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Les ménages européens ignorent les quantités de déchets qu’ils produisent

EurobaromètreSelon une enquête « Eurobaromètre »,  60 % des Européens ne pensent surtout pas que leur propre ménage produise une quantité excessive de déchets, et pourtant les statistiques fixent la moyenne à plus de 500 kg par personne et par an ! Cette étude démontre une fois de plus le manque de sensibilisation des Européens (et pas seulement eux d’ailleurs) aux quantités de déchets produits, et notamment au gaspillage alimentaire.

Cette enquête Eurobaromètre portait sur L’attitude des Européens vis à vis de l’utilisation efficace des ressources et notamment sur leurs opinions, attitudes et pratiques en matière de gestion des déchets et de recyclage. Sur l’ensemble des Européens, seuls 40 % sont conscients de produire trop de déchets : et encore n’est-ce pas le cas des Lettons, Bulgares et Roumains, qui, pour les trois quarts n’y voient rien de trop. Or le chiffre exact monte à 513 kg par an et par européen en moyenne, mais s’approche plus des 400 kg pour ces trois derniers pays.

Quant à la nourriture jetée, personne ne semble avoir une conscience réelle du gaspillage. Pour le le WRAP (Waste and Resources Action Program ou programme d’action sur le gaspillage et les ressources) en Grande-Bretagne (voir notre article du 29 mars), 25 % de la nourriture achetée atterrit à la poubelle. En France, 20 kg de nourriture  par personne et par an est jetée, et 7 kg de produits encore emballés. Le communiqué du Luxembourg sur cette enquête précise :

Environ 10 % d’entre eux ont déclaré qu’ils ne gaspillaient pas la nourriture qu’ils achetaient, tandis que 70 % estimaient que 15 % ou moins de la nourriture achetée finissait à la poubelle. Au Luxembourg, seuls 2,7 % des répondants déclarent ne pas gaspiller la nourriture qu’ils achètent, tandis qu’ils sont 69,5 % à dire qu’ils en jettent 15 % ou moins, 19,2 % à déclarer jeter entre 16 et 30 % de la nourriture qu’ils achètent et 5,8 % (la moyenne européenne est de l’ordre de 2,7 %) à déclarer en jeter entre 31 et 50 %.

Et s’ils gâchent de la nourriture, ce n’est pas de leur faute, mais de celle des magasins qui devraient donner une meilleure estimation de la taille des portions ou encore des informations plus précises concernant la date limite de consommation ou les conditions de stockage et de préparation.

Les citoyens se sont exprimés en faveur de l’introduction de portions plus réduites dans les magasins et d’une meilleure planification avant d’effectuer leurs achats.

Pour mieux gérer les déchets : il faut améliorer les services de collecte pour 70 % des personnes interrogées ; mais pour payer le coût de traitement et de recyclage, le son diffère un peu :

Quelque 63 % des personnes interrogées étaient favorables à l’idée de faire payer les producteurs pour la collecte et le recyclage des déchets afin d’atteindre cet objectif.

Cependant, seuls 38 % étaient favorables à l’idée que les ménages paient pour les déchets qu’ils produisent. Le Luxembourg compte, avec l’Italie, la Roumanie et l’Irlande, parmi les rares pays où cette possibilité est envisagée favorablement par plus de la moitié des répondants. Le soutien à cette approche variait selon les États membres, les plus favorables étant les Italiens (65 %) et les moins favorables les Maltais (14 %).

Mais 75 % préfèreraient quand même payer pour leur propre quantité de déchets plutôt que par l’intermédiaire de leurs impôts. Et 60 % préfèreraient même que le traitement des déchets soit inclus dans le prix du produit, plutôt que d’acquitter des taxes.

Par contre les produits recyclés, voire le matériel d’occasion, sont bien acceptés  en général et certains pays du Nord y semblent totalement convertis  :

Les citoyens de l’UE ont déclaré dans leur grande majorité (86 % dans l’UE, 91,5 % au Luxembourg) qu’ils achèteraient des produits fabriqués à partir de matériaux recyclés. La volonté d’acheter ce type de produits variait entre 51 % en Lituanie et 96 % en Suède et au Danemark. Dans l’ensemble, près de sept citoyens sur dix se disaient prêts à acheter d’occasion certains produits, tels que des meubles, de l’équipement électronique ou des textiles. La part de ceux disposés à acquérir des produits d’occasion était comprise entre 40 % en Slovaquie et plus de 80 % au Danemark, en Finlande et en Suède

Sources : Le Journal de l’Environnement, Europaforum