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Les résultats de l’enquête TREMI de l’ADEME

Enquête TREMIL’enquête TREMI – acronyme de Travaux de Rénovation Energétique des Maisons Individuelles – de l’ADEME vise à améliorer la connaissance de la perception, sur le terrain, des politiques nationales et locales d’encouragement à la rénovation énergétique des logements. L’Agence en publie les résultats, qui portent sur les travaux réalisés entre 2014 et 2016 dans les maisons individuelles des parcs privés et publics.

L’enquête TREMI, seule enquête nationale auprès d’un large échantillon de particuliers, permet d’étudier les travaux énergétiques réalisés, les motivations et les freins des ménages et les aspects financiers de ces travaux depuis leurs coûts jusqu’au recours aux dispositifs d’aides. Elle s’inscrit dans la lignée de l’Observatoire OPEN (Observatoire permanent de l’amélioration énergétique du logement), porté par l’ADEME depuis 2006. Cette première édition de l’enquête TREMI a permis de mettre en évidence 7 constats.

  1. Améliorer son confort est le principal motif de réalisation des travaux. Cette première motivation (qui concerne 8 ménages sur 10) est suivie par la réduction de la facture énergétique. Mais le facteur qui engendre le plus de travaux se trouve dans la gestion des pannes et autres sinistres. Les pouvoirs publics devraient travailler avec de nouveaux acteurs (outre les magasins de bricolage et les agents immobiliers) : les assureurs et les artisans spécialisés dans le dépannage.
  2. L’accompagnement des ménages n’est pas à la hauteur des besoins : 15 % seulement des ménages ont bénéficié d’informations et d’accompagnements. 36% des ménages ayant réalisé des travaux permettant 2 sauts de classe énergétique du DPE (Diagnostic de Performance Energétique) ou plus estiment avoir manqué d’accompagnement. En revanche, les architectes indépendants occupent une vraie place dans le conseil énergétique aux particuliers.
  3. D’un point de vue technique, les ménages ont le réflexe de commencer par l’isolation mais ils oublient la ventilation. Pour l’isolation (fenêtres, toiture et murs), la performance des travaux effectués n’est souvent pas au rendez-vous : un tiers seulement de travaux performants pour la toiture et les combles, un sixième pour les fenêtres et les murs. Mais la ventilation (et la qualité de l’air qui va avec) reste le « parent pauvre » de la rénovation énergétique, alors qu’il s’agit d’un poste clé du confort et de la santé.
  4. La satisfaction des ménages est au rendez-vous : les rénovations répondent à leurs motivations. L’enquête TREMI présente un résultat très positif au niveau de la perception des ménages « après travaux » : 83 % des ménages ayant réalisé des rénovations estiment qu’ils ont amélioré le confort thermique de leur logement et 61 % observent des réductions des dépenses énergétiques dès la fin des travaux. Ces valeurs montent respectivement à 94 % et 74 % pour les 260 000 ménages ayant réalisé des rénovations permettant 2 sauts de classe énergétique.
  5. La perception des ménages sur l’état de leur logement ne facilite pas l’atteinte des objectifs politiques. Alors que 27% des ménages ayant réalisé des travaux pendant la période étudiée estiment que tous les travaux de maîtrise de l’énergie ont été faits, selon l’enquête TREMI, seules 5% des rénovations réalisées ont eu un impact énergétique important (saut de 2 classes énergétiques du DPE ou plus). Les objectifs des pouvoirs publics en matière d’économie d’énergie se heurtent donc à une absence de « besoins » exprimés par la population.
  6. Les Français sont nombreux à rénover leur logement. L’enjeu n’est pas tant dans la massification des travaux que dans l’embarquement de la performance énergétique. Selon l’enquête TREMI, 1/3 du parc total des maisons individuelles a fait l’objet de travaux de rénovation entre 2014 et 2016. Mais seulement 25% des rénovations ont permis de sauter au moins une classe de DP. Prioriser les travaux à effectuer, et les réaliser dans le bon ordre, est donc le vrai challenge.
  7. Les chiffres de l’enquête TREMI confirment l’ampleur de la tâche à accomplir. 75% des travaux de rénovation en maisons individuelles n’ont pas permis de changer de classe DPE. Et pourtant, les rénovations analysées portent bien sur des postes de travaux qui permettent d’améliorer la performance énergétique du logement. Cependant, ces maisons ont pu améliorer leur performance sans pour autant changer de classe DPE. Le chemin est donc encore long pour arriver à un parc BBC en 2050 !

Source : ADEME

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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