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Précarité énergétique : prendre en compte le coût résidentiel

Diagnostic maison et précarité énergétiqueAlors que se déroule le débat sur la transition énergétique, une étude du CREDOC ajoute à la notion de précarité énergétique le calcul du coût résidentiel, c’est à dire les charges du logement mais aussi du transport. Elle constate que la précarité énergétique touche plus les habitants des petites villes et des zones rurales.

Deux tendances fortes expliquent la précarité énergétique : d’une part, la mauvaise qualité thermique d’une part importante du parc immobilier français, d’autre part, l’augmentation des dépenses contraintes liées au logement. Et les Français ne sont pas égaux face à la dépense énergétique : se loger en centre-ville est certes plus cher, mais les contraintes budgétaires liées au transport y sont moindres, alors que dans les zones périurbaines, il faut ajouter au prix du logement un budget véhicule élevé :

Les Français les plus vulnérables au renchérissement du coût des énergies sont ceux qui cumulent un habitat à mauvaise efficacité thermique et un éloignement des commerces et services. C’est donc la notion de «coût résidentiel», consistant à cumuler le coût du logement, charges comprises, et le coût de la mobilité en fonction du type de commune de résidence, qui est aujourd’hui pertinente pour analyser des inégalités sociales et territoriales croissantes, dont la montée de la précarité énergétique est le symptôme.

Ainsi, les Français résidant dans les bourgs et les campagnes sont plus fréquemment amenés à se restreindre. Ils jouent pour cela sur deux tableaux  : ils se restreignent sur les usages de la voiture, mais également sur leur niveau de confort : « du fait de l’ancienneté du parc d’habitations, c’est dans les communes rurales et les bourgs de moins de 20 000 habitants que la proportion de ménages qui s’imposent des restrictions est la plus élevée (37 % et 33 % des ménages, respectivement. »

D’autant plus que dans les zones éloignées des centres urbains, ils utilisent pour se chauffer les énergies les plus chères, principalement issues du pétrole, dans un habitat souvent ancien et mal isolé. Il faut ajouter à cela l’inégalité des revenus : les ménages des grandes villes ont à la fois des revenus en moyenne plus élevés et des logements plus petits et de meilleure qualité thermique. Or le nombre de personnes dans un logement détermine moins la consommation d’énergie que celle utilisée en fonction des mètres carrés, relève l’étude :

En réalité, la modélisation de la facture d’énergie des Français dans le logement établie par le CRÉDOC montre que les facteurs qui expliquent le plus directement le montant de la facture sont dans l’ordre: 1. le système de chauffage (type d’appareils et d’énergie utilisée), 2. la surface du logement, 3. le type d’habitation individuelle ou collective, 4. l’ancienneté du bâtiment. Les caractéristiques des ménages – le nombre de personnes, le revenu, l’activité ou l’inactivité des membres du foyer – ont un impact moins fort.

De même, l’éloignement des services de base augmente les dépenses de mobilité. Or le coût de la voiture individuelle atteignait déjà, en comptant le carburant et l’entretien, 2 400 € en 2006 :

La surconsommation de carburants résulte de dépenses contraintes induites par les déplacements domicile-travail, domicile-écoles et par les trajets de ravitaillement et de fréquentation des services. Plus de la moitié des ménages qui se trouvent à plus de 5 km des commerces qu’ils fréquentent habituellement dépensent au moins 120 euros de carburant par mois. Ils sont moins de 18 % dans ce cas quand ils résident à moins d’un kilomètre des commerce.

Ainsi, conclut le CREDOC, « l’approche du coût résidentiel, parce qu’elle permet de développer une vision systémique de la dépense d’énergie des ménages, en la reliant à l’analyse des dynamiques urbaines et des modes de vie collectifs, devrait à cet égard constituer la boussole des politiques de la transition énergétique. »

Source : CREDOC, renover-sans-se-tromper.com (image)

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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