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Utilisation des sols et sécurité alimentaire

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Le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ont entrepris un exercice de prospective sur L’utilisation des sols et la sécurité alimentaire en 2050 (Agrimonde Terra). Les PDG des deux organismes, se fondant sur l’étude, appellent à repenser l’usage des terres pour produire une alimentation saine, diversifiée et de qualité, et accessible à tous.

Agrimonde Terra - la sécurité alimentaire en 2050

5 scénarios, mais un seul scénario « sain »

Cette étude permet de mettre en évidence les leviers susceptibles de modifier les tendances actuelles d’utilisation des sols pour améliorer la sécurité alimentaire. La prospective Agrimonde Terra propose cinq scénarios exploratoires d’utilisation  des sols et de sécurité alimentaire à l’horizon 2050. Ils soulignent la diversité des voies de changement mais aussi l’entrée dans une période de grande incertitude et d’instabilité.

Trois scénarios, intitulés « Métropolisation », « Régionalisation » et « Ménages », reposent sur des tendances en cours et identifiées dans la plupart des régions du monde. Deux scénarios intitulés « Sain » et « Communautés » impliquent des ruptures potentielles qui pourraient modifier l’ensemble du système d’utilisation des terres et de la sécurité alimentaire.

Seul le scénario dit « sain » permet à la fois de limiter l’expansion des superficies dédiées à l’agriculture, et donc de la déforestation, et de réduire la malnutrition, sous- ou sur-nutrition, au niveau mondial en 2050, en tenant compte des enjeux climatiques. Nourrir de façon durable et équitable une population mondiale qui pourrait atteindre 10 milliards de personnes nécessite une triple transformation : des régimes alimentaires, des systèmes de production et des chaînes d’approvisionnement.

Une sécurité alimentaire et une réduction de l’impact environnemental

En effet, sans mesures appropriées, l’impact du système alimentaire actuel sur l’environnement et le climat, déjà important, pourrait augmenter de 50 % à 90 %. Pour s’orienter vers ce scénario « sain », et assurer la sécurité alimentaire, des actions concertées entre les différents acteurs sont nécessaires, en particulier « une coopération entre producteurs et entreprises agroalimentaires, société civile et gouvernements », et « des politiques publiques fortes ».

Les responsables du CIRAD et de l’INRA appellent à concevoir et à mettre en œuvre :

  • des politiques alimentaires et de santé pour consommer davantage de fruits, légumes, légumineuses et une plus grande diversité de céréales, et moins d’huile, de sucre et de produits animaux ;
  • des politiques agricoles favorisant des pratiques plus respectueuses de l’environnement et réduisant les émissions de gaz à effet de serre et la dégradation des milieux ;
  • des politiques de développement favorisant les relations entre les zones rurales et urbaines, ainsi que le développement de l’emploi en milieu rural.

Transformer l’usage des terres pour atténuer le changement climatique

Ils soulignent que « l’interdépendance des problèmes à traiter et l’impact environnemental planétaire » obligent à penser des stratégies et politiques intersectorielles à la fois « globale, nationale, régionale, et territoriale » et à mettre en œuvre des systèmes agricoles et alimentaires « beaucoup plus intensifs en savoirs » plutôt que consommateurs en ressources naturelles.

Ces politiques doivent prendre en compte « les limites des ressources naturelles, le rôle de la matière organique du sol, pivoter vers une économie verte et jouer sur les complémentarités des secteurs public et privé« . La démarche Agrimonde Terra veut aider les décideurs à s’orienter vers « les transformations indispensables de l’usage des terres pour préserver l’environnement, atténuer le changement climatique, garantir aux populations une alimentation saine et favoriser un développement rural plus inclusif« .

« Cette prospective nourrit le dialogue entre science et société pour stimuler le partage des savoirs et la construction d’un avenir durable pour tous« , conclut les auteurs.

Sources : CIRAD, INRA

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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