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OPECST : La fin des moteurs thermiques coûtera cher

OPECST : fin des moteurs thermiquesSelon une étude de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques), le double objectif d’une très forte diminution des émissions de CO2 des véhicules particuliers et d’une disparition des moteurs thermiques exclusivement d’ici 2040 est réalisable. Mais cette transformation risque de s’avérer coûteuse.

Une étude sur l’atteinte des objectifs

L’OPECST a été chargé par l’Assemblée Nationale d’une « étude approfondie et prospective qui permettrait d’élaborer des scénarios technologiques permettant d’atteindre l’objectif fixé pour l’échéance de 2040 ». Le secteur des transports et particulièrement des véhicules particuliers est en pleine mutation depuis quelques année, en raison de changements techniques et réglementaires.

Cinq facteurs principaux incitent à cette mutation vers des solutions plus respectueuses de l’environnement que les véhicules à moteurs thermiques : « la lutte contre le changement climatique, l’amélioration de la qualité de l’air, la diminution de la pollution sonore, la réduction de la dépendance énergétique, et la nécessité de s’inscrire dans un marché automobile mondiale en mutation rapide ».

Le marché se transforme désormais rapidement au profit de véhicules à faible émission : la croissance des véhicules électrifiés suit une courbe exponentielle. Les constructeurs annoncent pour leur part des investissements impressionnants dans ce domaine.

Des scénarios de remplacement des moteurs thermiques

L’étude de l’OPECST envisage trois scénarios différents : Médian, Pro-batterie et Pro-hydrogène. Dans le premier, les progrès de la R&D sur les batteries et les piles à combustible sont conformes aux attentes des scientifiques. Dans le second, ils sont plus rapides qu’attendu, et le prix des batteries baissent plus vite. Dans le troisième, les progrès des piles à combustible et des réservoirs à hydrogène s’accélèrent, tout comme la baisse des prix.

Le scénario Pro-batterie amène à des résultats presque similaires au Médian, mais « les ventes de véhicules électrifiés sont simplement anticipées de quelques années ». « Le scénario Pro-hydrogène démontre que cette technologie pourrait jouer un rôle important », à la double condition de progrès techniques beaucoup plus rapides que prévu (accompagnés donc d’une baisse des prix) et d’un fort soutien public (aide à l’achat).

Dans les trois scénarios, les émissions de CO2 baissent fortement, après une hausse en début de période. « Dans les scénarios Médian et Pro-batterie, les émissions de CO2sont divisées par 5 entre aujourd’hui et 2040, pour atteindre les objectifs de décarbonation des transports, notamment la neutralité carbone, en 2050 » précise l’étude.

Une mutation coûteuse

Cependant, « Les coûts associés à cette transition sont très élevés, de l’ordre de plusieurs centaines de milliard d’euros cumulés sur une période de 20 ans ». L’impact financier le plus important réside dans la disparition progressive de la taxe sur les produits pétroliers (TICPE : taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).

Il faut aussi compter les coûts liés aux infrastructures nécessaires au déploiement de ces véhicules : bornes de recharge aisée (au logement ou sur le lieu de travail, ou encore sur la voie publique) ou stations d’hydrogène.

Parallèlement il est nécessaire de maintenir les aides à un niveau suffisant, car « le surcoût des véhicules électriques à l’achat reste un problème majeur pour le développement de ce marché ». Et il faut « convaincre les Français », en leur montrant « que l’achat d’un véhicule électrique peut être intéressant sur le long terme, à la fois en termes financiers et de protection de l’environnement ».

« Aussi, les rapporteurs proposent-ils la création, sur le modèle de l’étiquette énergie pour les logements, d’un label permettant aux consommateurs de visualiser simplement, pour un véhicule, son coût total de possession et ses émissions tout au long de sa vie, sur la base d’une utilisation moyenne » précise l’OPECST.

S’ils estiment l’atteinte de l’objectif de disparition des moteurs thermiques et de baisse conséquente des émissions de CO2, les rapporteurs estiment aussi « qu’il faut agir avec prudence, en préparant ces transformations à l’avance, en prévoyant les mesures d’accompagnement nécessaires, et en laissant à chacun des acteurs la possibilité de jouer entièrement son rôle ».

Source : Sénat

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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