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Tout savoir sur les risques climatiques et les entreprises

Quels sont les risques climatiques pour les entreprises ?

Les risques climatiques ont une incidence forte sur la performance économique des entreprises. Les anticiper nécessite, entre autres, de raisonner à moyen et long terme. Ce qui n’est pas nécessairement dans les habitudes de tous les dirigeants…  

Or, nous sommes entrés dans un cycle législatif qui va obliger les entreprises à anticiper ces risques (bonjour la CSRD).

La bonne nouvelle ? C’est une opportunité remarquable pour les responsables RSE et DAF de travailler ensemble sur les sujets extra financiers ! 

Au programme : 

    • Feuille de route des décideurs : atténuation et adaptation 
    • Etat des lieux des actions mises en place par les entreprises  
    • Risques climatiques : une opportunité de rapprocher RRSE et DAF   
    • Bonnes pratiques pour créer des synergies entre RSE et finance 

🕑 Temps de lecture : 6 minutes

Quels sont les types de risques climatiques ?

Il y a deux grands types de risques climatiques :  

    • Les risques physiques  
    • Les risques de transition  

Ces termes ne sont pas nouveaux. En 2015, Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, présentait ces risques dans un célèbre discours (“Briser la tragédie des horizons”). Il présentait entre autres les enjeux climatiques et les impacts sur le système financier.

Risques physiques

Les risques physiques désignent les pertes et dommages causés par les aléas climatiques (inondations, sécheresses, érosion de la biodiversité, cyclones, ouragans…). 

Voici quelques exemples concrets :  

    • Les infrastructures d’une entreprise situées dans des zones côtières vulnérables à l’élévation du niveau de la mer et aux submersions marines. 
    • Une entreprise dont les collaborateurs sont particulièrement touchés par les canicules et les vagues de chaleur (perte de productivité, surmortalité…).  
    • Une banque ayant accordé des prêts à des organisations impactées par les catastrophes naturelles. 

Les risques physiques sont relativement simples à anticiper, car facilement modélisables. A ce sujet, il existe un certain nombre d’indicateurs (cf. partie suivante sur les risques en France). Ils peuvent aider à identifier le niveau de vulnérabilité de son organisation aux catastrophes naturelles.  

Risques de transition

Contrairement aux risques physiques, les risques de transition sont plus difficiles à appréhender et nécessitent plus de recherche.  

En quelques mots, les risques de transition correspondent aux impacts financiers pour l’entreprise d’une transformation de l’économie vers un monde bas-carbone (nouvelles technologies, réglementations, nouveaux modes de consommation…).  

Revenons rapidement sur le contexte pour comprendre ensuite les répercussions sur les entreprises. 

En 2015, c’est l’Accord de Paris lors de la COP21. Les Etats doivent alors maintenir l’augmentation de la température mondiale nettement en dessous de 2°C d’ici à 2100, par rapport aux températures moyennes de l’ère préindustrielle.  

Ainsi, les Etats doivent définir leurs propres engagements climatiques. En France, c’est la stratégie nationale bas carbone (de son petit nom SNBC) qui fixe la trajectoire de décarbonation du pays.  

Autrement dit, respecter les Accords de Paris et la SNBC signifie pour une entreprise définir sa trajectoire de décarbonation. Plus précisément, cela veut dire : mettre en œuvre un plan d’action pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre 

👉 Avant de définir un plan d’action, évaluez la maturité de votre entreprise sur les enjeux climatiques avec notre sobriscore ! Cet outil gratuit permet entre autres d’identifier les principaux risques mais aussi les opportunités de développement pour votre entreprise.

Les sous-catégories de risques de transition

Pour clarifier ce qu’on met derrière ce terme, voici une liste non exhaustive de sous-catégories :

Les différentes sous-catégories de risques de transition
Source : I4CE, adapté de TCFD (2016) Recommendations of the Task Force on Climate-related Financial Disclosure.

Vous ne voyez pas l’image ? Voici le texte :  

    • Risques juridiques : nouvelles réglementations sur des produits et services ; nouvelles obligations de reporting (la CSRD par exemple), etc. 
    • Risques de marché : augmentation du coût des matières premières ; nouveau comportement des consommateurs, etc. 
    • Risques technologiques : coûts initiaux de développement de technologies bas-carbone ; substitution de produits existants par des offres moins émissives, etc. 
    • Risques de réputation : stigmatisation d’un secteur ; litiges climatiques ; commentaires négatifs des parties prenantes, etc.  

Quels sont les risques climatiques en France ?

Plutôt qu’un long discours, nous avons déniché une vidéo éloquente de 3 minutes sur le sujet.

Données et études statistiques du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

Cette vidéo est un bon complément aux indicateurs du changement climatique dont on parlait plus tôt.  

Voici quelques exemples d’indicateurs que vous pouvez retrouver sur le site du Ministère de la Transition écologique :  

    • L’exposition de la population française aux risques climatiques : selon le Ministère, 62% de la population française est exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques. 
    • Indicateur de la population exposée aux canicules : en France, les pertes économiques dues aux canicules sont estimées à 37 milliards € entre 2015 et 2020. 
    • Feux de forêts : “cet indicateur rend compte des conditions météorologiques propices aux départs de feux de forêts en France métropolitaine”, peut-on lire sur le site du Ministère.  

Risques climatiques : quelles conséquences pour les entreprises ?

Feuille de route des décideurs : atténuation et adaptation au changement climatique

Suite à la publication des derniers rapports du GIEC, il n’y a plus de doutes : les stratégies d’atténuation et d’adaptation des sociétés et organisations sont toutes deux nécessaires. 

Que signifient ces termes ?  

D’abord, l’atténuation désigne les actions mises en place pour réduire les émissions de gaz à effet serre. Autrement dit, une stratégie d’atténuation permet d’agir sur les causes du réchauffement. 

Toutefois, les conséquences du changement climatique sont déjà visibles et risquent de s’accentuer ces prochaines années. Ainsi, l’adaptation au changement est également nécessaire. Cela correspond aux solutions pour faire face aux impacts du réchauffement, et gagner en résilience face aux risques physiques.  

Pour autant, les entreprises semblent plus à même de mettre en place des actions pour réduire leurs émissions que des solutions pour s’adapter aux risques actuels et futurs. C’est ce que dit en synthèse l’Agence de la Transition écologique (Ademe) dans son baromètre “Les représentations sociales du changement climatique” (décembre 2023). 

Etat des lieux des actions mises en place par les entreprises françaises

Dans le baromètre de l’Ademe, 77 % des dirigeants interrogés estiment que leur entreprise est capable de réduire significativement ses émissions de GES.  

Ainsi, ils déclarent avoir mis en place des mesures d’atténuation du changement climatique. Pour n’en citer que quelques-unes : 

    • La mise en place de mesures pour économiser l’énergie dans les locaux (83 % des répondants). 
    • La revue de sa chaîne de valeur pour minimiser la production de déchets et ses impacts (66 %). 
    • La conception de produits, services ou procédés consommant moins de ressources (55 %).

Du côté des solutions d’adaptation, on constate plus de réticence…  

En tête des mesures, il y a la réalisation de travaux pour diminuer la vulnérabilité des locaux (41 % l’ont fait, et 36 % ne l’envisagent pas). 

Ensuite, ce sont 3 types d’adaptation qui sont citées :  

    • La revue de sa chaîne d’approvisionnement et de distribution (24 % l’ont fait, et 56 % ne l’envisagent pas).  
    • L’évolution en profondeur de son modèle d’affaires (21 % l’ont fait, et 57 % ne l’envisagent pas). 
    • La réalisation d’un diagnostic de vulnérabilité aux impacts du changement climatique (17 % l’ont fait, et 59 % ne l’envisagent pas).

👍 Bonne nouvelle : l’Etat accorde 2 milliards d’euros de Prêt Vert aux entreprises pour accélérer leur adaptation au changement climatique. 

Risques climatiques : une opportunité de rapprocher les responsables RSE et les DAF

Anticiper et gérer les risques font partie des missions clés des directions financières. Toutefois, si les DAF maîtrisent l’anticipation des risques à court terme, plutôt d’ordre économique, il est moins courant pour une entreprise de raisonner à moyen et surtout long terme. Or, ce rapport au temps est nécessaire lorsqu’on souhaite anticiper les risques climatiques.  

En tant que RRSE, comment alors capter l’attention de son DAF sur ce sujet ? 

Certains éléments sont susceptibles d’avoir un impact direct sur les directions financières, notamment les acteurs financiers et la réglementation.  

Prenons des exemples.  

Aujourd’hui, certains prêts bancaires sont conditionnés par les efforts RSE et résultats extra financiers des entreprises.  

Du côté de la réglementation, la CSRD par exemple impose un nouveau rapport RSE à certaines entreprises. Dans ce cadre là, elles doivent anticiper les risques climatiques et définir un plan d’action pour y faire face.  

Bref, prenez le temps d’échanger avec votre DAF 

    • Quels sont ses enjeux ?  
    • Quels sont ses besoins ?  
    • Quels sont ses freins pour agir ?  

En menant l’enquête, vous identifierez sûrement les arguments à utiliser pour faire mouche auprès de votre DAF. Et capter son attention sur la notion de risques climatiques…  

Vous pourrez ainsi plus facilement lui proposer de travailler main dans la main avec vous, et mettre en place des actions RSE pertinentes d’un point de vue économique certes, mais aussi environnemental et social.

Bonnes pratiques pour créer des synergies entre RSE et finance

Mener l’enquête auprès de son DAF est un premier pas.  

Plus largement, prenez le temps de vous informer sur les liens entre finance et RSE (notamment sur le sujet de la finance durable).  

De notre point de vue, rien de mieux que d’échanger avec vos pairs pour faire le plein d’énergie ! Vous avez sûrement dans votre réseau des personnes qui sont confrontées aux mêmes problématiques.  

Au-delà de votre réseau, prenez le temps de participer à des événements pour rencontrer d’autres RRSE, DAF, etc. Vous pouvez même proposer à votre DAF de rejoindre la DFCG, l’association des directeurs financiers. Nous avons entendu dire que le groupe RSE de l’association était très actif. 

Ce qu’il faut retenir : plus vous serez informé(e), plus vous aurez des arguments à même de capter l’attention de votre DAF. Objectif ? Que le DAF soit votre allié pour porter les sujets extra financiers avec vous 💪