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Linky : un constat prévisible après plus d’un an d’utilisation

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Pose compteur LinkyLes compteurs Linky équiperont dans les années à venir 35 millions de foyers français, ainsi en a décidé le gouvernement fin septembre. Mais, testé depuis plus de 18 mois à  Lyon et Indre et Loire, avec 300 000 foyers équipés, tient-il, selon les usagers, ses promesses ?

Selon le ministère de l’énergie, les résultats techniques sont bons, avec un taux de 0,7 % seulement de réclamations : quelques-uns de ceux qui avaient des problèmes ont d’ailleurs laissé des commentaires dans nos pages (voir les articles du 19 mai  et du 20 juin 2010), et nous serions heureux de savoir si des solutions leur ont été apportées. Mais les 5 % à 15 % d’économie promis au départ par ERDF – qui d’ailleurs ne s’engage plus depuis que sur un accès facile aux informations sur les consommations réelles, permettant aux consommateurs finaux de mieux les maîtriser – peuvent-ils être au rendez-vous, dans les conditions d’utilisation actuelle ?

En fait, le Syndicat Intercommunal d’Energie d’Indre-et-Loire (SIEL37) a lancé une étude de satisfaction post-test auprès de 1500 foyers équipés et les résultats reflètent ce qu’on en pensait : si 20 % se disent déçus du manque d’information et d’accompagnement pendant l’expérimentation, 90 % affirment ne rien avoir changé à leurs habitudes de consommation. Les explications coulent de source : le nouveau compteur ayant simplement pris la place de l’ancien, la plupart du temps à l’extérieur du logement, il ne donne pas plus de chance de pouvoir suivre sa consommation en temps réel, premier pas vers une consommation raisonnée de l’électricité. Sauf à s’abonner au service d’EDF, facturé 3,50 € par mois, qui permet de visualiser sur Internet la consommation réelle en euros et kWh selon les heures de la journée. Une solution, qui, outre son coût, est jugée discriminatoire par le SIEL : tous les ménages ne bénéficient pas d’un accès à Internet.

Rappelons que la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés), nous l’avons déjà évoqué dans ces pages, a émis quelques réticences quant aux données sur la vie privée des citoyens, pas assez sécurisées selon elle ; que l’UFC Que Choisir constate que dans l’état actuel des choses l’utilisateur n’en tire aucun avantage (« Linky n’a pas permis aux consommateurs, à qui a été imposée l’expérimentation, de réduire leur facture… En fait, les vrais bénéficiaires du déploiement seront le gestionnaire du réseau et les fournisseurs d’électricité qui vont multiplier les offres tarifaires et taxeront les dépassements« ) ; que le Conseil de Paris a voté le rejet du dispositif, en attendant des avancées en faveur des économies d’énergie et des garanties sur la non-utilisation des données sur la vie privée. Si l’on ajoute à cela la question toujours épineuse du financement, Linky a encore pas mal de chemin à faire pour convaincre…

Mais pourtant, on sait que cette étape est indispensable au développement des smart-grids, et nous pensons, chez Eco CO2, que c’est une réelle opportunité pour entrainer une démarche de maîtrise de l’énergie et agir durablement sur les comportements. Il reste à le prouver et c’est pourquoi nous avons initié, avec l’appui de Logica et IPSOS, le projet Alliance TBH (Tableau de Bord de l’Habitat). Pour en savoir plus ? C’est ici.

Sources :  Enerzine, La Nouvelle République, ERDF, Sigerly (image), Eco CO2

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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