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Rétrofit en France (1) : Qu’est-ce que le rétrofit ?

Le 13 mars 2020, un arrêté du gouvernement autorisait la conversion des véhicules thermiques en véhicules électriques, autrement dit le « rétrofit ». Le rétrofit fêtant sur le territoire son deuxième anniversaire, c’est l’occasion de faire le point sur ce que c’est et sur l’ambition de cette filière qui présente un objectif d’un million de véhicules transformés d’ici 2030.

rétrofit

Vous avez dit « rétrofit » ?

Le terme vient de l’anglais, bien sûr. Le verbe « retrofit » signifie « installer une nouvelle technologie ou un nouvel élément dans un produit plus ancien, déjà existant ». Il est utilisé en français uniquement pour les transformations d’un véhicule thermique en électrique.

« Désormais, il est possible de remplacer le moteur thermique, à essence ou diesel, d’un véhicule par un moteur électrique alimenté par batteries ou par piles à combustibles (hydrogène). Avec le double avantage de rouler sans émettre de pollutions atmosphérique (CO2, particules fines…) et sonore. Avec la mobilité propre, le rétrofit apporte sa pierre dans la construction de la transition énergétique », précise le site du gouvernement. Cette modification est strictement encadrée par des textes réglementaires et donne accès à une prime de conversion. Celle-ci peut se monter jusqu’à 5 000 €, sous condition de revenu. Pour être éligible au rétrofit, le véhicule doit avoir plus de 5 ans.

Des avantages certains, mais un coût non négligeable

Le Ministère de l’écologie y voit d’ailleurs de nombreux avantages : « Le rétrofit permet de bénéficier des avantages d’un véhicule électrique à moindre coût. Les véhicules électriques ne sont pas concernés par les restrictions de circulation liées aux émissions de gaz à effet de serre. De plus, le coût à l’usage et le coût à l’entretien d’un véhicule électrique sont moins importants que ceux d’un véhicule thermique ».

Il n’en reste pas moins que le rétrofit a un coût non négligeable. Mais selon Phoenix Mobility, société spécialisée dans la conversion des véhicules utilitaires, « sur le segment des véhicules utilitaires légers, [le coût] est (…) 2 à 3 fois moins cher que l’électrique neuf, tout en permettant une réduction de 56 % de CO2 par rapport à l’envoi à la casse d’un Diesel et la production d’un VE neuf ». il s’agit donc pour elle de « la solution toute indiquée pour les professionnels et les collectivités qui souhaitent accélérer la transition énergétique de leur flotte ».

Un marché avec un fort potentiel ?

En France, le rétrofit représenterait un potentiel de plus d’un milliard d’euros sur la période 2020-2025 « avec la conversion de 65 000 véhicules permettant la création de 6 500 emplois ». Pour l’AIRe (l’association des Acteurs de l’Industrie du Rétrofit électrique), il s’agit de création ou de préservation d’emplois locaux. « Par définition, la production de kit (R&D, ingénierie, industrialisation…) et leur installation sont des activités non délocalisables et créatrices d’emplois à proximité de l’usage des véhicules rétrofités. A ce titre, la complémentarité de notre activité avec les métiers aval de la filière Automobile (réseau de réparation), fortement impactés par l’accélération brutale des transformations de leurs activités, est un atout supplémentaire », précise-t-elle.

Les objectifs de la filière pour le plan « France 2030 » sont d’ailleurs considérablement plus ambitieux : « Comme proposé aux Parlementaires dans le cadre du projet de loi Climat et Résilience, la filière se fixe comme objectif d’atteindre d’ici à 2030 un million de véhicules à moteur thermique transformés. Cet objectif a pour objet de répondre aux enjeux de réduction rapide et massive des émissions de GES. De surcroît, les obligations en matière de renouvellement des flottes faites aux entreprises et collectivités territoriales pourront être rempli par les véhicules rétrofités », explique l’AIRe.

Nous verrons dans un article suivant que malgré le fort potentiel mis en avant par les professionnels de la filière, le marché reste encore incertain.

Sources : gouvernement.fr, Ministère de la transition écologique, Phoenix Mobility, AIRe, News d’Anciennes

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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