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RTE étudie les conditions de raccordement du potentiel hydrolien

HydrolienneA la demande du gouvernement, RTE (Réseau de Transport d’Electricité) vient de réaliser une étude prospective sur les conditions dans lesquelles le potentiel hydrolien du littoral français – deuxième plus important gisement d’Europe – pouvait être mis en valeur par son raccordement au réseau électrique : dans tous les cas, cela ne sera pas sans conséquence sur le réseau existant. RTE tire de cette étude des enseignements qui l’amène à faire des recommandations aux pouvoirs publics pour la mise en œuvre du développement de l’hydrolien.

Les principaux enseignements

Tout d’abord RTE note que « les zones propices à l’atterrage des câbles de raccordement sont rares et constituent le facteur dimensionnant de la stratégie de raccordement du potentiel hydrolien » en raison de la topographie de la côte et des protections juridiques du littoral.

De plus, « la réalisation des ouvrages de raccordement en mer réclame la maîtrise de techniques spécifiques de pose et de protection des câbles » en raison des courants marins, par définition importants dans les zones propices.

Au-delà de 1 500 MW (qui demandent de « légères adaptations »), le réseau terrestre d’accueil du Cotentin ne suffira pas : « le réseau terrestre existant présente une capacité d’accueil importante, mais devra être renforcé au regard du gisement total actuellement estimé » , mais les contraintes « doivent pouvoir être gérées à un coût raisonnable« . Au delà des 2 500 MW, il faut prévoir de nouveaux ouvrages.

En ce qui concerne les délais de raccordement, ils « dépendent de la puissance à raccorder » : il faut compter 6 à 7 ans pour le raccordement de fermes commerciales, « dont  4 à 5 ans de procédures administratives » , voire une dizaine d’années si de nouveaux ouvrages s’imposent.

D’autre part, « différentes architectures de raccordement sont envisageables selon le volume, la répartition géographique et le lotissement des moyens de production » et pour chacune, des ouvrages privés relèveront de la responsabilité des producteurs et d’autres relèveront de la responsabilité des gestionnaires de réseau public, et leur financement doit être pris en compte. Enfin, note RTE :

il convient de noter que, sur le Raz Blanchard, RTE a déjà enregistré des demandes de raccordement de projets hydroliens qui saturent l’essentiel des capacités disponibles. Si cette file d’attente n’évolue pas, des travaux significatifs sur le réseau de transport seront nécessaires, y compris pour accueillir des fermes expérimentales de faible puissance.

Les recommandations formulées

Il faut tout d’abord « définir une stratégie progressive et à long terme de développement de l’hydrolien » : à la fois les volumes de production ciblés et la localisation. Si les parcs expérimentaux peuvent être raccordés par des câbles sous-marins à moyenne tension jusqu’à un poste de transformation à terre, les parcs commerciaux de forte puissance nécessiteront une plateforme en mer, elle-même raccordée au réseau public par des câbles sous-marins. Cependant,  « pour un volume allant au-delà de 500 MW, la technologie des câbles sous-marins à 400 kV alternatif permettrait un gain à la fois économique et environnemental. Elle doit néanmoins encore faire l’objet de développements avant d’être pleinement disponible au stade industriel. »

De plus, un cadre coordonné par l’Etat doit être mis en place « afin de minimiser les délais de raccordement et l’adaptation du réseau terrestre » et « afin de raccourcir les délais de réalisation des premiers raccordements au Raz Blanchard, une évolution réglementaire devrait permettre à RTE de rechercher les moyens de favoriser, dans la gestion de la file d’attente, les projets les plus susceptibles d’aboutir à court terme. »

Enfin, il est nécessaire de « préciser le cadre juridique et économique de réalisation des ouvrages de raccordement » : définir pour les installations expérimentales si le poste et les liaisons sont privés ou publics, inscrire dans un dispositif de type « appel d’offres » les parcs commerciaux, à l’instar de l’éolien offshore pour mieux dimensionner la solution de raccordement au projet de production. « Il semble en revanche délicat de chercher à décliner une approche de type « schémas régionaux de raccordement aux réseaux des énergies renouvelables » pour la production hydrolienne en raison des fortes incertitudes actuelles quant au gisement et aux coûts de réalisation des ouvrages. »

Source : RTE

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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