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Microplastiques dans l’eau : les enseignements de la mission Tara

L’expédition de la goélette scientifique de la Fondation Tara Océan dans les fleuves européens y a mis à jour l’omniprésence des microplastiques, ainsi que les enjeux qu’ils représentent sur la biodiversité et par leur toxicité. A l’heure où la loi anti-gaspillage va être examinée à l’Assemblée, la fondation rappelle les mesures urgentes qui doivent être prises pour réduire à moyen et long terme ces déchets à la source.

des microplastiques omniprésents dans les eaux

2 700 échantillons en provenance de 9 fleuves

Pendant 6 mois, la goélette Tara a parcouru les façades maritimes de l’Europe. Elle a prélevé 2 700 échantillons dans les 9 principaux fleuves d’Europe : Tamise, Elbe, Rhin, Seine, Èbre, Rhône, Tibre, Garonne, Loire, aux embouchures et en aval et en amont de la première grande ville rencontrée. Son objectif : identifier les sources de pollution, comprendre la fragmentation des microplastiques, prédire leur dispersion et comprendre leurs impacts sur la biodiversité marine et sur la chaîne alimentaire.

Les résultats des analyses des échantillons prouvent que les microplastiques sont déjà omniprésents dans les fleuves : 100 % des prélèvements d’eau effectués en contenaient. Microbilles (que l’on trouve dans certains cosmétiques, dentifrices…), mais aussi fragments visibles à l’œil nu, appelés « microplastiques secondaires », issus de la fragmentation des plastiques due au soleil.

Des microplastiques omniprésents

Inférieurs à 5 mm, ces microplastiques représentent 90 % des 5 000 milliards de morceaux de plastique flottant à la surface de nos océans. « Cette première observation apporte un nouvel éclairage à notre vision de la pollution plastique en mer. Nous avons longtemps pensé que la transformation des plastiques en microplastiques se produisait en mer, sous l’effet du soleil et des vagues. Or, le processus semble bien se produire également dans les fleuves et leurs bassins versants. Les recherches qui débutent dans les 17 laboratoires partenaires permettront d’ici quelque temps de mieux comprendre les phénomènes de fragmentation du plastique, de quantifier ce qui vient des fleuves et d’évaluer la nature des plastiques pour pouvoir orienter les mesures à prendre », indique Jean-François Ghiglione, du CNRS, directeur scientifique de la mission.

Parallèlement, les recherches ont porté sur la toxicité de ces plastiques. Car si avant leur submersion ces plastiques n’en présentent aucune, après un séjour d’un mois dans un fleuve, celle-ci s’avère élevée. D’une part, ils relarguent leurs additifs (bisphénol A, phtalates). D’autre part, ils agissent comme des « éponges à polluants » (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds…). Ils ont ainsi des effets toxiques sur les organismes qui les ingèrent (retard de croissance, reproduction, perturbation du métabolisme et du système hormonal).

Ces prélèvements vont dans les mois à venir permettre la comparaison des déchets : dégradation, décomposition, etc. Ces microplastiques représenteront donc des indices permettant de remonter à leur origine, d’identifier les foyers de dispersion et de cibler les plus fortes concentrations, pour agir, demain, à la source. Ils permettront de plus d’identifier les bactéries pathogènes et / ou les microorganismes capables de jouer un rôle dans la fragmentation et la biodégradation des plastiques.

Les solutions sont à terre

Pour Romain Troublé de la Fondation Tara Océan, « cette vaste proportion de microplastiques déjà impossible à collecter en mer et charriée aussi par nos bassins versants et nos fleuves, rend impossible le nettoyage des fleuves. Les solutions contre cette hémorragie sont définitivement à terre ». Et la fondation propose 5 mesures urgentes :

  • « Améliorer considérablement la collecte et le recyclage des déchets par exemple via la consigne des emballages de boissons
  • Réduire drastiquement les plastiques jetables, à usage unique tels que les emballages
  • Réduire le nombre de résines et la complexité des additifs utilisés dans la fabrication des objets en plastique
  • Développer des emballages écoconçus pour les substituer aux matériaux problématiques comme le polystyrène expansé
  • Adopter des lois fixant un calendrier de réduction à la source de tout type d’emballages jetables, en cohérence avec les directives européenne ».

De plus, selon la fondation, le consommateur doit être justement informé. Pour cela, elle appelle à réglementer l’usages des termes « recyclable », « recyclé », « compostable », et « biodégradable ».

Source : Fondation Tara Océan

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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