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L’UFE donne l’ordre des priorités pour les actions d’efficacité énergétique et souligne la nécessité de réintégrer le « comportemental »

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ordre de priorite des actions d'efficacite energetiqueL’Union Française de l’Electricité (UFE, association professionnelle du secteur de l’électricité) vient de publier une étude sur le pilotage de la politique d’efficacité énergétique, où elle identifie les actions qui maximisent le rapport économies d’énergie/capital investi. En effet, à l’heure où la directive européenne sur l’efficacité énergétique qui prévoit que les fournisseurs d’énergie devront s’engager sur une réduction de la consommation de leurs clients vient d’être adoptée, ceux-ci s’interrogent sur les actions à entreprendre pour mener à bien cette mission.

Les enseignements de l’étude

Réalisée à partir de l’analyse des Certificats d’Economie d’Energie (CEE), cette étude qui se concentre sur les postes les plus consommateurs, le chauffage et l’eau chaude sanitaire, repose sur deux idées-clés : « ne pas se limiter à une approche des potentiels ‘techniquement’ accessibles, mais de développer une approche des potentiels économiquement accessibles, toutes énergies confondues, et de mettre en avant les investissements, privés ou publics, qu’il faut mobiliser pour atteindre tel ou tel objectif d’Efficacité Énergétique » ; « analyser l’impact macroéconomique des choix potentiels de politique publique. » Il en ressort deux enseignements fondamentaux : cibler les actions d’efficacité énergétique par ordre décroissant et travailler à améliorer le taux de rentabilité interne (TRI : taux de rentabilité d’un investissement par rapport aux économies obtenues) qui peut en effet varier de 90 % à -21 %.

L’analyse des CEE comporte cependant une limite soulignée par l’association :

Enfin, il est essentiel de souligner que cette étude a été réalisée à partir de l’analyse des CEE. Or, ces derniers ne prennent pas en compte les actions comportementales auprès des clients (mieux consommer, moins gaspiller sans forcément investir des sommes conséquentes), ni les automatismes et les services qui permettraient de pallier à une attention insuffisante des consommateurs pour maîtriser leur consommation.

Sachant que, bien souvent, les consommateurs ont tendance à profiter de l’économie réalisée sur leur facture énergétique grâce à l’action d’efficacité énergétique entreprise pour consommer plus (c’est l’effet rebond), on comprend la nécessité de réintégrer le « comportemental » et les « aides aux comportements », générées par des automatismes appropriés dans les « bonnes actions », pour atteindre les objectifs de maîtrise de l’énergie souhaités par les Pouvoirs publics.

Dresser des constats

L’efficacité énergétique est devenue un enjeu central, que ce soit en France dans le cadre du Grenelle de l’Environnement et maintenant de la transition énergétique environnementale, ou en Europe, dans le cadre de la directive adoptée. L’UFE estime qu’il faut se poser trois questions  :

  • Quels sont les potentiels d’efficacité énergétique réellement accessibles, non pas uniquement sous l’angle technique, mais aussi sur les plans économique et financier ?
  • Les niveaux de prix des actions d’efficacité énergétique se situent-ils, en France, à un niveau compatible avec les ambitions définies dans le Grenelle de l’Environnement ?
  • Comment conseiller les clients, à la fois pour orienter leurs investissements vers les actions d’Efficacité Énergétique qui ont la meilleure rentabilité, mais également pour améliorer leur comportement dans ce domaine ?

Cette étude lui permet ainsi de dresser plusieurs constats : « la répartition des efforts par types d’utilisation de l’énergie en matière d’efficacité énergétique doit être revue ; les objectifs dans le bâtiment doivent être réajustés en fonction de la capacité des filières à les assumer ; le niveau actuel des prix de l’énergie ne suffit pas à rentabiliser la plupart des actions actuelles; enfin et surtout la véritable clé de la politique d’efficacité énergétique réside dans la capacité à assurer un financement global de plusieurs centaines milliards d’euros. »

Les gisements d’économies

L’étude distingue trois modes de chauffage : l’électricité, le gaz et le fioul, que ce soit pour le résidentiel ou le tertiaire. Elle aboutit aux résultats suivants, au nombre de 6 pour le résidentiel et de 3 pour le tertiaire :

  • pour le résidentiel, il faut privilégier l’isolation des combles (perdus et habitables) dans les logements collectifs chauffés à l’électricité, au gaz ou au fioul ; l’isolation des parois par l’extérieur dans les logements collectifs chauffés au fioul ; l’isolation des combles perdus dans les maisons individuelles au fioul ; puis viennent l’installation de chaudières collectives gaz à condensation dans les logements chauffés au fioul et situés dans une zone desservie en gaz ; l’installation de chaudières gaz à condensation dans les maisons individuelles chauffées au fioul et situées dans une zone desservie en gaz ; l’installation de pompes à chaleur air/air dans les logements collectifs chauffés au fioul en zone non desservie en gaz.
  • pour le tertiaire, ce sont a mise en place de pompes à chaleur air/air dans le parc équipé de chauffage électrique classique dit à « effet joule » ; la mise en place de chaudières gaz à condensation dans le parc chauffé au gaz ou au fioul ; la mise en place de pompes à chaleur air/eau dans le parc chauffé au fioul.

Mais conclut l’étude, l’effort du Grenelle repose essentiellement sur le secteur du bâtiment (88 %) et peu sur le transport (12 %). Or ses objectifs sont inatteignables « sauf à engager des opérations très onéreuses dont la plus grosse partie devrait être fortement subventionnée. » Alors, que, « à titre d’exemple, dans le transport, une opération à coût quasi-nul – la réduction de la vitesse de 10 km/h sur autoroutes et routes nationales – amènerait plus de 10 TWh de gisement d’économies d’énergie. »

Source : UFE

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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