront pas, un huitième a été « mis en veille ». Sur les 9 restant, 6 seront arrêtés avant la fin 2021. Les trois plus récents pourraient fonctionner un an de plus. Là aussi, les industriels s’opposent à cette décision. Les producteurs d’énergie EON et RWE ont déjà annoncé qu’elles entendent poursuivre la bataille sur le plan juridique. Dans les autres secteurs, les grands groupes industriels s’inquiètent surtout de devoir payer l’électricité beaucoup plus chère.

Une petite remarque cependant : si ces pays s’inquiètent des centrales nucléaires installées sur leur sol, ils ne semblent toutefois pas s’émouvoir outre mesure du fait d’importer de l’électricité, en grande partie d’origine nucléaire, de France. Donc d’encourager indirectement le fonctionnement des centrales nucléaires sur notre territoire. Or, les vents dominants venant de l’ouest, ils seraient pourtant directement concernés si un accident, du genre de la catastrophe de Fukushima, se produisait de ce côté du Rhin…

Sources : Europ Energies du 26/05/2011 (La Suisse décide de sortir du nucléaire), Portail Free (image), Le Monde, Valeurs Actuelles

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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