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Observ’ER : le baromètre 2011 de la filière photovoltaïque

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solaire photovoltaique residentielAprès le bilan de la filière éolienne pour l’année 2011, que nous avons examiné dans l’article du 9 mars, l’Observatoire des Energies Renouvelables présente un bilan complet de la filière photovoltaïque. Et dans ce secteur, les bons chiffres apparents (pour l’année 2010, et le premier semestre 2011) ne doivent pas cacher les réelles difficultés actuelles, et la perte de nombreux emplois. Le rapport relève que « après avoir été le porte-étendard de la volonté du gouvernement d’engager le pays dans la voie de la croissance verte, associant enjeux énergétiques et emplois, la filière est actuellement en pleine crise de confiance. »

Des chiffres de marché très prometteurs…

Obser’ER note donc des chiffres encore corrects, puisqu’ils s’arrêtent à la fin du premier semestre 2011. Fin juin 2011, la puissance installée était de 1 679 MWc dans la filière photovoltaïque pour un objectif de 1 100 à fin 2012 et de 5 400 en 2020, dont 767,6 MWc au cours de l’année 2010. Pendant cette même période, la production s’élevait à 656 GWh pour un secteur qui comptait 24 310 emplois.

Ce parc installé classait la France au 5ème rang européen, très loin derrière l’Allemagne (17 370 MWc) et avec un gros retard sur des pays comme l’Espagne et l’Italie. Pourtant, depuis son lancement au milieu des années 2000, le secteur connaissait un taux de croissance annuel de 58 %.

… mais qui cachent  un profond malaise

Mais les baisses successives des tarifs d’achat, désormais ajustés tous les trimestres, et l’annonce du moratoire de 3 mois, décidé en décembre 2010 sont passés par là et ont interrompu la dynamique de croissance. D’autant plus que d’autres difficultés s’y ajoutent : l’engorgement des demandes en attente de raccordement, les questions sur la part du photovoltaïque dans la CSPE (contribution au service public de l’électricité) et des reportages des médias sur des installations effectués par des installateurs non compétents, qui entachent son image de marque.

De nouvelles dispositions réglementaires sont d’autre part contestées par les industriels et un sentiment de colère de ne pas être écoutés domine chez les professionnels du secteur.

Le recours systématique à l’intégré au bâti en France est très critiqué par les professionnels. D’un point de vue architectural, l’intégration est effectivement la meilleure solution, mais dans la plupart des cas, une simple surimposition en toiture est plus adaptée techniquement, notamment au niveau de l’étanchéité, et est par ailleurs plus économique. La France reste l’un des seuls pays européens à chercher à développer ce type d’installation. Le savoir-faire français en la matière n’a pour l’instant pas su s’exporter.

Si les tarifs restent favorables pour les installations intégrés au bâti des locaux d’habitation, d’enseignement ou de santé, celui des grandes toitures et des centrales au sol n’est plus que de 12 centimes d’euro le kilowattheure. Les appels d’offres à partir de 100 kWc, un parcours administratif compliqué (qui dure de 39 semaines pour les installations résidentielles à 220 semaines pour les poses au sol) et des objectifs désormais limités à 500 MWc installés annuels ne favorisent pas non plus le développement de la filière.

Si les chiffres d’installation du premier semestre 2011 restaient bons (demandes acceptées avant le moratoire) : 599 MWc installés, soit 143 % de plus qu’au premier semestre 2010, le rythme ralentira sérieusement les mois suivants. Et paradoxalement, c’est le segment des particuliers, pourtant moins touché par les baisses de tarifs d’achat, qui enregistre aujourd’hui un fort recul.

La vigueur du secteur jusqu’à l’année dernière s’est bien entendu traduite en chiffres d’affaires, dont profitent en grande partie des firmes industrielles étrangères (fabrication des panneaux photovoltaïques) et en emplois. Mais dès 2011, les premières évaluations font état de destruction d’emplois, pas encore précisément estimées, « mais elles se comptabiliseront probablement par milliers« , avec des petites entreprises particulièrement touchées, les appels d’offres étant peu accessibles aux petites structures. Les  grosses entreprises ont de plus la possibilité de se tourner vers l’étranger.

Reste encore un atout à la France, selon Observ’ER, ses efforts en recherche et développement, même si le pys ne prend pas le chemin de l’exportation de panneaux. L’activité de recherche et développement reste cependant un point fort, et doit continuer à déposer des brevets pour l’amélioration des performances et la fiabilité des systèmes, et anticiper les futures ruptures technologiques.

La conclusion d’Observ’ER ne peut donc qu’être pessimiste :

Les PME, qui regroupent une bonne part des emplois photovoltaïques en France, vont devoir se battre pour survivre. Pour préserver leur activité, les représentants de la filière réclament plusieurs réaménagements d’urgence, dont le rétablissement du tarif d’achat pour les projet de 100 à 250 kWc et une régionalisation des tarifs qui tiendrait compte de leur potentiel d’ensoleillement. Sans cela, les projets prévus dans les régions les moins ensoleillées auraient peu de chance de se réaliser au vu des nouveaux tarifs.

De toutes les énergies renouvelables, admet le rapport, la pire situation est vécue par le secteur du photovoltaïque qui connait des destructions d’emplois par milliers.

Source : Observ’ER

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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