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Lumières éteintes la nuit dans les bâtiments non-résidentiels ?

extinction lumieres magasinDans le cadre des mesures issues de la table ronde sur l’efficacité énergétique, le gouvernement prépare des arrêtés qui, avant leur sortie font déjà l’objet de commentaires et de demandes de dérogation. Le projet de texte prévoirait d’éteindre les lumières de 1 heure à 6 heures du matin dans les bâtiments non-résidentiels : commerces, bureaux… Il s’agit, selon le gouvernement, d’une mesure qui permet de lutter contre la pollution lumineuse et qui entrainera d’importantes économies d’énergie.

A peine a-t-on eu vent de ce projet que déjà les commerçants commencent à demander des aménagements, voire des dérogations. Ainsi, Claude Boulle, Président de l’Union du grand commerce de centre-ville (UCV), rejoint par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), estime que tout le monde ne doit pas être mis à la même enseigne :

On a demandé que cette réglementation qui s’applique sur tout le territoire soit modulée et qu’il y ait une marge d’appréciation locale en fonction des événements. On ne peut pas traiter de la même manière les grands monuments, les Champs-Elysées et le reste de la ville, [ni] pour des raisons de sécurité, les gares. (…) On met sur la table la possibilité qu’il y ait des adaptations à la vie des gens.

Selon le ministère, il existe deux projets de texte différents. Le premier décret-cadre (issu de la table ronde) oblige les commerçants à éteindre les enseignes lumineuses extérieures aux magasins. Il devrait entrer en application dès le 1er juillet et n’attend plus que son décret  d’application. Ces dispositions concernant les enseignes, seraient, selon le ministère, « plutôt bien acceptées ». Le second projet qui concerne l’éclairage intérieur des vitrines des commerces et des bureaux, ainsi que les façades et les intérieurs des bâtiments visibles de l’extérieur, fait encore l’objet de discussions. Il permettrait d’économiser, selon les calculs du ministère, 2 TWh, soit l’équivalent de la consommation d’électricité de 700 000 ménages environ. « Ça peut faire l’objet d’une certaine souplesse dans la mise en œuvre, rien n’est définitivement arrêté pour le moment« , précise le ministère, qui ne s’engage sur aucun calendrier.

La CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) y voit, elle, un « véritable couvre-feu » à la fois « inapplicable et inacceptable » : « Imagine-t-on réellement retirer de l’argent à un distributeur de billets plongé dans le noir ? » Elle a cependant proposé un abaissement du niveau d’éclairage, mais craint qu’une extinction totale ne fasse déserter par les clients les hôtels et stations-service, dans un environnement plongé dans le noir.

Sources : Le Parisien, L’Expansion