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Précarité énergétique : la privation de chauffage aggrave l’état de santé des ménages précaires

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La Fondation Abbé Pierre a initié une étude sur les conséquences sanitaires de la précarité énergétique, la première en France, menée par le CREAI-ORS  (Carrefour de Ressources et d’Etudes pour l’Autonomie et l’Inclusion) Languedoc-Roussillon dans l’est de l’Hérault et le Douaisis. Une étude de ce type en Grande-Bretagne a montré qu’un euro investi dans la rénovation thermique permettait d’économiser 0,42 € sur les dépenses de santé.

L’objectif de cette étude en France consistait à décrire les effets de la précarité énergétique sur la santé et d’identifier en quoi elle représente un facteur aggravant de l’état de santé des personnes confrontées à cette situation, en comparant deux groupes de personnes défavorisées : l’un exposé à cette précarité (ménages ayant recours aux services sociaux pour ce motif), l’autre non (personnes ayant recours aux services sociaux pour d’autres motifs). L’étude a porté sur 362 logements (197 « exposés » et 165 « non-exposés »), appartements (2 cas sur 5) ou maisons (3 cas sur 5) et 750 personnes (adultes et enfants).

précarité énergétique et santé, étude fondation Abbé PierreL’état des logements dressé à cette occasion montre que chez les ménages exposés, les logements sont généralement moins ventilés (bouches d’aération absentes ou obstruées) et moins isolés, et présentent plus fréquemment des moisissures (chambres et salles d’eau le plus souvent). Chauffés plus souvent par des radiateurs électriques, les ménages exposés sont également plus nombreux à se servir d’un chauffage d’appoint, à laisser certaines pièces sans chauffage (les chambres en particulier), à trouver qu’il fait trop froid chez eux, et enfin à vivre en-dessous du seuil de pauvreté.

Les constatations sur la santé se révèlent en partie identiques chez les adultes et chez les enfants. Pour les ménages exposés, la santé des adultes est souvent perçue comme dégradée, avec des pathologies chroniques ou aiguës (bronchite, arthrose, anxiété, dépression, maux de tête) et des symptômes plus fréquents (sifflements respiratoires, crises d’asthme, rhume des foins, rhinorrées, irritations oculaires). De même, les parents perçoivent la santé de leurs enfants moins bonne : on y retrouve quelques pathologies aiguës et des symptômes plus fréquents (rhume, angine…).

« Les résultats montrent que les personnes exposées à la précarité énergétique ont une perception de leur santé moins bonne que les personnes qui n’y sont pas exposées. Des problèmes de santé chroniques respiratoires, ostéo-articulaires, neurologiques ou de type de dépression apparaissent plus fréquemment dans le groupe exposé. L’étude des pathologies aiguës montre une plus grande sensibilité des personnes aux pathologies hivernales. Celle-ci, pour les rhumes et les angines, se retrouve aussi bien chez les adultes que chez les enfants. C’est dans le domaine des symptômes que le plus grand nombre de différences sont mises en évidence, aussi bien chez les adultes que chez les enfants » conclut le communiqué de la Fondation Abbé Pierre. Mais il faut aussi aller au-delà de ces approches médico-économiques, poursuit-il et « mettre en évidence jusqu’à quel point ces situations de précarité énergétique peuvent aussi être un frein à l’insertion sociale des personnes exposées. »

Source : Fondation Abbé Pierre

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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