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Maîtriser l’empreinte carbone de la France : le nouveau rapport du HCC

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Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) vient de présenter un rapport sur les émissions de CO2 de la France. Celui-ci, intitulé Maîtriser l’empreinte carbone de la France, met l’accent sur les émissions importées, totalement oubliées dans les engagements climatiques du pays. Celles-ci, générées à l’étranger pour des biens et services consommés dans l’Hexagone, alourdissent considérablement le bilan carbone. Le rapport se penche sur les causes et les stratégies à mettre en place pour mieux maîtriser l’empreinte carbone des produits importés.

Maîtriser l'empreinte carbone de la France

Les émissions importées, grandes oubliées de la stratégie de neutralité carbone

« À 11,5 tonnes de CO2-équivalent par habitant, l’empreinte carbone de la France, composée des émissions importées et des émissions de la production intérieure hors exportations, est environ 70% plus élevée que ses émissions territoriales couvertes par ses engagements climatiques actuels », tel est le constat du HCC. Et pourtant, « L’empreinte carbone peut être maîtrisée car elle est, pour plus des trois-quarts, liée aux décisions des entreprises et des ménages sur le territoire français ».

Si l’on ne prend en compte que les émissions produites sur le territoire, soit 6,7 tonnes de CO2-équivalent par habitant, on reste loin du compte. Il faut y inclure aussi celles produites par les échanges internationaux : transports, émissions exportées et émissions importées. Elles alourdissent donc considérablement la contribution de la France au réchauffement climatique et ne sont pas couvertes par ses engagements climatiques actuels.

4 leviers pour améliorer l’empreinte carbone de la France

Le HCC définit quatre leviers pour mieux maîtriser ces émissions et accélérer ainsi la réduction de l’empreinte carbone. Le premier consiste à mieux accompagner les entreprises pour mieux prendre en compte les émissions de leur chaîne d’approvisionnement. « La décarbonation par filière doit s’accompagner d’un score carbone sur les produits, articulé avec les autres indicateurs environnementaux » préconise l’instance consultative.

Le second levier porte sur une meilleure information des consommateurs français, concernant l’impact climat des biens et services. Ils en sont demandeurs. La mise en place du score carbone évoqué plus haut contribuerait également à une meilleure compréhension des consommateurs de leur empreinte carbone personnelle.

La politique commerciale de la France dépend de l’Union européenne. Les accords commerciaux devraient mieux prendre en compte les considérations climatiques. Pour soutenir les efforts des entreprises européennes dans leur décarbonation, le troisième levier réside dans la mise en place d’un ajustement carbone aux frontières. Il doit cependant être conçu et suivi pour en maximiser les effets sur les émissions et en minimiser les impacts.

Dernier point : la France doit orienter l’ensemble de sa coopération internationale vers le renforcement des engagements dans le cadre de l’accord de Paris. En effet, les émissions importées de la France dépendent en premier lieu du profil d’émissions des pays avec qui elle échange.

Déforestation importée et transports internationaux à ne pas oublier

D’autre part, le Haut Conseil pour le Climat met l’accent sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée. Celle-ci contribue au réchauffement climatique, mais n’est pas prise en compte dans l’empreinte carbone de la France. Il demande que cette action soit « mieux suivie et évaluée sur la base d’indicateurs adéquats ».

Enfin, un plafond indicatif des émissions de gaz à effet de serre pour l’empreinte carbone et pour les émissions des transports internationaux dès 2022 doit être stipulé par le gouvernement dans la loi énergie-climat. Il doit être cohérent avec les engagements internationaux de la France d’atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Le HCC rappelle que « Un objectif de réduction des émissions importées d’au moins 65% d’ici à 2050 et de l’empreinte carbone de 80% par rapport à 2005 permettrait de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, et permettrait à la France d’affirmer son leadership mondial ». Selon ses préconisations de 2019, les émissions de transports internationaux, aériens comme maritimes, doivent donc être incluses dans l’objectif de neutralité carbone de la France et bénéficier d’une stratégie spécifique.

Source : Haut Conseil pour le Climat

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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