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L’Irlande annonce son désinvestissement des énergies fossiles

La Chambre basse (le Dáil Éireann) du Parlement Irlandais a voté le 12 juillet l’arrêt de tout investissement du fonds souverain national dans les compagnies travaillant dans le secteur des énergies fossiles. Si cela ne change pas la donne mondiale, il s’agit pourtant d’un premier pas qui ouvre la voie à d’autres fonds souverain, plus importants, pour se désengager des énergies fossiles.

Désinvestissement des énergies fossiles en Irlande

Plus aucun investissement dans les énergies fossiles d’ici 5 ans

Les Fonds d’investissement détenus par l’Etat irlandais (ou fonds souverain) n’iront donc plus alimenter les énergies fossiles. Actuellement ce projet de loi n’a été voté que la Chambre basse. Il requiert encore l’approbation de la Chambre haute du Parlement irlandais. Mais, comme il est soutenu par la gouvernement et la majorité des partis politiques, cela semble en bonne voie.

Le projet de loi voté exige que le fonds souverain renonce « le plus vite possible » à tout investissement dans les entreprises qui tirent plus de 20 % de leur chiffre d’affaires des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz…). Il aura 5 ans pour cela, mais il annoncé avoir déjà exclu 16 sociétés actives dans le charbon et les sables bitumineux. Le pays veut ainsi participer à sa façon à « éviter un changement climatique catastrophique« .

Une idée partagée par d’autres

L’Irlande n’est pas le premier pays à envisager de de se désinvestir des énergies fossiles. En novembre 2017, la Norvège, pourtant gros producteur de pétrole, a déjà évoqué cette idée. De plus, réunis à Paris au début du mois, six fonds souverains ont signé une charte en ce sens. Outre la Norvège, il s’agit de la Nouvelle-Zélande, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, du Koweït et des Émirats arabes unis.

Tous s’engagent à encourager les entreprises dans lesquelles ils investissent à intégrer le risque climat dans leur stratégie. Mais l’Irlande est le premier pays à passer à l’action.

Cependant, alors que l’Irlande fait ce choix pour des raisons climatiques, ce sont plutôt des motifs économiques qui poussent la Norvège à mener cette réflexion. Un tel désinvestissement lui permettrait en effet de moins dépendre des cours du pétrole. Son fonds souverain se mettrait ainsi à l’abri en cas de chute durable du cours du baril.

Un « petit » fonds souverain

Le fonds souverain d’Irlande gère 8,9 milliards d’euros d’actifs et détient environ 300 millions d’euros dans 150 entreprises concernées. Il n’est donc pas très important. A titre de comparaison, les bénéfices d’ExxonMobil générés en 2017 s’élèvent à 17 milliards d’euros. Quant au fonds souverain de la Norvège, il est cent fois plus gros avec 900 milliards d’euros et a tiré sa richesse des énergies fossiles.

Et l »Irlande n’est pas une puissance pétrolière. Mais, selon Éamonn Meehan, directeur d l’ONG Trócaire, qui a mené une campagne pour le désinvestissement en Irlande, « Aujourd’hui, le Parlement Irlandais envoie un message puissant à la communauté internationale sur la nécessité d’accélérer la sortie des énergies fossiles« .

Sources : Courrier International, Novéthic

 

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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