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Poissons d’élevage : l’agroécologie pour répondre à l’appétit mondial

A l’occasion du Congrès international Aqua 2018, qui s’est déroulé fin août à Montpellier et a regroupé des participants de 60 nationalités, l’agroécologie était au cœur des débats. La demande mondiale en poissons des consommateurs ne cesse de s’accroître. Mais la pêche ne peut en fournir plus. Face à ce problème, l’agroécologie peut apporter des réponses, en réduisant les conséquences négatives sur l’environnement de la production de masse de poissons d’élevage.

Agroécologie et élevage de poissons

Une consommation de poisson qui explose

La consommation annuelle de poisson a littéralement explosé depuis quelques décennies : elle représente actuellement 20,5 kg par habitant de la planète, selon les dernières estimations de l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), contre 8kg en 1961. Et la population de la planète a plus que doublé durant cette période.

Mais cette demande supplémentaire, « aujourd’hui, la pêche ne peut pas la produire, parce que la pêche plafonne« , explique Lionel Dabbadie chercheur en aquaculture au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), et organisateur du congrès Aqua 2018. « Même avec des mesures de pêche durable, de pêche responsable, on va maintenir les stocks, peut-être un peu améliorer, mais on ne va pas beaucoup augmenter, donc l’essentiel de l’augmentation devra être apporté par la pisciculture. »

Depuis quelques années, l’aquaculture fournit plus de la moitié du poisson consommé par l’humanité : elle contribue pour près de 53 % au 171 millions de tonnes de poissons produites en 2016, selon le dernier rapport de la FAO. « En volume, on élève désormais plus de poissons d’élevage que de bovins, et cette tendance ne devrait pas s’inverser dans les prochaines années en raison de la croissance démographique mais aussi des bénéfices nutritionnels de ces produits. L’accroissement rapide de la production a cependant parfois eu des impacts environnementaux et sociaux négatifs, que les filières aquacoles cherchent aujourd’hui à réduire« , note le Cirad dans un communiqué.

« On va produire plus de poissons mais pour pouvoir le faire, on est obligé d’avoir moins d’impact sur l’environnement« , précise Lionel Dabbadie. Mais pour cela, il faut faire appel aux principes de l’agroécologie.

L’agroécologie à la rescousse

L’agroécologie, c’est une approche basée sur l’utilisation des principes et concepts de l’écologie, « dans le but d’optimiser les interactions entre les plantes, animaux, humains et l’environnement, tout en prenant en compte les services écosystémiques et les aspects sociaux indispensables à la durabilité et à l’équité des systèmes alimentaires« , commente le Cirad.

« Il y a deux types de systèmes« , détaille le chercheur, avec d’abord « les systèmes traditionnels d’agroécologie, comme la rizi-pisciculture en Asie : cette pratique existe depuis plus d’un siècle à Madagascar. Elle consiste à élever des poissons dans les rizières. Les carpes vont avoir un comportement fouisseur (en creusant le sol) au niveau de la vase, et elles vont remettre en suspension les sels nutritifs qui vont permettre d’augmenter le rendement du riz« .

La production de riz s’accroît, ce qui bénéficie en retour aux poissons : ils se nourrissent du périphyton, soit les végétaux aquatiques qui vont se développer sur les tiges de riz. A Madagascar, ce système possède de grosses marges de développement, car il manque des fournisseurs d’alevins sur l’île.

Autre forme d’agroécologie, l’évolution des élevages conventionnels dans une démarche plus durable. Certains élevages de saumons norvégiens accueillent des lompes « de petits poissons nettoyeurs pour éradiquer les poux de mer qui prolifèrent sur les écailles des poissons que le pays souhaite produire en quantité toujours plus importante dans les années à venir. Le recours aux lompes permet d’éviter les produits phytosanitaires. »

Enfin près de grands centres urbains, et notamment en Asie, l’aquaponie (culture hors sol de légumes ou de fruits enrichie par les excréments de poissons d’élevage) peut elle-aussi donner des perspectives plus durables aux usines à légumes qui se développent.

Sources : Agrisalon, Cirad

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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