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Les Européens et la vulnérabilité énergétique des logements

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Opinionway a réalisé pour PrimesEnergie.fr une approche comparative de la précarité énergétique en Europe, à partir de trois pays : la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Sur l’ensemble de l’Europe, la vulnérabilité énergétique touche entre 50 et 125 millions de personnes – entre 10 % et 25 % de la population totale. Le chauffage de l’espace habitable et de l’eau constitue, avec 80 %, le premier poste énergétique.

PrimesEnergie.fr a souhaité connaître l’impact du budget énergie sur le pouvoir d’achat des Français par rapport à leurs voisins allemands et britanniques et mesurer l’impact des mesures politiques sur le niveau d’engagement des Européens en matière de rénovation énergétique.

Les principaux enseignements de l’étude sont les suivants : d’abord, 1 Européen sur 5 a déjà eu des difficultés pour payer ses factures de chauffage. Les locataires sont deux fois plus concernés par le phénomène que les propriétaires. De plus, le pouvoir d’achat des Européens est directement impacté par les dépenses de chauffage : près d’1 locataire français sur deux a déjà dû rogner sur ses autres dépenses pour pouvoir se chauffer. Cependant, les mesures politiques commencent à porter leurs fruits auprès des particuliers : 36% des Européens ont déjà engagé des travaux d’économie d’énergie, avec une surreprésentation des propriétaires. Enfin, des lacunes en matière d’information sont largement constatées sur les aides au financement disponibles : 49% des Européens s’estiment mal informés et le sujet est opaque pour 62% des Français.

Français, Allemands, Britanniques… qui a le plus de difficultés à se chauffer ? Pour les Français comme pour les Anglais, la facture de chauffage représente en moyenne nationale un budget particulièrement lourd : 21 % des particuliers ont déjà rencontré des difficultés à la régler contre 19 % des Allemands. En France, les locataires sont particulièrement concernés avec le taux le plus fort d’Europe (33 % contre 17 % des propriétaires).

En hiver, la baisse des températures de 1°C entraîne une augmentation de la consommation d’électricité d’environ 2 300MW en France, 600 MW en Grande-Bretagne et 500 MW en Allemagne. Outre-Rhin, les ménages privilégient le gaz pour se chauffer, seuls 5% des ménages utilisent le chauffage électrique, contre près d’un tiers des ménages français qui consomment 35% d’électricité de plus que leurs voisins allemands. Autre distinction notable et cela représente une source d’environ 20% d’économies d’énergie : l’Allemagne a individualisé les frais de chauffage dans les copropriétés depuis plusieurs années, incitant ainsi les ménages à être plus attentifs à leur consommation. La France passera ce cap à compter du 31 mars 2017.

Pour pouvoir se chauffer, les ménages en difficulté limitent d’autres dépenses : ainsi 1/3 des ménages français et britanniques ont déjà dû limiter leurs dépenses de santé, d’alimentation, de loisirs ou encore d’habillement pour pouvoir se chauffer. Là-aussi, les locataires sont particulièrement concernés, puisque près d’1 locataire français sur 2 s’est déjà retrouvé dans cette situation.

Si les propriétaires commencent à se mobiliser pour entreprendre des travaux de rénovation énergétique (58 % en France contre 66 % des Britanniques), les locataires sont dans notre pays à la traîne : 5 % seulement des locataires français contre 10 % des allemands et 19 % des britanniques se sont lancés dans des efforts de travaux thermiques pour leurs logements. Une dynamique semble donc s’être nettement engagée en Grande-Bretagne et l’écart se creuse avec les autres pays si on ne considère que les locataires. Mais il faut noter que, depuis avril 2016, dans ce pays, les propriétaires d’immeubles résidentiels ne peuvent plus refuser, sans motif raisonnable, les demandes de travaux de rénovation énergétique effectuées par leur locataire, lorsque ces travaux sont éligibles à une aide financière telles que le Green Deal ou encore l’Energy Company Obligation. Par ailleurs, à partir d’avril 2018, les logements privés loués devront systématiquement avoir une étiquette énergétique minimale « E », sans quoi le bien sera interdit à la location.

D’importantes lacunes se font jour sur la connaissance des aides financières possibles pour réaliser les travaux énergétiques nécessaires : les ménages français sont ceux qui méconnaissent le plus les aides au financement des travaux de rénovation énergétique (62% des ménages). Les Français peuvent pourtant bénéficier de très nombreuses aides, dont la majorité sont cumulables entre-elles et peuvent leur permettre de se faire rembourser jusqu’à 100% du montant total de leurs travaux. Les ménages britanniques, qui sont les plus nombreux à avoir réalisé des travaux de rénovation énergétique, sont tout naturellement aussi les mieux informés : plus d’1 Britannique sur 2 se sent bien informé sur les aides auxquelles il a droit. En Allemagne cependant, le constat ressemble assez à celui observé en France. 59% des ménages allemands méconnaissent les aides auxquelles ils ont droit. Mais le système allemand a une particularité : le montant des aides dépend directement de la performance énergétique des travaux réalisés. Plus la rénovation est efficace, plus les aides sont importantes.

Source : Opinionway

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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