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Suisse : économies d’énergie des personnes âgées, est-ce possible ?

Logement des personnes âgées et énergieLes « baby-boomers » sont-ils trop âgés pour faire des économies d’énergie en Suisse ? C’est la question à laquelle tente de répondre une étude menée dans le cadre d’un Programme National de Recherche (Gérer la consommation d’énergie). Elle se penche sur le potentiel d’économies d’énergie des personnes âgées et cherche à comprendre pourquoi il n’est pas exploité.

Une population qui vieillit

Les plus de 65 ans représentent actuellement 18 % de la population suisse et, selon les estimations locales, seront 28 % en 2050. Beaucoup restent chez eux jusqu’à un âge avancé et gardent ainsi leur autonomie. Mais leur consommation d’énergie est importante. Le responsable du projet de recherche Potentiel d’économies d’énergie chez les ménages des personnes âgées, Heinz Rütter, explique ainsi sa démarche : « Les conditions de logement des baby-boomers sont particulièrement intéressantes du point de vue énergétique : non seulement la surface occupée et la consommation d’énergie par personne augmentent avec l’âge, mais ces habitants jugent aussi leur logement trop grand pour eux. Nous avons voulu savoir quel était le potentiel réel d’économie d’énergie et ce qui incitait les personnes âgées à optimiser leur consommation d’énergie de leur logement ou les en empêchait. »

Diverses stratégies d’économies d’énergie des personnes âgées

L’étude a été réalisée à partir de nombreux entretiens avec des propriétaires de maisons individuelle ou d’appartement, des locataires, des gérants immobiliers. Elle a permis de dégager trois stratégies d’économies d’énergie chez les personnes âgées : la rénovation énergétique, la densification immobilière et sociale et le déménagement dans un logement plus petit. Mais la quasi-totalité des propriétaires, comme des locataires, se montrent incertains sur leurs conditions de logement et de vie et gardent ouvertes un maximum d’options.

Un potentiel d’économies important

La population âgée de plus de 55 ans, sur laquelle porte l’étude, révèle un potentiel d’économies d’énergie considérable : ainsi 15 % des propriétaires de maison individuelle prévoit un changement dans les 5 années à venir et 54 % à plus long terme ; ces proportions sont respectivement de 6 % et de 47 % pour les propriétaires d’appartement. Les motivations, comme les obstacles aux stratégies définies, sont similaires, malgré la diversité des cas.

Pour une rénovation énergétique ou une densification – un appartement séparé dans la maison ou une pièce supplémentaire pour accueillir un autre ménage par exemple – ils invoquent la volonté de protéger le climat et d’économiser de l’énergie. Pour la densification et la sous-location, il s’agit de mieux exploiter l’habitat et d’obtenir un supplément de revenus tout en augmentant le confort et en réduisant l’énergie grise. Le déménagement vers un logement plus petit et adapté à l’âge est évoqué pour rester autonome le plus longtemps possible.

La rentabilité en question

Pour la rénovation énergétique, trop de personnes reculent devant l’importance des investissements, les subventions publiques ne jouant qu’un rôle secondaire dans la décision. Elles s’interrogent sur la rentabilité. Le financement peut passer en Suisse par une hypothèque, mais Thomas Ammann, de l’Association suisse des propriétaires fonciers (APF Suisse) explique : « C’est paradoxal : les jeunes sont trop jeunes pour obtenir une hypothèque afin d’augmenter l’efficacité énergétique de leur logement, et il est trop tard pour les personnes âgées. Le secteur financier et les instances politiques doivent s’impliquer si l’on veut exploiter le potentiel des logements anciens. » Le même problème se pose en France pour obtenir un crédit.

Pour motiver les personnes âgées à se tourner vers la rénovation énergétique, il faut donc « innover et adapter le système [financier] existant« , mais cela ne suffit pas. Selon l’étude, les incitations doivent être complétées par une approche liée aux valeurs : protection de l’environnement et du climat, responsabilité sociale, et par un système d’information et de conseils.

Source : Pressportal

Source image : Consofutur

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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