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Pollution de l’air et gaz à effet de serre : différences et impacts

On attribue souvent la pollution de l’air aux seuls gaz à effet de serre (GES). Il y a cependant d’autres coupables, dont les particules fines. Elles ont un impact très important sur la santé des personnes. De nombreux décès sont attribuables aux particules fines. C’est donc un enjeu majeur de santé publique.  

Polluants : de quoi parlons-nous ?

Définition

Quelle est la définition d’un polluant atmosphérique ? C’est un gaz ou une particule en suspension dans l’air qui résulte des activités humaines ou de sources naturelles. La pollution de l’air est le résultat de la modification de la composition de l’air par ces polluants. Ils peuvent être nuisibles à la santé, aux écosystèmes ou contribuer au changement climatique.   

Pollution de l'air : les gaz à effet de serre et les particules fines

Respirer est si naturel ! On en oublie souvent l’importance de la qualité de l’air pour notre santé et pour l’environnement.   

On distingue deux types de polluants :   

  • Ceux interagissant avec le climat : les gaz à effet de serre (GES). Présents à l’état naturel dans notre atmosphère, l’augmentation de leur concentration du fait des activités humaines est responsable de l’augmentation de la température moyenne de la planète et du dérèglement climatique ;  
  • Ceux ayant un impact sur la santé qu’on appelle souvent polluants par abus de langage. Ils ont des effets directs mais surtout chroniques. Ces effets peuvent être des picotements des yeux, une irritation du nez et de la gorge ou encore une aggravation des symptômes d’asthme. Autrement dit, c’est un enjeu majeur de santé publique. Santé publique France estime que pour la période 2016 -2019, 40 000 décès par an sont attribuables à la pollution de l’air dues aux particules fines.  

Les effets de la pollution de l'air sur la santé des citoyens.
Les effets de la pollution de l'air sur la santé des citoyens. Source : Ministère de la Santé.

La première source de pollution de l’air en France correspond à nos activités : se déplacer, se chauffer, brûler des déchets verts, produire des produits manufacturés…  

La pollution de l’air n’est pas liée à un seul secteur d’activité ou à un seul polluant ! 

Les principaux polluants et leurs principales sources (transports, résidentiel, agriculture et industrie).
Les principaux polluants et leurs principales sources. Source : ADEME.

Le secteur des transports : mauvais élève en matière d'émission de GES et de pollution de l'air

Le secteur des transports fait partie des secteurs les plus émetteurs en matière de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la comparaison entre le véhicule thermique et électrique révèle la complexité de l’enjeu entre la pollution de l’air et l’émission de CO2. Autrement dit, c’est un bon exemple à traiter ! Cela permet de comprendre la nécessité d’étudier un sujet de manière systémique avant d’identifier les solutions requises.  

Véhicule thermique VS électrique : une comparaison révélatrice de la complexité de l’enjeu entre la pollution de l’air et les gaz à effet de serre

Avant de rentrer dans le vif du sujet, une définition : celle du cycle de vie. Pour comparer deux produits entre eux, il est important de s’y intéresser. Le cycle de vie d’un produit désigne toutes les étapes qu’il traverse. Les différentes étapes sont les suivantes : fabrication, transport, utilisation, élimination. 

Revenons à nos moutons ! Comparons maintenant un véhicule électrique à un véhicule thermique qui ont des durées de vie similaires. Si on prend en compte tout le cycle de vie de la voiture électrique, celle-ci est moins émettrice. En effet, les émissions sont réduites d’environ 50%. Ce chiffre provient de l’ADEME (« Les potentiels du véhicule électrique »).

Oui, mais… Qu’en est-il de la pollution de l’air et des enjeux de santé liés aux particules ?    

50% des particules générées par le trafic routier ne proviennent pas des émissions à l’échappement. Ce chiffre provient du Joint Research Centre de la Commission Européenne.  Avec 16 à 55% des particules fines de type PM10, les freins représentent le plus important poste d’émissions de ce type de particules. Ce poste est suivi par le poste « contact pneu-chaussée » représentant entre 5 et 30% des émissions. 

Depuis 1990, on constate une baisse des émissions sortant des pots d’échappement. Cela s’explique entre autres par la généralisation du filtre à particules diesel. Mais aussi par la sortie progressive du parc des véhicules non équipés de filtre à particules. Ainsi, si les véhicules électriques permettent d’économiser de facto le poste d’émissions liés au gaz à échappement, ils sont tout autant concernés par les autres émissions. Le graphique suivant montre plus en détails la quantité de particules émise par les véhicules thermiques et les véhicules électriques.   

Un comparatif de la quantité de particules fines (PM10 et PM2,5) émise par les véhicules thermiques versus les véhicules électriques.
La quantité de particules fines émise par les véhicules thermiques et les véhicules électriques.

Comme on le constate sur le graphique, les émissions de particules sont relativement proches entre les véhicules électriques et les thermiques. La différence s’explique par le freinage régénératif des véhicules électriques. En effet, ce freinage permet de moins émettre. Néanmoins, ces émissions sont très dépendantes de la masse du véhicule. Cela impacte notamment la largeur des roues, augmentant les émissions relatives aux pneus et facilitant la remise en suspension. Or, la tendance est aux véhicules lourds afin de maximiser l’autonomie. Il y aura donc peu de baisse de ce type d’émissions.   

Par ailleurs, notons que la fabrication des véhicules électriques est la plus impactante du cycle de vie sur l’environnement. L’impact est équivalent à celui des véhicules thermiques. Cependant, les conséquences sont différentes, notamment sur l’acidification des milieux. Il s’agit de l’augmentation de la teneur en substances acides dans l’atmosphère. Dans ce cas de figure, l’impact est 25% supérieur à celui des véhicules thermiques.   

Mobilité durable : quelles solutions pour les entreprises de transport et les collectivités ?

À court terme, la mobilité électrique permet de moins émettre de CO2. Cela permet aussi de supprimer la part des particules d’échappement. Toutefois, la question des particules hors échappement demeure. Un simple remplacement du parc thermique ne sera pas suffisant ! Il faut prendre en compte d’autres paramètres. À savoir le poids du véhicule, les usages et l’absence de réglementation sur les freins ou les pneus.  

Comment agir ? Face la complexité du sujet, les entreprises et collectivités peuvent se faire accompagner. Voici quelques-unes des solutions proposées par notre équipe chez Eco CO2 :  

  • Le programme MOBY a pour objectif l’accompagnement des collectivités territoriales et des établissements scolaires à l’écomobilité traitant ainsi des enjeux GES et qualité de l’air à travers le recours aux mobilités douce, pour des bénéfices environnementaux et de santé publique ;   
  • Les entreprises de transport et de logistique sont concernées par le programme EVE, et disposent ainsi d’un accompagnement subventionné pour les aider à réduire leur impact environnemental.  
  • Pour toutes les entreprises et les collectivités, notre équipe vous accompagne pour l’élaboration de votre bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES ou Bilan Carbone®) ou le suivi de votre stratégie climatique. Les experts d’Eco CO2 sont à votre disposition sur ce sujet  ! 

Pour aller plus loin 🚀

Notre article sur le même thème : « Un principe du pollueur payeur difficilement appliqué en Europe »

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Cet article a été rédigé par Maëlle Planchenault et Julien Azard, de l’équipe Etudes et Conseils !

Cet article a été écrit par : 

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