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Nucléaire : trop lent et trop cher pour sauver le climat

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Energie nucléaire trop lente et trop coûteuseSi l’énergie nucléaire est bien décarbonée, elle ne peut cependant pas être efficace dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle est trop coûteuse et trop lente et perd du terrain face aux énergies renouvelables. Telles sont les conclusions du World Nuclear Industry Status Report (WNISR), paru en septembre.

Stabiliser le climat : une urgence

Les auteurs de cet état des lieux de l’énergie nucléaire estiment que les nouveaux générateurs éoliens et solaires la concurrencent efficacement les centrales existantes dans la lutte contre le réchauffement climatique, que ce soit en temps de construction ou en coût. Les capacités de production renouvelable augmentent maintenant plus rapidement que celles de toutes les autres filières.

« Il est urgent de stabiliser le climat. Le nucléaire est lent. Il ne répond à aucun besoin technique ou opérationnel que les concurrents sobres en carbone ne puissent satisfaire mieux, à un prix moins élevé et plus rapidement », souligne ainsi Mycle Schneider, qui a coordonné la rédaction du rapport. « Pour protéger le climat, nous devons réduire le plus de carbone possible au moindre coût et dans les meilleurs délais ».

Un temps de construction trop long

Pourtant les capacités de production de l’énergie nucléaire n’ont encore jamais atteint à l’échelle mondiale le niveau actuel : 370 gigawatts à mi-2019, soit une augmentation de 3,4 % par rapport à l’année passée. Mais la part de cette filière reste d’un peu plus de 10 % dans la production d’électricité, du fait de la croissance rapide des énergies renouvelables.

Bien que la World Nuclear Association table sur une période de 5 à 8 ans et demi pour la construction d’un réacteur, le WNISR de 2019 l’évalue en moyenne à un peu moins de 10 ans depuis 2009. Et ce délai supplémentaire implique des conséquences majeures en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre : en attendant on prolonge la durée de vie des centrales thermiques.

Des coûts trop importants

Côté coûts, la situation n’est pas non plus favorable au nucléaire. Le coût de production d’un mégawattheure (MWh) solaire varie entre36 et 44 dollars, celui d’un MWh éolien de 29 à 56 dollars. Or, pour un MWh nucléaire, la fourchette se situe entre 112 et 289 dollars. Même chose si l’on comparer les coûts de construction et d’exploitation des centrales : en baisse de 88% pour le solaire et de 69% pour l’éolien, ils augmentent de 23% pour le nucléaire.

La Chine par exemple a consacré 91 milliards de dollars au développement des énergies renouvelables en 2018, contre 6,5 milliards à l’atome. Et si elle a construit une quarantaine de réacteurs au cours de la dernière décennie, elle n’a plus aucun nouveau projet depuis 2016. La production de sa filière est d’ailleurs inférieure d’un tiers à celle de l’éolien.

Sources : Reuters, L’Usine Nouvelle

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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