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Observatoire Climat-Energie : des objectifs non-respectés pour la France

Selon le dernier Observatoire Climat-Energie, la France n’a pas respecté ses objectifs en matière de diminution des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) pour 2021. Alors que l’année 2021 était encore marquée par le ralentissement provoqué par le Covid, les résultats laissent craindre une reprise encore plus forte des émissions pour cette année.

Observatoire Climat-Energie

Un rapport annuel de l’Observatoire Climat-énergie

L’Observatoire Climat-Energie a été conçu par le Réseau Action Climat (RAC) et est co-porté par l’ADEME, le CLER, Entreprises pour l’Environnement et l’IDDRI. Il permet de faire un constat de la situation actuelle et d’évaluer les tendances pour l’atteinte de la neutralité carbone en 2050. L’étude portant sur l’année 2021 a été publiée le 22 septembre.

L’Observatoire Climat-Energie compare les émissions nationales par rapport aux objectifs qui ont été définis par la France dans le cadre de ses feuilles de route, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Pour arriver à la neutralité carbone en 2050, c’est-à-dire des émissions de GES résiduelles entièrement compensées par des puits de carbone, la France s’est donc fixé une trajectoire.

Les objectifs climat

Les émissions brutes

L’année post-Covid, 2021 a connu un rebond de l’activité. En ce qui concerne les objectifs climat, cela s’est traduit par un rebond des émissions brutes de GES, c’est-à-dire la somme de toutes les émissions des différents secteurs sans l’absorption par les forêts et sols. Sur ce point, l’objectif 2021 a cependant été respecté : 418,2 MtCO2e émises sur un budget carbone de 422,1 MtCO2e. Cela représente donc -3,9 MtCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021.

Les émissions nettes

Il n’en va pas de même pour les émissions nettes, c’est-à-dire l’intégralité des émissions de gaz à effet de serre nationales auxquelles ont été retranchées le CO2 absorbé par les sols et la forêt. Avec 404,4 MtCO2e émises pour un objectif de 384 MtCO2e, la France a connu un rebond de plus de 20 MtCO2e : l’objectif n’est donc pas respecté.

Le principal écart vient de la moindre absorption des émissions par les forêts et les sols, selon l’Observatoire Climat-Energie : « la part indicative annuelle du budget carbone est quant à elle dépassée de 20,4 millions de tonnes équivalent CO2, compte tenu de la dégradation depuis plusieurs années du puits forestier ». Artificialisation des sols, sécheresse et incendies mettent à mal l’absorption de CO2.

Une baisse d’émissions insuffisante

Pour les secteurs émetteurs, actuellement, la baisse des émissions de GES reste insuffisante. Si le secteur des transports (-3,5 MtCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021) et celui du bâtiment (-1,8 MtCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021) parviennent de justesse à respecter leur budget carbone, ce n’est pas le cas de l’agriculture, qui ne s’en tire cependant pas trop mal avec +0,8 MTCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021, mais encore moins de l’industrie (+2,8 MTCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021) et surtout des forêts et des sols (+24,4 MTCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021).

Pour l’industrie, elle doit avancer plus rapidement dans sa transition, et ce malgré la reprise économique, selon l’Observatoire Climat-Energie. En ce qui concerne les forêts et les sols, selon Zélie Victor, responsable de la transition énergétique au Réseau action climat, l’objectif d’absorption a été « surévalué ». « Ça nous rappelle surtout qu’il va falloir avant tout miser sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et pas seulement sur leur absorption et mieux prendre en compte aussi le développement et la préservation des forêts et des sols », souligne-t-elle.

Les objectifs énergie

En ce qui concerne les objectifs énergie, aucun des objectifs n’a été respecté. « La France est encore fortement dépendante des énergies fossiles, notamment dans ses capacités non électriques. Les produits pétroliers raffinés et le gaz naturel représentent quasiment la moitié de la consommation énergétique nationale », note l’Observatoire.

Pour les énergies fossiles, la France a consommé 15 TWh de plus que prévus, atteignant donc les 1235 TWh en 2021 (France métropolitaine), alors que l’objectif était de 1220 TWh. La consommation d’énergie finale en métropole corrigée des variations climatiques en 2021 a été de 1586 TWh, soit +13 TWh par rapport à la trajectoire de la PPE pour 2021.

Enfin, pour la part d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie, la France aurait dû atteindre23,7 % dans la consommation finale brute d’énergie pour 2021 pour respecter la trajectoire de ses objectifs. Elle n’a atteint que 19,3 % d’énergies renouvelables, soit -18,4 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie brute en 2021 par rapport à la trajectoire de la PPE 2019.

Source : RAC

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