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Les conséquences de la transition énergétique sur les opérateurs d’électricité

accentureSelon une étude d’Accenture, le développement du solaire photovoltaïque, du stockage de l’énergie et de  l’efficacité énergétique ne feraient pas l’affaire des opérateurs d’électricité : la transition énergétique pourrait en effet entraîner pour eux un important manque à gagner.

Selon la nouvelle étude Digitally Enabled Grid , de profonds bouleversements  dans la demande d’électricité sont à attendre en raison du développement soutenu de la production d’énergie décentralisée et des mesures d’efficacité énergétique. Cela pourrait faire baisser le chiffre d’affaires des opérateurs d’électricité de 48 milliards de dollars aux Etats-Unis et de 61 milliards d’euros en Europe d’ici 2025. L’impact de ces mesures est d’ores et déjà beaucoup plus important sur la demande d’électricité que l’an dernier, selon les distributeurs qui craignent pour l’évolution future de leur chiffre d’affaires. 61 % d’entre eux s’attendent à une baisse forte ou modérée de leurs revenus du fait de la production décentralisée d’électricité, contre 43 % un an plus tôt.

« D’après nos recherches, le scénario le plus plausible pour les dix prochaines années se traduirait par un manque à gagner limité, à savoir 18 milliards de dollars par an aux États-Unis et 39 milliards d’euros en Europe, en raison d’une diminution modérée de la charge du réseau », explique Jérémie Haddad, Directeur en charge des activités de conseil pour le secteur Energie/Utilities chez Accenture. « Ceci s’explique par le fait que le passage à l’efficacité énergétique et à la production décentralisée d’électricité deviendra possible sans l’aide de subventions d’où une meilleure pénétration du marché. Cette meilleure pénétration du marché est également permise par un changement d’attitude de la part des consommateurs, par la baisse des coûts technologiques et par une légère augmentation des prix de l’électricité, en particulier en Europe. »

Cependant l’hypothèse d’une « spirale infernale » selon laquelle les consommateurs déserteraient le réseau ou ne l’utiliseraient plus qu’en appoint a peu de chances de se réaliser, selon Accenture, en raison de son coût dissuasif et de son manque de viabilité à terme pour de nombreux consommateurs : « Si la théorie de la « spirale infernale » n’est en fait qu’un mythe, l’impact sur la demande en énergie de ces nouvelles technologies représente, quant à lui, une menace tout à fait réelle pour le modèle économique des opérateurs d’électricité », souligne Jérémie Haddad. « Au-delà de la pression financière qu’elle entraîne, cette mutation sera synonyme de défis opérationnels de taille pour les opérateurs d’électricité, de tension technique accrue sur le réseau et d’ouverture du marché à de nouveaux concurrents dans les produits et services énergétiques. »

Près des deux tiers des dirigeants des opérateurs d’électricité s’attendent à une multiplication des pannes de réseau d’ici 2020, en raison du raccordement des énergies renouvelables à basse tension et 53 % prévoient des dysfonctionnements pour cette même raison : des pourcentages en hausse de 20 points par rapport à l’an dernier. Une large majorité des dirigeants de groupes d’électricité anticipent toujours la concurrence de nouveaux acteurs dans les services liés aux données (92 %), la production décentralisée (87 %) et les solutions d’efficacité énergétique et d’effacement (90 %), mais aussi dans des domaines nouveaux, tels que les véhicules électriques rechargeables ou les infrastructures de recharge (81 %).

« L’un des principaux défis pour les distributeurs d’électricité sera de créer des services de pilotage des systèmes de distribution afin de gérer un réseau plus complexe et décentralisé », précise Jérémie Haddad d’Accenture. « Dans le cadre de cette transformation, un travail de coopération avec les autorités de réglementation sera nécessaire pour assurer la viabilité à long terme du service de distribution. Cela suppose l’adoption de nouvelles grilles tarifaires, l’ouverture à de nouveaux marchés et l’harmonisation des subventions, l’investissement dans l’optimisation du réseau (automatisation, capteurs ou analyse des données en temps réel) et la mise au point de nouveaux produits et services pour le consommateur. »

Source : Accenture

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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