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Un black-out évité de peu en Bretagne ?

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Sécurisation électrique en BretagneLa Bretagne est-elle passée près d’un black-out cet hiver ? C’est ce que laissent pensé les propos tenus par le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, tenus devant l’Assemblée Nationale. Cela contredit les affirmations du Président du Directoire de RTE (Réseau de Transport d’Electricité), François Brottes, faites lors d’un entretien avec le journal Le Télégramme.

Le black-out évité en Bretagne

Devant la Commission d’enquête de la sureté des installations nucléaires de l’Assemblée Nationale, le 7 juin, le PDG d’EDF a assuré que la Bretagne avait échappé de peu à un black-out le 28 février. Une coupure du réseau d’alimentation électrique de la région aurait été évitée de peu lors de la vague de froid le 28 février.

Chaque vague de froid met le réseau électrique sous tension, en raison, entre autres, de l’importance du chauffage électrique en France (environ un tiers des ménages se chauffent à l’électricité). Or le 28 février, lors du pic de consommation du soir, la demande a mis les moyens de production, qui tournaient  déjà à plein régime, en surchauffe. La Bretagne ne produit qu’une petite partie de l’électricité qu’elle consomme. Il s’agit d’une des deux « péninsules » électriques, avec la région PACA, pour lesquelles RTE a entrepris des travaux de sécurisation de l’alimentation, ces dernières années.

Jean-Bernard Lévy défendait devant l’Assemblée Nationale sa position sur la fermeture de plusieurs réacteurs nucléaires, envisagée par le gouvernement. Selon lui, celle-ci devrait être « lissée » sur 30 ans. Parlant de la sécurité d’approvisionnement de la France, il a ajouté : « Nous sommes passés (…) très près d’un problème de fourniture d’électricité à un certain nombre de nos concitoyens notamment en Bretagne. Vous savez que la Bretagne ne produit qu’une toute petite partie de son électricité. »

Une affirmation qui contredit les propos de RTE

Cette affirmation contredit les propos tenus, l’année précédente,

dans un article du Télégramme, par le Président du directoire de RTE, interrogé sur les vagues de froid. « Il y a eu sur le parc nucléaire un certain nombre de réacteurs qui n’ont pas répondu présents dans des proportions qu’on n’avait pas connues par le passé. Cela nous a amenés à mobiliser tous les moyens alternatifs : les interconnexions et l’effacement, c’est-à-dire la possibilité de reporter de manière significative une partie de la consommation. Nous n’avons pas utilisé les leviers exceptionnels comme la possibilité d’arrêter en moins de cinq secondes 21 sites industriels qui consomment beaucoup, ou la baisse de tension. Nous avions encore de la marge avant que n’arrivent les délestages, des coupures momentanées, localisées et tournantes permettant d’éviter le black-out. Mais c’est vrai que certains jours, nous n’avions que 500 mégawatts de réserve. Normalement, nous travaillons avec une précaution de 4.000 MW » avait-il assuré en 2017, année compliquée en raison du peu de disponibilité des réacteurs nucléaires.

Or, depuis, en début d’année, le filet de sécurité entre Saint-Brieuc et Lorient a été inauguré. A ce propos, François Brottes soulignait dans son entretien avec Le Télégramme  qu’il relevait de la mission de service public « d’apporter le même niveau de sécurité électrique et la même qualité d’électricité partout en France« .

Il ajoutait : « Ce qui a été fait en Bretagne sur le dispositif Ecowatt est remarquable. C’est une implication citoyenne et politique pour aider le système à trouver son équilibre. Nous ne trouvons pas cet engouement partout en France. » Ce dispositif, réactivé chaque année pendant l’hiver (et prolongé maintenant toute l’année), a en effet donné de très bons résultats en matière de maîtrise de la demande d’énergie dans la région.

Source : Le Télégramme

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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Une réponse sur “Un black-out évité de peu en Bretagne ?”

  1. Pour éviter un black-out en Bretagne ou en PACA, la solution n’est certainement pas de construire une centrale nucléaire supplémentaire, idée que semble suggérer le président d’EDF, mais bien d’agir sur les autres leviers :
    – augmenter la disponibilité des centrales existantes dont le taux est trop bas
    – faire des économies d’énergie
    – développer de nouvelles capacités renouvelables

    à l’heure des consultations sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, il serait temps de mettre l’accent sur ces solutions.

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