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Les impacts environnementaux du numérique en France détaillés par une étude de GreenIt

Empreinte écologique du numérique Le collectif d’experts GreenIt a récemment publié une étude, intitulée INum, visant à quantifier les impacts environnementaux du numérique en France. Il identifie des pistes d’actions adaptées aux spécificités françaises. L’étude met l’accent sur la principale cause des émissions de gaz à effet de serre du numérique : nous utilisons des appareils importés et nous les renouvelons trop souvent.

Le numérique en France en chiffres

En quoi l’univers numérique français est-il différent du reste du monde ? Quelles sont les principales sources d’impacts ? Comment agir efficacement au quotidien à l’échelle individuelle ? Quelles actions les pouvoirs publics devraient-ils mettre en œuvre ? Autant de question qui devraient trouver leurs réponses dans l’étude INum.

Le numérique en France, ce sont d’abord des chiffres qui donnent le tournis : 631 millions d’équipements pour 58 millions d’utilisateurs potentiels. Cela fait une moyenne de 11 équipements par utilisateur, alors que la moyenne mondiale se situe à 8. Viennent en tête, sans surprise, les ordinateurs et écrans associés (116 millions au total), devant les smartphones et autres téléphones mobiles (98 millions).

Les impacts environnementaux du numérique en France

La consommation électrique du numérique en France a représenté, en 2019, 40 TWh (térawattheures) de consommation d’électricité, soit 8,3 % de la consommation nationale. GreenIt se livre donc à ce calcul sur les impacts environnementaux du numérique ; à l’échelle d’un Français pendant un an, cela représente :

  • Energie primaire : 3 100 kWh d’énergie primaire ;
  • Gaz à effet de serre : 420 kg de gaz à effet de serre ;
  • Eau : 9 700 litres d’eau douce ;
  • Ressources : 14 grammes équivalent antimoine.

La fabrication, principale cause des impacts environnementaux du numérique

On distingue trois « tiers » dans l’architecture du numérique actuel : les équipements des utilisateurs, les réseaux qui relient les utilisateurs entre eux et aux centres informatiques, et les centres informatiques qui hébergent les serveurs. Mais la fabrication des appareils constitue bien la principale source d’impacts environnementaux du numérique en France. Celle-ci nécessite effectivement des ressources importantes en eau, en énergie et en minerais notamment. A total, la fabrication concentre de 36 % à 87 % des impacts environnementaux du numérique en France, selon l’indicateur observé. Contre 5 à 21 % de notre empreinte numérique pour les réseaux et de 4 à 15 % des impacts pour les centres informatiques.

« On observe un paradoxe : alors que l’humanité doit diviser son empreinte écologique par 4 pour atteindre les objectifs d’un développement durable, l’univers numérique continue son expansion, avec des impacts environnementaux toujours plus importants », note l’étude. « En premier lieu, il est essentiel d’informer correctement les français sur leur empreinte numérique pour les amener à être plus raisonnables dans leurs usages quotidiens et à adopter des gestes vraiment efficaces. Supprimer ses mails ne suffit pas. Il faut surtout fabriquer moins d’appareils qui durent plus longtemps », explique Lorraine de Montenay, une des experts de l’étude INum.

Quatre recommandations pour réduire l’empreinte écologique

A partir de ces observations, les experts émettent 4 recommandations pour réduire les impacts environnementaux du numérique. En tout premier lieu, il faut augmenter la durée de vie des équipements : par l’allongement de la durée de garantie légale, en favorisant la réparation et le réemploi et en interdisant l’obsolescence programmée. La seconde consiste à réduire la quantité des ressources numériques mobilisées par la mutualisation des équipements, l’écoconception des services numériques et la réduction du nombre des très grands écrans et des objets connectés.

Il faudrait de plus redonner le contrôle aux utilisateurs, notamment en leur permettant de choisir les mises à jour logicielles qu’ils souhaitent installer et en les guidant vers des appareils réparables. Enfin, la dernière porte sur l’écoconception des services numériques évoquée dans la première recommandation. Ils doivent réduire leurs besoins en ressources numériques et ainsi favoriser l’allongement de la durée de vie des appareils ainsi que leur réemploi.

Au-delà des impacts environnementaux du numérique, « nous devons prendre conscience que le numérique est une ressource critique. Et que le stock de cette ressource s’épuise inéluctablement car elle n’est pas renouvelable » conclut Lorraine de Montenay.

Source : GreenIt

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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