Vous donner les clés pour comprendre et agir pour la transition énergétique

Réchauffement climatique : de 2°C à 5°C de plus d’ici 2100

Réchauffement climatique : de 2°C à 5°C de plus d'ici 2100

👍 Article mis à jour le 29/03/2023 

A l’heure où nous écrivons cet article, les experts du GIEC ont publié il y a quelques jours leur dernier rapport sur le réchauffement climatique. Ce rapport a rassemblé l’expertise de milliers de scientifiques pour dresser un état des lieux complet des changements climatiques actuels et à venir. Plus concrètement, c’est un travail scientifique titanesque qui offre un état des connaissances du changement climatique, de ses risques généralisés, mais aussi – fort heureusement – des solutions.  
 
Comme à chaque rapport, les auteurs du GIEC proposent une synthèse pour les décideurs. Autrement dit, ce sont des milliers de pages résumées… en 36 pages ! Le rapport reste dense et il vous faudra sûrement deux bonnes heures pour le lire et digérer les informations. Nous vous proposons donc une synthèse des éléments clés du rapport.  

Avant cela, tour d’horizon des fondamentaux sur le réchauffement climatique si besoin d’une piqûre de rappel. Autrement, rendez-vous directement en deuxième partie d’article.  

Le B.A-BA sur le réchauffement climatique  

Une définition simple 

Voici la définition qu’en donne le site Futura Sciences :  

“Le réchauffement climatique est une augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre.” 

Avant de continuer, juste une mise en garde : les lignes qui vont suivre ne sont pas agréable à lire. Toutefois, elles sont indispensables pour comprendre les enjeux. Et puis, on vous rassure, nous prenons le temps d’en cet article de mettre en avant les solutions. Car oui, elles existent et elles sont nombreuses ! 

Les causes et conséquences du réchauffement climatique  

C’est l’effet de serre qui est la cause du réchauffement climatique. Cet effet est dû au rejet de gaz à effet de serre (GES), tels que le CO2 et le méthane. Ces GES sont émis par les activités humaines, fortement dépendantes des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). L’effet de serre engendre une augmentation des températures moyennes de la planète.  

Résultat ? Cela entraîne des dérèglements climatiques de plus en plus fréquents et violents tels que des vagues de chaleur, des précipitations extrêmes, des tempêtes, des ouragans, des sécheresses, des inondations et une élévation du niveau de la mer. Par conséquent, les écosystèmes tels que les océans, les glaces, les mers et les récifs coralliens, sont gravement touchés, ce qui affecte non seulement la biodiversité, mais aussi l’économie de nombreux pays.  

Chaque dixième de degré compte

Plus concrètement, 1°C de réchauffement en moyenne et au niveau mondial suffit à provoquer d’importants désordres. A ce propos, voici ce que dit Valérie Masson-Delmotte, climatologue française et figure du GIEC, dans une récente interview : 

“Avec +1,1°C de réchauffement planétaire, nous observons déjà des impacts généralisés et sévères. Il y a par exemple une baisse des rendements agricoles dans certaines régions d’Afrique, avec des conditions plus chaudes et plus sèches. Nous sommes aussi confrontés à difficultés d’approvisionnement en eau, avec la sécheresse, mais aussi l’intensification des pluies extrêmes qui augmentent la sévérité des inondations, en particulier en ville où l’urbanisation favorise le ruissellement. Enfin, nous pouvons citer les vagues de chaleur, qui affectent la santé humaine. Nous l’avons vu pendant l’été 2022 en Europe de l’Ouest, avec une surmortalité importante.« 

Face à cette situation, des efforts doivent être déployés pour s’adapter aux changements climatiques et atténuer le réchauffement. Comment ? En réduisant nos émissions de GES et en promouvant les énergies renouvelables. La conclusion des experts est sans appel : nous devons sortir de notre dépendance aux énergies fossiles. Autre fait notable : pour la première fois, la sobriété citée est dans le dernier rapport du GIEC comme l’une des solutions pour atteindre la neutralité carbone. Comme l’indique Thomas Wagner sur son site Bon Pote : “pour certains secteurs, le potentiel de baisse des émissions varie entre 40 et 70% !” 

Les points clés du dernier rapport du GIEC  

Il y a 3 grandes parties dans ce rapport : 

🔸L’état actuel du monde et les tendances,  

🔸Les changements climatiques futurs, risques et réponses à long terme 

🔸Les réponses à court terme 

Les éléments clés de la partie “état actuel et tendances” 

  • Dans la sphère scientifique, il n’y a désormais plus de doute : le réchauffement climatique auquel nous sommes aujourd’hui confrontés est dû aux activités humaines. Pour la période 2011-2020, la température à la surface de la terre atteint 1,1°C de plus que pour la période entre 1850 et 1900. 
  • Plusieurs facteurs sont la cause d’une augmentation continue des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) : l’utilisation non durable de l’énergie, des terres, mais aussi l’évolution des modes de vie, de consommation et de production. 
    Plus de 3 milliards de personnes vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique. 
  • Très endommagés par la hausse des températures, certains écosystèmes se rapprochent d’un point de non-retour. 
  • Avec le changement climatique, la sécurité alimentaire et celle liée à l’accès à l’eau sont en jeu. Les taux de mortalité et de maladies augmentent avec les épisodes de chaleur extrême. 
  • La santé mentale est par ailleurs citée plusieurs fois dans le rapport. Celle-ci est exacerbé avec l’augmentation des températures, les traumatismes liés aux événements extrêmes ainsi que la perte des moyens de subsistance et de la culture. 
  • Les flux financiers mondiaux actuels pour l’adaptation et plus largement le climat sont insuffisants. Ils sont encore largement dépassés par les flux de financement des énergies fossiles. 
  • La planification et la mise en œuvre de l’adaptation ont progressé dans tous les secteurs et toutes les régions. Toutefois, il y a des lacunes en matière d’adaptation. Certains secteurs et certaines régions sont confrontés à la maladaptation. 

🔎 Comprendre la maldaptation : zoom sur la définition 
« La maladaptation est le résultat d’une politique ou d’une mesure d’adaptation intentionnelle, qui augmente directement la vulnérabilité des acteurs ciblés et/ou d’autres acteurs, et/ou qui érode les conditions nécessaires à un développement durable ». 

Les éléments clés de la partie “changements climatiques futurs, risques et réponses à long terme” 

  • Si les émissions de GES continuent d’augmenter, nous serons confrontés à une augmentation du réchauffement qui pourrait atteindre, dans le meilleure des cas, +1,5°C au début de la décennie 2030. 
  • Une nouvelle encourageante : des réductions fortes, rapides et durables des émissions entraîneraient un ralentissement significatif du réchauffement en seulement deux décennies environ.  
  • Ces réductions d’émissions auraient aussi un impact notable sur la qualité de l’air, en l’espace de quelques années ! 
  • A l’inverse, chaque dixième de degré supplémentaire va accentuer les risques. Les bouleversements climatiques, comme les vagues de chaleur et les sécheresses, seraient plus fréquentes et violentes. 
  • Sans fermeture anticipée d’une partie des exploitations d’énergie fossiles (charbon, gaz et pétrole), nous allons vers un réchauffement de plus de 1.5°C. 

Les éléments clés de la partie “réponses à court terme” 

Fort heureusement, la dernière partie du rapport du GIEC met en avant les réponses à apporter sur le court terme !  

  • Comment limiter les pertes prévues pour les humains et les écosystèmes ? Avec une baisse radicale, rapide et soutenue des émissions de GES, mais aussi une mise en œuvre accélérée des mesures d’adaptation au cours des 10 prochaines années. 
  • Le rapport met en avant les multiples opportunités pour intensifier l’action climatique via le tableau suivant :  
Réchauffement climatique : intensifier l’action climatique
Réchauffement climatique : intensifier l’action climatique 
  • Au-delà des actions d’adaptation au changement climatique, le rapport met en exergue la sobriété comme étant l’une des solutions pour réduire significativement nos émissions. Le potentiel de baisse des émissions varie entre 40 et 70%, comme indiqué dans le schéma suivant :  
Réchauffement climatique : le potentiel de baisse des émissions de GES par des actions d’atténuation / de sobriété
Le potentiel de baisse des émissions de GES par des actions d’atténuation / de sobriété 
  • Le rapport met également en avant les notions d’équité et d’inclusion : “donner la priorité à l’équité, à la justice climatique, à la justice sociale, à l’inclusion et à des processus de transition justes peut permettre des mesures d’adaptation et d’atténuation ambitieuses ainsi qu’un développement résilient au climat.” 
  • Enfin, les auteurs du rapport indiquent que le changement de style de vie peut apporter de nombreux co-bénéfices. Autrement dit, la réduction de nos émissions individuelles et collectives ne va pas nécessairement de pair avec une baisse de plaisir et de bien-être ! Des propos qui font écho à la notion de sobriété heureuse, vulgarisée par Pierre Rabhi. 

 
💚 Nous devons faire vivre médiatiquement ce sujet fondamental. Prenons le temps de communiquer sur le rapport et l’actualité climatique. Par où commencer ? Vous pouvez déjà partager cet article à vos proches et/ou à vos collaborateurs. 


🔎 D’autres articles sur le sujet :  

Le réchauffement climatique au cœur du prix Nobel de physique 

Gelées tardives : les plantes victimes du réchauffement climatique