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One Ocean Summit, des résultats en demi-teinte

Ni une grande réussite, ni un flop total, voilà l’opinion généralement partagée à l’occasion de la clôture du One Ocean Summit, organisé à Brest du 9 au 11 février. Une quarantaine d’Etats se sont engagés à protéger la haute mer et à lutter contre l’invasion du plastique. Mais s’il y a bien eu des engagements pris, cela en reste aux déclarations d’intention, ce que déplore Greenpeace par exemple.

one Ocean Summit

Un premier sommet mondial de l’Océan

Il s’agit du premier sommet mondial de l’océan et il était organisé à Brest, en coopération avec les Nations Unies et la banque mondiale, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne (UE). 41 Etats ont répondu présents.

Les océans sont indispensables pour réguler le climat et riche en biodiversité, mais ils sont menacés par l’activité humaine. Tous les dirigeants présents sont d’accord sur ce constat. Les questions des déchets plastiques et de la biodiversité ont bien été abordées et les Etats se sont engagés pour faire aboutir des traités. Mais d’autres ont été écartées comme la pêche et l’exploitation des ressources des grands fonds.

Quelques avancées pour ce One Ocean Summit

Aucun accord ni traité donc en conclusion de ce One Ocean Summit. Cependant des coalitions se sont formées autour d’objectifs. Ainsi celle formée par l’UE, à laquelle se sont associés 13 autres pays en faveur d’un Traité de préservation de la biodiversité en haute mer, qui serait signé dès cette année. Il rejoint des négociations en cours à l’ONU depuis 2018.

Une autre d’une trentaine d’Etats s’est formée autour de la préservation par chacun de 30 % de son territoire dès 2030. De plus l’UNESCO s’est engagé à cartographier au moins 80 % des fonds marins d’ici 2030. Cet objectif, d’un coût de 5 milliards de dollars pourrait s’envisager selon 3 axes : en mobilisant une flotte de 50 navires spécialement dédiée à la cartographie des fonds marins, en intensifiant le recours au sonar sur navire autonome et par la transmission par les gouvernements et les entreprises des données cartographiques dont ils disposent.

Deux autres avancées concernent les territoires ultramarins. L’une pour les Terres australes et antarctiques françaises : il s’agit de l’extension de la réserve naturelle nationale qui devient la 2ème plus grande aire marine protégée au monde avec plus de 1,5 million de km2. L’autre, pour la Polynésie française, consiste en la « protection forte » d’une surface de 500 000 km2, avec la création de zones de pêches artisanales exclusives, également sur une surface de 500 000 km2, autour de chacune des 118 îles de Polynésie avant la fin de cette année. La pêche industrielle et l’extraction minière y seront interdites.

Des déclarations, mais sans moyens de mise en œuvre pour Greenpeace

Ce premier sommet mondial de l’océan a laissé certaines ONG sur leur faim. Ainsi Greenpeace qui titre son communiqué One Ocean Summit : la montagne qui accouche d’une souris. L’organisation déplore « des déclarations politiques internationales qui demeurent floues sur de nombreux sujets ». Il y manque principalement des moyens de mise en œuvre concrets. De plus, la position de l’Etat sur l’exploitation minière en eaux profondes est à revoir.

« Les déclarations vont dans le bon sens, mais il est maintenant nécessaire d’aller plus loin : nous attendons des mesures concrètes sur les mécanismes de conservation et de gouvernance. Il manque également des clarifications sur les niveaux de protection des aires marines protégées », explique François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. Il estime que la « protection forte » ne « concernera en réalité que 4% des eaux françaises. On est donc finalement très loin du compte ».

Sources : Le Monde, France-Info, RFI, Greenpeace

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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