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Météo-France : Paris face au changement climatique

Météo-France s’appuie sur plus de 100 ans de relevés ininterrompus des mesures de température à Paris (Observatoire du parc Montsouris) pour retracer l’évolution du climat passé en Ile de France et établir des projections sur le climat à venir. Pour la seconde moitié du XXIème siècle, selon les scénarios considérés, les températures moyennes en hiver pourraient monter jusqu’à +4° et celles d’été jusqu’à +5°, sans politique climatique pour enrayer le changement. Les services météorologiques assistent la ville de Paris dans son adaptation.

Plus d’un siècle de relevés ininterrompus

La première température relevée avec un thermomètre à Paris a été notée le 25 mai 1658, 4 rue des Poitevins Il faisait alors 16° C à midi. Cette journée marque le début de la plus longue série de températures mensuelles basées sur des mesures effectives.

Les climatologues disposent de 355 années de mesures qui permettent d’analyser le climat parisien au fils des siècles. Cela met en évidence une alternance de 12 phases chaudes et froides d’une durée moyenne de 30 ans, mais aussi l’envolée récente des températures dont l’amplitude dépasse les fluctuations du passé. Toutes ces données anciennes, aujourd’hui soigneusement archivées, servent à faire avancer la recherche sur le climat.

L’évolution du climat passé en Ile de France

changement climatique à ParisSur les 50 dernières années, les températures annuelles ont augmenté d’environ 0,3° par décennie. Les 5 années les plus chaudes jamais enregistrées ont été observées au XXIème siècle. C’est l’été qui se réchauffe le plus, avec une hausse de 0,4° par décennie, suivi par le printemps (0,3°) En automne et en hiver, les valeurs sont légèrement moins fortes : 0,2° à 0,3° par décennie.

En ce qui concerne les précipitations, les cumuls annuels sont en légère augmentation, mais cette évolution est cependant peu marquée. Tout juste note-t-on des automnes légèrement plus secs et un tout petit peu plus d’humidité les autres saisons. Les variations restent cependant faibles.

En revanche, le nombre annuel de jours de gel diminue. Pour la période 1059-2009, l’Ile de France a perdu 3 à 4 jours de gel par décennie. Parallèlement, les journées chaudes augmentent de l’ordre de 3 à 6 jours par décennie.

De plus, les sols s’assèchent au printemps et en été de 4 % de plus. « Cette évolution se traduit par un léger allongement moyen de la période de sol sec en été et d’une diminution faible de la période de sol très humide au printemps. Pour les cultures irriguées, cette évolution se traduit potentiellement par un accroissement du besoin en irrigation » note Météo-France. Les sécheresses sont aussi plus fréquentes : 10 années sur 14 ont dépassé la moyenne des surfaces touchées au XXIème siècle.

L’évolution du climat à venir

Trois scénarios ont été envisagés :

  • RCP2.6 : scénario intégrant une politique climatique visant à faire baisser les concentrations en CO2 ;
  • RCP4.5 : scénario avec une politique climatique visant à stabiliser les concentrations en CO2 ;
  • RCP8.5 : scénario sans politique climatique.

Changement climatique ParisQuel que soit le scénario envisagé, les projections climatiques montrent une poursuite du réchauffement annuel jusqu’aux années 2050. En revanche, l’évolution dans la seconde moitié du XXIème siècle diffère selon les scénarios envisagés. Un seul stabilise le réchauffement :RCP2.6. Le scénario RCP8.5 laisse prévoir un réchauffement de 4° à l’horizon 2071-2100, et jusqu’à 5° en été.

Mais les précipitations annuelles montrent peu d’évolution d’ici la fin du siècle. Cela masque cependant des contrastes saisonniers importants.

En Ile de France, les journées chaudes pourraient augmenter de l’ordre de 16 jours par rapport à la période 1976-2005, selon le scénario RCP4.5. Les journées de gel devraient se raréfier : à l’horizon 2071-2100, de l’ordre de 20 jours par rapport à la période 1976-2005, ou 30 jours selon le scénario considéré.

De même, les sols devraient continuer à s’assécher de manière importante en toute saison : « L’humidité moyenne du sol en fin de siècle pourrait correspondre aux situations sèches extrêmes d’aujourd’hui » selon Météo-France. Cette évolution se traduit par un allègement moyen de la période de sol sec de l’ordre de 2 à 4 mois, tandis que la période humide se réduit dans les mêmes proportions.

Adapter la ville au changement climatique

Météo-France accompagne la ville de Paris depuis plus de 10 ans pour l’adapter au changement climatique. Le nouveau plan climat détaille plus de 500 mesures pour arriver aux objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Elle s’appuie sur les résultats des projections climatiques du 5ème rapport du GIEC, régionalisé par Météo-France, et sur le projet EPICEA (Etude pluridisciplinaire des impacts du changement climatique à l’échelle de l’agglomération parisienne). Il a pour objectif de quantifier l’impact du changement climatique sur l’agglomération parisienne. Ces travaux ont servi de base à la partie climatique de la stratégie de résilience de la ville, adoptée en 2017.

Source : Météo-France

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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