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Les toits verts permettent de réelles économies de climatisation et de chauffage

toit vertLes toits végétaux contribuent fortement à la réduction des consommations énergétiques liées à la climatisation et au chauffage. Une étude réalisée au Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) a ainsi permis de quantifier les économies réalisées et les chiffres sont éloquents : on regrette que cette technologie soit encore trop peu développée. En effet une comparaison a été menée entre une toiture traditionnelle en pleine ville et deux toitures « vertes » de type différent.

L’étude explique l’existence de deux sortes de toits verts : un « type extensif » et « un type intensif ». Le premier présente l’avantage de nécessiter peu d’entretien : une faible épaisseur de terre, une végétation choisie en fonction de sa résistance aux maladies et aux conditions de sécheresse, et pas d’autre apport en eau que les précipitations normales. Il accepte même des toits présentant une pente de 0° à 30°. Le type intensif exige plus d’entretien et requiert une expertise technique importante car le toit va supporter des charges élevées. En effet, c’est cette fois une grande épaisseur de terre qui le recouvre, ce qui permet une variété de plante plus importante, avec des arbustes ou même des arbres. Il demande par contre l’installation d’un système d’irrigation. L’étude constate que, équipé d’une toiture végétale le type intensif (toiture irriguée), le bâtiment présente une bien meilleure efficacité énergétique, mais que le premier type (toiture sèche) améliore déjà de manière importante les performances.

Et les constatations de la comparaison avec les toitures conventionnelles sont stupéfiantes :

L’étude a comparé la consommation énergétique d’une toiture conventionnelle à celle de deux types de toitures végétales (irriguée et sèche). Le toit vert irrigué a démontré une performance globale d’environ 10% à 15% supérieure à celle du toit vert non irrigué.

  • Diminution drastique de la consommation d’énergie de climatisation : l’entrée de chaleur reliée au toit dans le bâtiment a été réduite de 99% sur le toit irrigué et 91% sur le toit non irrigué ;
  • Gains en énergie de chauffage : les pertes de chaleur reliées au toit enregistrées sont de 38% et de 27 % inférieures à un toit conventionnel ;
  • Prolongation de la durée de vie des toitures : la température enregistrée sur la membrane d’étanchéité d’une toiture verte est beaucoup plus stable (77% et 66%) et la température maximale est réduite du quart (27% et 25%).
  • La consommation énergétique d’un bâtiment, au niveau climatisation ou au niveau chauffage, est directement liée à la quantité de chaleur qui entre ou qui sort de son enveloppe. Ainsi le toit vert ralentit considérablement l’entrée de la chaleur pendant les mois les plus chauds et réduit aussi, bien que de manière plus réduite, la sortie de chaleur pendant les mois d’hiver.

    Le président du CEUM, Owen Rose conclut :

    Nous souhaitons que Montréal suive l’exemple de plusieurs villes à travers le monde et mette en place des mesures concrètes pour favoriser les toits verts. La Ville de Montréal peut notamment modifier sa réglementation pour exiger l’augmentation de la capacité portante des toits sur les nouvelles constructions. Avec une augmentation du coût de construction très minime, on facilite l’implantation d’un toit vert ou d’une terrasse verte dans les années qui suivent.

    En effet, plusieurs grandes villes, en Europe (Bâle, Stuttgart) comme en Amérique du Nord (Chicago, Washington, Toronto) ont déjà mis en œuvre des mesures incitatives pour favoriser l’installation de toits végétaux sur les bâtiments.

    Sources : Enerzine, Ecologie Urbaine, Rapport de l’étude

    Cet article a été écrit par : 

    Claudine d'EcoCO2

    Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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    2 réponses sur “Les toits verts permettent de réelles économies de climatisation et de chauffage”

    1. Article très intéressant! Je regrette toutefois que les toits verts soit parfois évoqué comme une « découverte » ou un type de toiture qui entraine un surcout.
      En effet, ces toitures sont bien connues car « historiquement, la construction de toitures végétales se fait de manière traditionnelle dans plusieurs pays scandinaves et européens. Le mélange de terre et de végétaux enracinés sur les toits permettait de réaliser des toitures bien isolées phoniquement, étanches à l’air et à l’eau, résistantes au vent et au feu. Le tout se faisant avec des matériaux facilement disponibles. »
      Source : http://fr.ekopedia.org/Toit_vert

      Quoi qu’il en soit, merci pour cet article qui, je l’espère, encouragera nos concitoyens à mettre un peu de verdure sur leur toit. En plus des performances thermiques, cela améliore la biodiversité dans nos villes!

    2. Très bon article. On trouve de plus en plus d’infos sur le net traitant de ce sujet. Comme le souligne Marc, ce type de toitures est bien connu dans les pays scandinaves, mais délaissés dans nos contrées. Un regain d’intérêt vient néanmoins replacer cette technique dans le champ du possible. C’est bien car c’est efficace en terme d’isolation et puis c’est joli, ça change des tuiles ou du béton…

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