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Pour la reforestation, mais contre les déserts verts

En matière de reforestation, la solution n’est pas de planter des arbres à tout va, sans se soucier des essences, de la biodiversité ou encore des conditions locales. Cela risque d’amener des « déserts verts », forêts sans vie, sans biodiversité, voire avec des nuisances pour les environs. Et on se heurte souvent là aux effets pernicieux d’une compensation carbone non réfléchie. Deux reforestations peuvent en servir d’exemples : l’une en Amazonie, l’autre en Espagne.

Reforestation

La reforestation pour « verdir » des groupes industriels

Depuis l’avènement de l’ère industrielle, les déforestations se sont accélérées et certains pays ont vu leurs sols se déboiser à une vitesse affolante. C’est le cas notamment de la Chine, où quelques dizaines d’années ont suffi pour que l’industrialisation et les réformes agraires du XXème siècle viennent à bout de millions d’hectares de forêt. En Amérique du Sud, l’Amazonie a souffert et souffre encore de déboisement sauvage, tout comme les forêts équatoriales d’Afrique ou d’Asie.

Mais de grands groupes industriels, soucieux de s’engager sur une voie verte se sont mis à replanter des arbres. C’est le cas de l’entreprise brésilienne Vale en Amazonie, qui a initié une campagne de reboisement forestier. Ce groupe minier a déjà replanté 50 000 hectares d’eucalyptus afin de compenser son impact sur la forêt. Avec une logique un peu simpliste : celle de remplacer un écosystème multimillénaire par une monoculture « économiquement rentable ». 

Mais ce type de reforestation en monoculture aboutit à un désert vert, qui se caractérise par une absence de biodiversité. Cette culture d’une seule espèce ne permet pas le développement d’un écosystème au sein de la forêt. Au fil des années, cette seule espèce subsiste, sans que d’autres êtres vivants ne viennent la coloniser.

Le reboisement de la Galice

Le reboisement de l’Espagne, ou plus exactement de la Galice, au Nord, est aussi un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Pour reboiser, le gouvernement local a versé un million d’euros à des propriétaires privés. Avec un objectif environnemental, mais aussi économique. En effet, la majorité du bois coupé dans la région sert à fabriquer du papier (6 milliards de tonnes par an). Là aussi, c’est l’eucalyptus qui a été choisi pour la reforestation. Présent depuis le XIXème siècle dans la région, il a peu à peu remplacé les espèces locales. Les écologistes y dénoncent là aussi le désert vert : ni oiseaux, ni champignons, une vie presque absente.

Il est de plus accusé de faciliter les feux de forêt. Mais il a eu un autre effet, tout aussi néfaste. L’eucalyptus est en effet très gourmand en eau. Il absorbe celle du sous-sol au détriment des terres cultivées voisines. L’herbe ne pousse plus, ni le maïs. Encouragés en cela par des subventions locales et européennes (en moyenne 2 400 euros par hectare), les exploitants agricoles voisins ont fini par abandonner les cultures alimentaires pour se lancer à leur tour dans ce style de reforestation.

Des alternatives plus écologiques

Pourtant d’autres solutions de reboisement existent. Pour emprisonner le carbone, lutter contre le réchauffement climatique et régénérer la biodiversité, Akira Miyawaki, un botaniste japonais, préconise une technique qui commence à rencontrer un succès certain, y compris en ville. Elles privilégient la plantation d’un mélange de différentes espèces d’arbres autochtones et non d’espèces importées, loin de la monoculture donc.

Expérimentée sur plus de 1 300 sites au Japon, cette méthode a montré que ces forêts pousseraient dix fois plus vite que les forêts conventionnelles (notamment celles qui servent à produire du bois) et, mieux, la biodiversité s’y développerait dix fois plus. Elles permettent en effet l’apparition d’écosystèmes diversifiés, et se révèlent efficaces pour l’absorption de carbone, tout en demandant peu d’entretien.

L’agroforesterie, en ce qui concerne l’exploitation des terres agricoles, peut aussi présenter une alternative. Cela consiste à implanter arbres, cultures et/ou animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ. Elle utilise mieux les ressources naturelle (eau, luminosité, etc.) grâce à un étagement des cultures, des systèmes racinaires de profondeurs variées, une occupation du sol permanente.

Sources : PositivR, France Info, Association Française d’Agroforesterie, Cprac

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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