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Luminaris : conférences spécialisées sur la lumière et ses effets

Les avantages apportés par la lumière artificielle sont énormes et indéniables. De nos jours, celle-ci est omniprésente et est devenue synonyme de sécurité, de productivité et d’esthétisme. Malheureusement, trop souvent utilisée avec excès, elle est également associée à la pollution lumineuse. Loin d’être un phénomène isolé, la pollution lumineuse est aujourd’hui globale. En 2001, une étude publiée par la Royal Astronomical Society (Londres), estimait que la pollution lumineuse impactait 19% des terres émergées, 62% de la surface des Etats-Unis et 85% de la surface de l’Union Européenne (1).

 carte de la pollution lumineuse à travers le monde
La pollution lumineuse dans le monde. Cette carte a été élaborée à partir de relevés satellitaires des années 1996/1997. Les niveaux de pollution lumineuse sont exprimés en fonction du ratio luminosité artificielle/luminosité naturelle du ciel nocturne et sont représentés par différentes couleurs. Ratio : 0,11-0,33 – bleu ; 0,33-1 – vert ; 1-3 – jaune ; 3-9 – orange ; 9-27 – rouge ; supérieur à 27 – blanc. Credit: P. Cinzano, F. Falchi (University of Padova), C. D. Elvidge (NOAA National Geophysical Data Center, Boulder). Copyright Royal Astronomical Society. Reproduced from the Monthly Notices of the RAS by permission of Blackwell Science. Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Du point de vue écologique, le terme « pollution lumineuse » désigne la lumière artificielle qui dégrade les cycles de la lumière naturelle (cycle jour/nuit, photopériode et saisons), affecte la composante nocturne de l’environnement et, en conséquence, impacte les organismes vivants. Depuis les années 1980/1990, les études s’accumulent et indiquent que la pollution lumineuse peut modifier l’attrait des espèces animales pour un environnement donné (attraction/répulsion) et leurs capacités à s’y orienter (mésorientation/désorientation), modifier les comportements locomoteurs, alimentaires, reproducteurs et la communication des individus, altérer les équilibres et les compétitions interspécifiques et fragmenter les habitats (2, 3).

Du point de vue médical, le terme « pollution lumineuse » désigne la lumière artificielle qui supprime la production de mélatonine (hormone photosensible aux rôles multiples pour l’organisme), altère les rythmes biologiques et initie une réponse de stress chez l’être humain. Depuis les années 1970, là aussi les études s’accumulent et indiquent que la pollution lumineuse peut être à l’origine de nombreuses pathologies. Notamment, elle a été associée aux troubles du sommeil, aux dépressions, aux désordres métaboliques, aux troubles de la fonction reproductive, aux maladies cardiovasculaires et aux cancers hormono-dépendants (4, 5, 6).

Enfin, la pollution lumineuse implique des coûts énergétiques et financiers non négligeables. Aux Etats-Unis, le coût financier de la pollution lumineuse est estimé à 6,9 milliards de dollars par an et celle-ci génère chaque année 66 millions de tonnes de CO2 (7). Or, Pour l’Agence Internationale de l’Energie, en terme d’éclairage public, il serait possible d’économiser à l’échelle mondiale 30 à 50% de l’énergie consommée en appliquant une politique adaptée et en utilisant les technologies actuelles (8). En France, le parc d’éclairage public est composé de 9 millions de points lumineux, lesquels représentent 48% de la consommation d’électricité des collectivités territoriales et 37% de la facture d’électricité des communes. Or, selon l’Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie, la moitié du parc d’éclairage public français est composé de matériels obsolètes et énergivores. En adoptant les mesures nécessaires, il serait possible de réduire de 30% la consommation d’électricité dudit parc (9).

A l’heure actuelle, il apparaît clairement que les rôles et les impacts de la lumière artificielle, qu’ils soient bénéfiques ou pervers, sont trop souvent méconnus du grand public, des institutions, voire même des professionnels de l’éclairage. Pour combler ces lacunes, informer et sensibiliser, je lance un cycle de conférences dédiées au sujet (conférences thématiques et conférences personnalisées : http://luminaris-conferences.com). M’appuyant sur 3 années d’études doctorales au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN) au sein d’une unité mixte de recherche MNHN/CNRS, plusieurs missions d’expertises et une large connaissance de la bibliographie scientifique, j’interviens partout en France auprès des entreprises, associations, écoles et institutions soucieuses d’acquérir et développer des connaissances relatives à la lumière et à ses effets.

 Article rédigé par Thomas Le Tallec.

Références
(1)        Cinzano P, Falchi F, Elvidge CD (2001) The first world atlas of the artificial night sky brightness. Monthly Notices of the Royal Astronomical Society 328: 689-707.
(2)        Longcore T, Rich C (2004) Ecological light pollution. Frontiers in Ecology and the Environment 2: 191-198.
(3)        Rich C, Longcore T (2006) Ecological consequences of artificial night lighting. Island Press, Washington D.C. pp. 1-13.
(4)        Anisimov VN (2006) Light pollution, reproductive function and cancer risk. Neuroendocrinology Letters 27: 35-52.
(5)        Navara KJ, Nelson RJ (2007) The dark side of light at night: physiological, epidemiological, and ecological consequences. Journal of Pineal Research 43: 215-224.
(6)        Haim A, Portnov BA. (2013) Light pollution as a new risk factor for human breast and prostate cancers. Dordrecht: Springer Netherlands.
(7)        Gallaway T, Olsen RN, Mitchell DM (2010) The economics of global light pollution. Ecological Economics 69: 658-665.
(8)        International Energy Agency (2006) Light’s labour’s lost: policies for energy-efficient lighting. 1-558.
(9)        Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (2010) Éclairer Juste. ADEME édit.

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